‹ Poésies éditéesChapitre 67 sur 183 · RONDEAUX, CCXVI, 3 — CCXIX, 8 AIS · texte numérisé non relu

RONDEAUX, CCXVI, 3 — CCXIX, 8 AIS

Qui n’apparçoive ton orgueil.

Las! le faut il ? [esse ton vueil ?] 13 E fais je bien ma besoingne ? [p. 406]

Quant mon fait cuide avancer, Je suis à recommancer, | Et ne sçay commant m'esloingne. 4

Fortune tousjours me groingne, Et ne fait riens que tanser ; [N Je faïs je bien [ma besoingne, Quant mon fait cuide avancer ?] 8

Certes tant je la ressoingne, Car mon temps fait despenser Trop en ennuyeux penser, Dont en roingeant mon frain, froingne.

[N Je fais je bien jma besoingne ?] 13 E ne hanis pour autre avaine ‘© [p. 407] Que de m’en retourner a Blois;

Trouvé me suis, pour une fois, Assez longuement en Touraine. 4

Jay galé, a largesse plaine, Mes grans poissons et vins des Grois ; Je ne hanis [pour autre avaine Que de m’en-retourner a Blois.] 8

CHARLES D'ORLÉANS

À la court plus ne prendray paine,

Pour generaulx et Millenois, Confesser a present m’en vois Contre la peneuse sepmaine,

Je ne hanis [pour autre avaine.]

UE pensé je ? dictes le moy,

| Adevinez, je vous en prye, Autrement ne le saurez mye, [Il y a bien raison pourquoy.

À parler a la bonne foy, Je vous en foiz juge et partye :

Que pensé je ? [dictes le moy, Adevinez, je vous en prye ?]

Vous ne saurez, comme je croy ; Car heuré ne suiz ne demye Qu'en diverse merencolye ; Devisez, je me tairay quoy :

Que pensé je ? [dictes le moy?

LAINDRE ne s’en doit Leal Cueur, S'Amours a servy longuement, Recevant des biens largement Et pareillement de douleur.

[N Jest ce raison que le seigneur Ait tout a son commandement !

Plaindre ne s’en doit [Leal Cueur S’Amours a servy longuement.] 8

Se plus a deservi Doulceur Que ne trouve a son jugement, En gré prengne pour payement Mains de proufit et plus de honneur :

Plaindre ne s’en doit [Leal Cueur.] 13 N faictes vous doubte ? [p. 410]

Point ne le devez, Veu que vous savez Ma pensee toute. 4

Quant mon cueur s’i boute, Et vostre l’avez, En faictes [vous doubte ?

Point ne le devez.] 8

Dangier nous escoute, Sus, tost achevez, Ma foy recevez, Ja ne sera route.

En faictes [vous doubte ?] 13 N faictes vous doubte Th. 411]

Que vostre ne soye ?

Charles d'Orléans. 28

CHARLES D'ORLÉANS

Se Dieu me doint joye Au cueur, si suis toute.

Rien ne m’en deboute, Pour chose que j’oye.

En faictes [vous doubte Que vostre ne soye?]

Dangier et sa route S’en voisent leur voye, Sans que plus les voye, Tousjours il m'escoute.

En faictes [vous doubte ?]

vez vous dit, laissez me dire,

Amans, qui devisez d'Amours :

« Saincte Marie! que de jours J'av despenduz en martire! »

Vous mocquez vous ? je vous voy rire, Cuidez vous qu’il soit le rebours ?

Avez vous [dit, laissez me dire, Amans, qui devisez d’Amours ?]

Parler n’en puis que ne souppire ; Raconter vous V sçay cent tours Qu'on v a, sans joveux secours, S'au vrav m'en voulez ouvr lire, Avez vous dit, 'laissez me dire.]

Par Monseigneur.

N la forest de Longue Actente, Par vent de Fortune Dolente, Tant y voy abatu de bois Que, sur ma foy, je n’y congnois À present ne voye, ne sente.

Pieça, y pris joyeuse rente, Jeunesse la payoit contente, Or n’y ay qui vaille une nois, En la forest [de Longue Actente.]

: Vieillesse dit, qui me tourmente :

Pour toy n’y a pesson, ne vente, Comme tu as eu autresfois ; Passez sont tes jours, ans et mois ; Souffize toy et te contente,

En la forest [de Longue Actente.]

