‹ Poésies éditéesChapitre 80 sur 183 · NUE QUE HOT NT CM · texte numérisé non relu

NUE QUE HOT NT CM

tar

cs CPNIMT FAT Le PL.

PL --0 | 1717 as és HIS ANS TL Jlis ILLTUEE

FOU OU NIIUUT POPI LOL L

ÉTT TE T

- tn. et

Vous m'avez sas Ie Feszesse,

LT ee Me COCTent ES TMai:s.

ET fa.74s 7ous 5ien 2? Nec: mais De vois

MA 80 7008 ent ma:stresse.

À: 41e Tous n'azu,ts. V'eivsse !

CECCXT I M:schinot.

ec bien: de vou:, honneur el Dris, Mont tant espris De vou: amer, mu sente Damme.

(Qu'il n'est pas en puissance d'umme De tourner ailleur: mes épris.

Pr

C'est à moy trop hault entrepris, Com mal apris, Mes blamez en, s’il y a blame, Les biens de vous, [honneur et pris.] y

Donc, puis qu'Amour ainssi m'a pris En son pourpris,

Et que tant loyaument vous ame,

Amez moy, je prans sus mon ame

Que jamés n'en seront repris

Les biens de vous, [honneur et pris.] 1; CCCCXVII [Meschinot.] | [p.522

[M |: vous bien,

; Dites par vostre ame,

Mes que je vous ame

Plus que nule rien ? : 4

[Le vostre me tien,

Sans faire autre damme.

M'amerez vous bien,

[Dites par vostre ame ?] à

; [D seu mist tant de bien En vous que c’est bamime ; Pour ce, je me clame Vostre, mes combien M'amerez vous bien ? 13

CHARLES D'ORLÉANS

CCCCXVII

[Meschinot.]

NN Les! par vous que tant fort soupire, | Tousjours m'enpire ; |

A vostre avis, failes vous bien Que tant plus je vous vieulx de bien El, sus ma foy, vous m'estes pire !

| 4 Je ! ma Damme, si grieff martire, Amime ne tire

Que moy, dont ne puis maiz en rien

C'est par vous [que tant fort soupire.]

LA Jostre beauté vint, de grant tire, À mon oeill dire

Que feist mon cueur devenir sien.

Îl le voulut. S'il meurt, et bien,

Je ne luy puis avder ou nuyre !

C'est par vous [que tant fort soupire.]

LMfeschinot.]

[P |" mellre fin a mes douloureux plains,

Etaux ennuys dont je me scens si plains,

Fort me com plains +

A tout heure, mes remyde n'y treure, Fors qu'il me fault de mort faire l'espreuve

Ou dame neutre,

Cur là mienne se rit, tant plus me plaïns.

Lp. 524]

[S louvent m'a veu pleurant par baus et plains, À triste cueur, de dueill palez et lairs, Pres que m'estaius ; | Mes pensez vous que de riens el se meuve, Pour mettre fin [a mes douloureux plains ?] 12

[N Jenny, ains dit par sa foy, qu'aulres mains Seuffrent de maulx plus que moy, soirs el mains, Et qu'eu ay mains:

Que je ne dy: ainssi mon fait repreuve ;

Bien luy plairoyt qu'elle fust de moy veufve, Son cas le preuve ;

Ne suy ge pas doncques en bones mains,

Pour mettre fin {a mes douloureux plains ?| 20 Orleans. [p.525]

EMPS et temps m ont emblé Jennessé, Et laissé es mains de Viellesse Ou vois mon pouvre pain querant ; Aage ne me veult, tant ne quant, Donner l’aumosne de Liesse. $

Puis qu’elle se tient ma maistresse, Demander ne luy puis promesse, Pour ce, n’enquerons plus avant.

Temps [et temps m'ont emblé Jennesse, Et laissé es mains de Viellesse.] 19

Je n’ay repast que de Foiblesse, Couchant sur paille de Destresse,

CHARLES D'ORLÉANS

Suy je bien payé maintenant

De mes jennes jours cy devant ?

Nennil, nul n’est qui le redresse :

Temps et temps [m'ont emblé Jennesse !]

Orleans. [p.525]

sourDY de Non Chaloir, | À | Aveuglé de Desplaisance, Pris de goute de Grevance, Ne sçay a quoi puis valoir.

Voullez vous mon fait savoir ?

Je suis pres que mis en trance, Asourdy [de Non Chaloir, Aveuglé de Desplaisance.]

Se le Medecin Espoir, Qui est le meilleur de France, N'y met briefment pourveance,

Viellesse estainct mon povoir, Asourdy [de Non Chaloir.]

