RONDEAUX, CXLIX, 9 — CLIII
Ce monde voy En enpirant, Pense [de toy Dorenavant.| 8
Regarde et oy, Va peu parlant ; Dieu tout puissant Fera de soy.
Pense [de toy.| | 13
E n'est riens qui ne puistestre, [p. 335] On voit de plus grans merveilles Que de baster aus corneilles
Lez mariz et l’erbe pestre. 4
Car de jouer tours de maistre Femmes sont lez nonpareilles ; Ce n'est [riens qui ne puist estre, On voit de plus grans merveilles.] 8
Tant aux huis, comme aux fenestres, En champs, jardins ou en trailles, Par tout ont yeulx et oreilles, Soit a destre ou a senestre; Ce n’est [riens qui ne puist estre.] 13
CLIIIT
R est de dire : Laissez m’en paix, [p. 336] Et tout plain de : Rien ne m'est plus,
CHARLES D'ORLÉANS
Mes propos sont en ce conclus Qu'ainsi demourray desormais.
De s’entremettre de mez fais, Je n’en requier nullez ne nuls, Or est [de dire : Laissez m’en paix, Et tout plain de : Rien ne m'est plus.]
Fortune, par sez faulz atrais, En pipant, a pris a la glus Mon cueur, et en soussi reclus Se tient, sans departir jamais.
Or est [de dire : Laissez m’en paix.]
"EST grant paine que de vivre en ce monde, [p.337]
Encore esse plus paine de mourir ; Si convient il, en vivant, mal souffrir, Et au derrain, de mort passer la bonde.
S'aucune foiz joye ou plaisir abonde, On ne Îles peut longuement retenir.
C'est grant paine [que de vivre en ce monde, Encore esse plus paine de mourir.]
Pour ce, je vueil comme fol qu'on me tonde Sc plus pense, quoy que voye a venir,
Qu'a vivre bien et bonne fin querir.
Las ! il n’est rien que Soussy ne confonde ; C'est grant [paine que de vivre en ce monde!]