Par madame d'Orleans.

n la forest de Longue Actente, F Entree suis en une sente, Dont oster je ne puis MON Cueur :

Pour quoy je viz en grant langueur Par Fortune qui me tourmente.

Cp. 414]

CHARLES D'ORLÉANS

Souvent Espoir chascun contente, Excepté moi, povre dolente,

: Qui, nuyt et jour, suis en doleur

En la forest [de Longue Actente.] 9

A y je donc tort se me garmente Plus que nulle qui soit vivente ?

Par Dieu, nennyl, veu mon maleur ; Car, ainsi n'aist mon Createur Qu'il n’est paine que je ne sente

En la forest [de Longue Actente.] 15 CCXX VII Fredet. [p. 416]

n la forest de Longue Actente, Des brigans de Soussy bien trente Helas ! ont pris mon povre cueur ; Et Dieu scet se c'est grant orreur De veoir commant on le lourmenle. s

Priant vostre ayde, lamente Pource que chascun d'eulx se vente Qu'ilz le menront a leur seigneur.

En la forest [de Longue Actente, Des brigans de Soussy bien trente Helas l'ont pris mon povre cueur.] II

E! pource, a vous il s’en garmente, Car il voit bien qu’ilz ont entente De lui faire tant de rigueur Qu'il ne sera mal ne doleur, Se n’y pourvoyez, qu'il ne sente En la forest [de Longue Aclente.] 17

Orlians.

N la forest de Longue Actente, [p.417] . Forvoyé de joyeuse sente |

Par la guide Dure Rigueur,

À esté robbé vostre cueur,

‘Comme j’entens, dont se lamente. $

Par Dieu ! j'en cognois plus de trente Qui, chascun d’eulx, sans que s’en vente, Est vestu de vostre couleur, En la forest [de Longue Actente.] | 9

Et en briefz motz, sans que vous mente, Soiez seur que je me contente, Pour allegier vostre doleur, De traictier avec le seigneur Qui les brigans soustient et hente

En la forest [de Longue Actente.] 1; E vous voulez m'amouravoir [p. 41),

À tousjours mais, sans departir, Pensez de faire mon plaisir,

Et jamais ne me decevoir. 4

Bientost sauray apercevoir, Au paraler, vostre desir, Se vous voulez [m'amour avoir À tousjours mais, sans departir.| 6

CHARLES D'ORLÉANS

Assez biens povez recevoir, S'en vous ne tient; sans y faillir Vous estez pres d’y avenir, - Faisant vers moy leal devoir, Se vous voulez [m’amour avoir.]

Fredet.

‘actens laumosne de Doulceur Par l'aumosuier de Doulx Regart ; Espoir m'a promis de sa part Qu'i me fera toute faveur.

En esperant que ma langueur Cessera, qui lant mon cueur art, J’actens [laumosne de Doulcenr Par l'aumosnier de Doulx Regart.]

Car, comme leal serviteur, av servy tousjours maïîn et tart ; Pensant qu' Amours aura regart Quelquefoys a ma graut doleur, J'acteus [l'aumosne de Doulicur.]

AR l'aumosnier Plaisant Regart .

Donnez l’aumosne de Doulceur À ce povre malade cueur Du feu d' Amours, dont Dieu nous gart.

Tr

Nuit et jour, sans cesser, il art; Secourez le, pour vostre honneur !

Par l’ausmonier [Plaisant Regart Donnez l’aumosne de Doulceur.| 8

S'il. vous plaisoit, de vostre part, . Prier Amours qu’en sa langueur, Pourvoyent, a vostre faveur, Aydié sera plus tost que tart,

Par l’ausmosnier [ Plaisant Regart.] ‘ 13 * CCXXXII E n’est que chose acoustumee, Cp. 4271

Quant Soussy voy vers moy venir, Se tost ne lui venoye ouvrir, | Il romproit l’uis de ma Pensee. 4

” Lors fait d’escremie levee,

Et puis vient mon cueur assaillir.

Ce n’est [que chose acoustumee,

Quant Soussy voy vers moy venir.] 5

Adonc prent d’espoir son espec, Mon cueur, pour dez coups soy couvrir Et se deffendre et garentir ;

Ainsi je passe la journee.

Ce n’est [que chose acoustumee.] 1; + CCKXNII HASCUN devise a son propos, [p. 422]

Quant a moy, je suis loing du mien.

CHARLES D'ORLÉANS

Mais mon cueur en espoir je tien Qu'il aura une fois repos.

Souvent dit, me tournant le dos :

Je doubte que n’en sera rien.