CCCCKXNII

Orleans. [p. 526]

EDENS la maison de Doleur, [D | Ou estoit trespiteuse dance, Soussy, Viellesse et Desplaisance Je vis dancer comme par cueur.

[L Je tabourin nommé Maleur

Ne jouoit point par ordonnance,

Dedens la maison [de Doleur,

Ou estoit trespiteuse dance.] 8

[Puis chantoient chançons de Pleur,

Sans musicque, ne accordance ;

D'ennuy, comme ravy en trance,

M'andormy lors, pour le meilleur,

Dedens la maison [de Doleur.! . 8

CCCCXXII

Simonnet Caillau.

edens la maison de Douleur, [p. 526] Ou n'a leesse, ne musique, Mon laz cuüer gist merencolique, Malade ou piteulx lit de Pleur. : 4

E dieux ! n'esse pas grand maleur ?

IT est piz que paralitique,

Dedens la maison [de Douleur,

Ou n’a leesse, ne musique.] 8

Par racine, fueille, ne fleur,

Ne par medicine autentique,

Remedier n’y scet phisique ;

Confesse soy, s'est le meilleur,

Dedens [la maison de Douleur.] 13

38 CHARLES D'ORLÉANS

CCCCXXIV Orleans. [p. 52

E VOUS sans et COngnois venir, ] Anuyeuze Merencolie ;

Maintez fois, quant je ne vueil mye,

L’uys de mon cueur vous fault ovrir. 4

Point ne vous envoye querir,

Assez hay vostre compaignie ;

Je vous sans ‘et congnois venir,

Anuyeuze Merencolie !] 8

[J lennes peuent paine souffrir,

Plus que viellars ; pour ce, vous prie Que n'ayez plus sur nous envie :

Ne nous vueilliez plus assaillir.

Je vous sans ‘et congnois venir !| 13 Orleans. LP. 528]

ENTE/, menteurs a Carterons, Certes point ne vous redoubtons, Ne vous, ne voustre baverye Loyaulté dit, de sens garnye « Fy de vous et de voz raisons ! »

ol

On ne vous prise deux boutons,

Et pour ce, nous vous deboutons,

Esloignant nostre compaignie :

Mentez, menteurs [a carterons,

Certes point ne vous redoubtons,

Ne vous, ne voustre baverye!] il

[V loz parlez, pires que poizons, Boutent par tout feu en maisons ; Que voulés vous que l’en vous die ?

Dieu tout puissant si vous mauldie, Vous donnant de maulx jours foisons !

Mentés, menteurs [a carterons !| 17 a CCCCXXVI Gilles des Ourmez. [p. 529]

our bien mentir souvent el plaisemment, Mais qu’il ne tourne u aucun prejudice, Il nest adviz que ce n'est point de vice, Mais est vertu et bon entendement. ÿ

On en voit maint esleve baultement, Bien recueilly et requis en service, Pour bien mentir {souvent et pliisemmt !]

Maïs controuveurs qui mentent faulcement

Pour diffamer quelcun par leur malice,

Soient pugnis pur droit, selon justice ;

Pour ce, chascun s'avise suivement

Pour bien mentir [souvent et plaisemment.] 12

CCCCXXVII

D ES soucies de la court [p. 530!

J'ai acheté au jour d’uy ; De deux bien garny j'en suy,

Quoy que mon argent soit court. 4

[A] les avoir chacung court :

Mais quant a moy, je m’enfuy.

CHARLES D'ORLÉANS

. Des soucies [de 1a court, J'ay acheté au jour d’uy.]

[ Jle deviens viel, sourt et lourt; Et quant me treuve en ennuy, Non Chaloir est mon apuy,

Qui maintesfoiz me secourt

Des soucies de la court.

CCCCXX VIII

Orleans.

Lp. 530]

T OUT plain ung sac de Joyeuse Promesse, Soubz clef fermé, en ung coffin d’Oublie,

Qui ne poursuit, certes c’est grant folie,

. Tant qu'on en ayt par Raison, a largesse ?

Craindre ne fault Fortune la diverse

Qui Passe temps avecques elle alie,

[TJout plain ung sac [de Joyeuse Promesse, Soubz clef fermé, en ung coffin d’Oublie.]

[C Jonseil requier a gens plains de sagesse, Qui mieulx sera, si leur plaist, c’om le die ; Car Bon Espoir, quoy qu’on le contrarie,

À droit vendra et trouvera richesse

[T Jout plain [ung sac de Joyeuse Promesse.]

CCCCXXIX

De Benoist Danrien.

agent en angoisse parfonde, Ou joye ne pluisir n’abite, Mon dolent cueur en nef mauldite, D'Ercules a passé la bonde.

