RONDEAUX, CCIX, $ — CCXII
M'a rapporté chose sauvaige Que je n’ay point acoustumee.
En françoys la m’a translatee, Comme tressouffisant et saige, Le trucheman [de ma pensee, Qui parle maint divers langaige
Quant mon cueur l’a bien escoutee,
Il lui a dit : Vous faittes raige,
Oncques mais n’ouy tel messaige ;
Venez vous d’estrange contree, Le-trucheman [de ma pensee ?]
Du conte de Clermont.
e trucheman de ma pensee Qui de long temps est commancee, Va devers vous, pour exposer Ce que de bouche proposer N'oze, craingnant d'estre tancee.
Combien que chose n’a pensee, Dont deust estre desavancee, Comme au long vous pourra gloser, Le trucheman [de ma pensee Qui de long temps est commancee, Va devers vous pour exposer.]
. Où soit par vous recompensee Et selon son cas avancee,
CHARLES D'ORLÉANS
Pour mieulx se povoir disposer ; Car plus ne pourra reposer, Jusques sa joye ait prononcee, Le trucheman [de ma pensee.]
OMME le subgiet de Fortune Que j'ay esté en ma jennesse, Encores le suis en viellesse ; Vers moy la treuve tousjours une.
Je suis ung de seulx, soubz la lune, Qu'elle plus a son vouloir dresse, Comme le [subgiet de Fortune Que j'ay esté en ma jennesse. |
Ce ne m’est que chose CORNE Obeir fault a ma maistresse ; Sans machier, soit joye ou Gites Avaler me fault ceste prune, Comme le [subgiet de Fortune.]
Du conte de Clermont.
e bien ou mal, le bien faire l'emporte, N'est il pas vray, ainsi que dit chascun ?
Elas, ouy, car je n’en voy pas ung Qui a la fin d'un jeu ne se depporte.
LL e vous diray, quant la personne est morte. Et a bien fait : il n'a esté commun.
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RONDEAUX, CCXII, I4 — CCXVI, 2 413
De bien ou mal, [le bien faire l'emporte, N'est il pas vray, ainsi que dit chascun ?] 8
Faisons le donc, nous trouverons la porte De Paradis, ou il n'entre nesung, Que peu ne soit, s’il n’est trop importun De prier Dieu, et a vous m'en rapporte.
De bien ou mal, [le bien faire l’emporte.] 13
Par le duc. d’Orleans [p. 403]
UANT oyez prescher le renart, Pensez de voz oyes garder, Sans a son parler regarder, | Car souvent scet servir de l’art, 4
Contrefaisant le papelart, Qui scet ses parolles farder.
Quant oyez [prescher le renart, Pensez de voz oyes garder.] 8
Lez faiz de Dieu je metz a part Ne je ne les vueil retarder, Ne contre le monde darder ; Chascun garde son estandart, Quant oyez [prescher le renart.] 13
Par maistre Jehan Cailleau. [p. 404) L. ! le faut il ? esse lon vueil, |
Fortune, dont me plains et dueil,
CHARLES D'ORLÉANS
Que tout mon temps en douleur passe ?
Seuffre que j'aye quelque espasse De repos, entre tant de dueil. s
N'aray je de toy autre accueil, Fors desdaing, reprouche et orgueil ?
Veulx tu qu’en ce point je trespasse ?
Las ! le fault il ? [esse ton vueil, Fortune, dont me plains et dueil, Que tout mon temps en douleur passe ?] tI
Je ris de bouche, et pleure d'ueil, Et foys et dy ce que ne vueil ; Ainsi ma vie se compasse, Maleureuse, chetifve et lasse, En paine et maulx dont trop recueil.
Las ! le fault il ? [esse ton vueil ?] 17 Par le duc d'Orleans. p. 405
AS! le fault il? esse ton vueil, Fortune, qu’aye douleur mainte ?
De l’ueil me soubzris, mais c’est fainte, Et soubz decepte, doulx accueil. 4
Ây je tort, quant reçny tel dueil, S’ainsy je dy en ma complainte:
Las ! le fault il? [esse ton vueil, Fortune, qu’aye douleur mainte ?} | 8
Tue moy, puis en mon sercueil Me boute, c’est chose contrainte ; Lors n’y aura Dieu, saint ne sainte,