Chascun [devise a son propos, Quant a moy, je suis loing du mien!

Tenez l’uys de Pensee clos,

‘ Faitez ainsi pour vostre bien ; Soussy vous vouldroit avoir sien, Ne creés, n’escoutez sez mos :

Chascun [devise a son propos.]

NNEMY, Je te conjure, Regard, qui aus gens cours sus :

Vieillars aux mentons chanus, Dont suis, n’avons de toy cure.

Jeune, navré de blesseure Fu par toy, n’y revien plus :

Ennemy, je te conjure, Regard, qui aus gens cours sus.!

Va querir ton avanture Sus amans nouveaulz venus; Nous vieulz, avons obtenus Saufconduitz de par Nature,

Ennemy, lje te conjure!]

Es amoureux de l’observance,

. Dont j'ay esté ou temps passé, À present m'en treuve lassé Du tout, sy non de souvenance.

Ou je prens d’en parler plaisance, Quoy que suis de l’ordre cassé Des amoureux | de l’observance Dont j'ay esté ou temps passé.]

Souvent y ay porté penance, Et si pou de biens amassé - Que, quant je seray trespassé,

À mes hoirs lairray peu chevance Des amoureux [de lobservance.]

STEZ-VOUS de devant moy, Beaulté, par vostre serment,

Car trop me temptez souvent ; Tort avez, tenez vous quoy.

Toutes les fois que vous voy,

Je suis je ne sçay comment ;

Ostez vous [de devant moy Beaulté, par vostre serment.]

Tant de plaisirs j’apparçoy En vous, a mon jugement,

CHARLES D'ORLÉANS

Qu'il troublent mon pensement :

Vous me grevez, sur ma foy; Ostez vous [de devant moy.] 13

CCXXX VII

PS. Regard, mussez vous, |p. 426]

Ne vous moustrez plus en place, Mon cueur craint vostre menace, Dont maintes fois l’ay rescous. 4

Vostre attrait, soubti] et douls, Blesse sans qu’on lui mefface.

Plaisant [Regard, mussez vous, Ne vbus moustrez plus en place. 8

Se ditez : « Je fais a tous Ainsi, car je m'y solace » ; À tort, sauve vostre grace, Ne devez donner courrous :

Plaisant [Regard, mussez vous !] 13 CCXXX VIII E NE VOUS voy pas a demy, (IP. 427]

Tant ay mis en vous ma plaisance, Tous jours m’estes en souvenance, Puis le temps que premier vous vy. 4

Assez ne puis estre esbahy

Dont vient si ardant desirance.

Je ne {vous voy pas a demy,

Tant ay mis en vous ma plaisance.) 8

Fin de compte, puisqu’est ainsy, Fermons noz cueurs en aliance ; Quant plus ay de vous acointance, Plus suis, ne sçay comment, ravy :

Je ne [vous voy pas a demy.i 13 Philippe de Bouluinvillier. [p. 152] irez vous la, regart trop convoiteux, -

Renon avez d’estre de nul piteux, Vostre semblant demonstre, pour tout voir, Qu'estez venu pour mon cueur decevoir ; Dont me desplaist, j'en suis trestout honteux. US

Pour me tromper faictes le marmiteux,

Il ne faull point clocher devant boiteux ;

Allez, allez, je ne vous vueil plus voir.

Tirez vous la, [regart trop convoiteux,

Renom avez d’estre de nul piteux.] 10

Point ne vous fault faire le despiteux,

Car, quant vous voy, je suis toujours douteux De quelque mal plus que de bien avoir ;

Je vous congnois sans plus rien en savoir,

Ou que soiez, vous estes rioteux.

Tirez vous la, [regart trop convoileux,

Kenom avez d'estre de nul piteux.] 1; . Cleremont. [b. 453]

Re vous fault de toutes choses conte,

Qu'avés vous fait, ma Dane, de mon cueur ?

CHARLES D'ORLÉANS

N'en mentons point, est il plus serviteur Vostre tenu, dont je tien sy grant conte ?

À celle fin que l'en ne me mesconle,

Je vous diray, maïs par mon crealeur, Kendre [vous fault de toutes choses conte, Qu'avés vous fait, ma Dame, de mon cueur ?]

Entendez vous ce que je vous raconte, Dictes moy vray, bay avant, rigueur

Sera elle en vous ? lui donrrez vous faveur ? Fy, fv, nanyl, car ce vous seroit honte.