RONDEAUX S4t

D’ y avoir bien nul ne s’i fonde :

La voye si est interdite.

Nagent [en angoisse parfonde,

Ou joye ne plaisir n’abite.] 8

L'aider, nul ne peut en ce monde, Fors Thetis, qui Deesse est dite De la mer, car, sans contredite, En elle tout povoir habonde, Nagent [en angoisse parfonde,

Ou joye ne plaisir n'abite.] 1j Par ledit Benoist. [b. 531]

ant plus regarde, moins y voy, Et plus y voy, moins y congnoys :

Le monde r'a de deux en trois, | Sans savoir comment tte pourqioy. "4

Faulseté regne, et tient su loy

En tretouz les lieux ou je vois :

Tant plus regarde, [moins ÿ voy,

Et plus y voy, moins y congnoys]. 8

Loyautté si est en reco},

Deboutee on l’a tant de fois,

Que passez sont mains jours cE moys,

Qu'on ne la vit, comme je croy :

Tant plus (regarde, moins y voy.] 1;

CCCCXXXI

Eu les en puisse guerdonner [p. 532:

Tous ceulx qui ainsi tourmenter

Font, de vent, de naige et de pluye,

CHARLES D'ORLÉANS

Et nous et nostre compaignye, Dont peu nous en devons louer. .

Mais il fauldra qu’au par aller,

Commant qu'il en doye tarder,

Que nous, ou eulx, en pleure ou rie:

Dieu les [en puisse guerdonner!| 9

Or ça, il fault parachever

Et puis qu’il est trait, avaler!

On congnoistra qu’est de clergie,

D'Orleans, trait de Lombardie :

Tous bien faiz convendra trouver.

Dieu les [en puisse guerdonner!] rs

CCCCXXXII

RENONS congié du plaisir de noz yeulx, p. 532] Puis qu’a present ne povons mieulx avoir, De revenir faisons nostre devoir, Quant Dieu plaira, et sera pour le mieulx. 4

Î1 faut changer aucunefoiz les lieux,

Et essayer, pour plus ou moins savoir :

Prenons congé [du plaisir de nos yeulx,

Puisqu’a present ne povons mieulx avoir.] R

Ainsi parlent les jennes et les vieulx ;

Pour ce, chascun en face son povoir.

Nul ne mecte sa seurté en Espoir,

Car au jour d’uy courent les eurs tieulx quieulx. [Prenons congié du plaisir de noz yeulx.] 1j

CCCCXXXIII

"APELEZ Vous cela jeu ; [p.533] En froit. d’aler par pays ?

Or pleust a Dieu qu’a Paris, Nous feussions enprés le feu ! 4

Nostre prouffit veullent peu,

Qui en ce point nous ont mis !

M'apelez vous [cela jeu,

En froit d’aler par pays ?] 8

Deslyer nous fault ce neu,

Et desployer fais et dis,

Tant qu'aviengne mieulx ou pis, Passer convient par ce treu :

M’apelez vous [cela jeu ?] 13 CCCCKXXIV E Veillesse porte livree LD. 534]

Qu'elle m'a, puis ung temps, donnee, Quoy que soit contre mon desir, Mais maulogré myen le fault souffrir, Quant par Nature est ordonnee. s

[É Île est d’annuy si fort brodee,

Dieu scet que l’ay cheire achaptce,

Sans gueires d'argent de plesir :

De Veillesse [porte livree

Qu'elle m'a, puis ung temps, donnee,

Quoy que soit contre mon desir.] 11

CHARLES D'ORLÉANS

Par moy puist estre bien usee, En eur et bonne destinee,

Et a mon soubhet parvenir, Tant que vivre puisse et mourir Selon l'escript de ma pensee :

De Veillesse [porte livree.]

CCCCXXXV

Orleans.

ALUÉS moy toute la compaignie Ou a present estez a chiere lye, Et leur dites que voulentiés seroye Avecques eulx, mais estre n’y pourroye, Pour Viellesse qui m’a en sa ballie.

Au temps passé, Jennesse sy jolie Me gouvernoit ; las! or n’y suy ge mye,

Et pour cela, pour Dieu, que escuzé soye ;

Salués [moy toute la compaignie Ou a present estez a chiere lye.]

Amoureus fus, or ne le suy ge mye,

Et en Paris menoye bonne vie;

Adieu bon temps, ravoir ne vous saroye !

Bien sanglé fus d’une estrete courroye, Que, par Age, convient que la deslie :

Salués moy toute la compaignie !

LA

Page 1