Rendre [vous fault de toutes choses conte.]

Orleans.

UE je vous aime maintenant,

Quant je congnois vostre maniere

Venant de Voulenté Legiere, l'nveloppce en Faulx Semblant !

Je ne m'y fie tant ne quant,

Veu qu’en estes bien coustumiere.

Que je vous laime maintenant, Quant je congnois vostre maniere !|

N'’en peut chaloir, tirez avant, Parfaictez comme mesnagiere,

De haulte lisse bonne ouvriere ; Plus vous voy, plus vous prise tant.

Que je vous aime {maintenant !]

Orleais. ‘Fr. 154}

UER, qu'esse la? — Ce somimes nous, voz veux. C — Qu'aportez vous? — Grand foison de nouvelles. — Quelles sont 1lz ? — Amoureuses et belles.

— Je n'en vueil point. — Voire?— Non, se m'aist Dieux. 4

— D'ou venez vous. — De plusieurs plaisans lieux. — Et qui ail? — Bon marchié de querelles.

— Cuer, qu’esse la ? — Ce sommes nous, voz veux. — Qu'aportez vous? — Grand foison de nouvelles. #

— Cest pour jeunes ?— Aussi esse pour vieux.

— Trop sont vieulx soulz ! — Piesa, n’en eustes telles. — Si ay, si ay. — Au moins escoutez d'elles ?

— Paix, je m’endors. — Non ferez, pour le mieux.

— Cuer, qu’esse la? — Cesommes nous, voz Yeux. 1:

Orleans. [p. 154 LE CUEUR. oussy, beau Sire, je vous prie.

SOUSSY. — De quoy ? que me demandez vous ?

LE CUEUR. — Ostez moi d’anuy et courous SOUSSY. — Ou vous estes ? Non feray nie. 4 soussv. J'enir je vous vueil compagnie.

LE CUEUR. — Las! non faictes, soyez moy douls,

Soussy, [beau Sire, je vous prie ?] SOUSSY. — De quoy ? que me demandez vous ? 8

430 CHARLES D ORLÉANS

SOUSSY. Parlez en a Merencolie.

LE CUECR. — Conseil premier entre vous.

SOUSSY. — Espoir ÿ pourroit plus que nous.

LE CUEUR. — Faictes donc qu’il ÿ remedie.

Soussy, beau Sire, je vous prie. 15

Orleans. hp. 4551

UANT Leauté et Amour sont ensamble Et on les scet a deu entretenir En tems et lyeu et pour lui retenir, Il font, par Dieu, feu grejois, ce me semble. 4

J'en congnois deus qui portent grant atour, Qui contre droyt en emportent le bruit, 6

Helaz ! voire, et ne font pas se tour, Car traïson en leurs cuers toujours bruit.

Garder se fault que nul ne les resemble, Ne nulle aucy qu'il veulst a bien venir ; Pour ce, conclus, pour au point revenir, Que jamais mal entre amoureux n’assemble

Quant Leauté let Amour sont ensemble. ; 13 Orleans . LC. 455]

LUS tost accointé que cogieu, Plus tost esprouvé que nourrY, Plus tost plaisant que bien choisy, Est souvent en grace receu. 4

Mains tost que riche, despourveu Se treuve garny de soussy ;

Plus tost [accointé que cogneu, Plus tost esprouvé que nourry.]|

Assez tost meschant est recreu, Assez tost entreprent hardy, Assez tost senti qui s’ardy,

Tout ce mal est de chascun sceu ; Plus tost [accointé que cogneu !]

Le cadet.

u vas trop avant, retray toy, Mon cuer, ou tu te feras prendre, Pas n’est bon de tant entreprendre ; Arreste et te tiens tout coy.

Le feras tu ? or le dy coy,

Affin qu'on ne te puist reprendre; Tu vas [trop avant, retray toy, Mon cuer, ou lu te feras prendre.]

Seit toy quelque part en requoy, Pour mieulx te garder de surprendre ; ET de la lu pourras comprendre

Ton fait bien au long, or men croy :

Tu vas [trop avant, retray tov.]

Monseigneur.

ce jour de saint Valentin,

Bien et beau Karesme s’en va ;

CHARLES D'ORLÉANS

Je ne sçay qui ce jeu trouva, Penser m'y a pris au matin;

Et puis, pour jouer a tintin, Avecques moy tost se leva;

A ce jour [de saint Valentin, Bien et beau Karesme s’en va.!

Soussy m'a cuidé ung tatin Donner, mais pas ne l’acheva, Bien garday que ne me greva ; Maledicatur en latin,

À ce jour [de saint Valentin.

CCXLVIIT

Monseigneur d'Orleans.

ce jour de saint Valentin, Venez avant, nouveaux faiseurs, Faictes de plaisirs ou douleurs Rymes en françoys ou latin.

Ne dormez pas trop au matin, Pensez a garder voz honneurs.

À ce jour de saint Valentin, Venez avant, nouveaux faiseurs.!

Heur et Maleur sont en hutin,

Pour donner pers, cy et ailleurs ; Autant aux maindres qu'aux greigneurs Veullent deppartir leur butin,

À ce jour ,de saint Valentin.:.

"hd

ÇCXLIX

Oriesus. [2.457]

ce jour de saint Valentin Qu'il me couvient choisir ung per.

Et que je n’y puis eschanper, Pensee prens pour mon butin. 4

Elle m'a resveillé matin,

En venant a mon huis frapper,

À ce jour de saint Valentin

Qu'il me couvient choisir ung per. S

Ensemble nous arons hutin,

S'elle veult trop mon cueur happer ; Mais, s’Espoir je peusse atrapper,

Je parlasse d'autre latin,

À ce jour ‘de saint Valentin. : 13 CCE Par Benoit Damien. [p. 459

u plus fort de ma maladie, M'a abandonné Esperance, Laquelle, sans point decevance, Me devoit tenir compaisnie. 4

Heïas !ce west pas mocquerte

D'avoir perdu telle alliance,

Au plus { fort de ma maludie.] = Charles d'Orléans 2)

CHARLES D'ORLÉANS

Car certes, qui que chante ou rie, J'ay a tout heure desplaisance

Plus que nesung qui soit & France, Par quoy je ne sçay que je die,

Au plus [fort de ma maladie.|

"CCLF:

Par Monseigneur.

u plus fort de ma maladie Des fievres de Merencolie, Quant d’Anuy j'ay frissonné fort,

J'entre en chaleur de Desconfort Qui me met tout en Resverie.

Lors je jangle mainte Folie,

Et meurs de soif de Chiere Lie ; De mourir seroye d’accort,

Au plus fort de ma maladie

Des fievres de Merencolie., e

Adoncques me tient compaignie Espoir, dont je le remercie,

Qui de me guerir se fait fort, Disant que n’ay garde de mort, Et qu’en riens je ne m'en soussie, Au plus fort de ma maladie

Des fievres de Merencolie. |

Par ledit Damien.

7 les maulx dont je suis sy plains,

Fortune, ay je tort, se me plains

Th. 458

«De ta grant fierté et rudesse Qui, nuyt et jour, sans point de cesse, Me tient en douleur et en plains? s

Las ! pense qu'ilz ne sont pas fais,

Mais avant tresplus grans que miins,

Veu que suis en telle foiblesse,

Pour les [maulx dont je suis sy plains.] . . 9

Or te requier, a jointes mains, Que tu veillez, a tout le mains,

Me tollir le mal qui me blesse ;

Car je suis en telle destresse,

Que languir me fault, soirs el mains,

Pour: les [maulx dont je suis sy plains.] | 15 CCE Par ledit Damien. [p.459]

our parvenir a vostre grace, Esper ant que mon dueil efface, Vous vueil servir jusqu'a la mort ; De ce, vous povez tenir fort,

Que nul autre bien ne pourchace. ÿ Par quelque semblant que je face,

Ne quelque chemin que je trace,

N'est que pour arriver au port,

Pour parvenir [a vostre grace.] 10

Quant des yeulx ne vous v'oy en pluce,

Pour rien qui soit ne me soulace,

Dont Soussy me tient si tres fort ;

Non pourtant, mon seul reconfort,

Ne me chaull quoy qu'on me meffuce,

Pour parvenir [a vostre grace.] 16

CHARLES D'ORLÉANS

De Monseigneur a madame d’Ang{olesme.] [p. 460]

ce jour de saint Valentin, L Puis qu’estes mon per ceste annee, De bien eureuse destinee | Puissions nous partir le butin. 4

Menez a beau frere hutin Tant qu’ayez la pense levee, À ce jour [de saint Valentin.] : 7

Je dors tousjours sur mon coissin, Et ne foys chose qui agree

Gueres a ma malassenee,

Dont me fait les groings au matin, À ce jour [de saint Valentin.! 12

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