‹ Poésies et lettres de MalherbeChapitre 11 sur 25 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

Depuis votre partement, je n'ai point de vos nouvelles, vous m'obligerez de m'en donner; et en revanche je vous ferai part des nôtres, cela s'appelle quand nous en aurons, car à cette heure nous sommes à sec. Tous ces nuages qui vous faisoient craindre quelque mauvais temps sont dissipés. La reine est bonne, son conseil sage, et Dieu pour nous. M. le maréchal de Fervaques s'en est retourné en Normandie, à ce que m'a dit aujourd'hui 1 un des siens. Nous avons la reine pour gouverneuse , vous pouvez penser si nous sommes bien glorieux. Quand je vous ai dit que nous n'avions point de nouvelles, il ne me souvenoit pas de la mort de M. le prince de Galles. Il y a trois ou quatre jours que , discourant avec l'un de mes amis de tout plein de morts de princes arrivées en tous les quartiers de l'Europe depuis quatre à cinq ans, je lui dis que je croyois que le premier deuil que nous porterions viendroit d'Angleterre , pourcequ'il y avoit long-temps qu'il n'y avoit en ce payslà que des sujets de joie, et que c'est l'ordre des choses

fin monde qu'après les noces viennent les funérailles. Ma prophétie a été trop véritable, et certainement eu la personne de qui je me fusse le moins douté, pourcequ'il y avoit de Tapparence que le père ou la mère précéderoit les enfants : Dieu en a voulu disposer d'autre façon. Je pensois que cette après -dînée l'ambassadeur d'Angleterre dût venir porter la nouvelle à la reine, et pour cela je m'étois trouvé au cabinet; mais il n'y est point venu , et la reine s'en est allée voir son dessin de l'hôtel du Luxembourg. M. le comte de Soissons nous avoit fait prendre le deuil, celui-ci nous le fera continuer. La reine veut qu'on attende à le prendre que l'ambassadeur lui ait porté la nouvelle. Toutefois , cette aprèsdînée la reine Marguerite étant venue voir la reine, elle lui a demandé pourquoi elle n'étoit point en deuil; la reine a répondu qu'elle avoit su que la cour d'Angleterre ne l'avoit point p'>rté pour la mort de feu Monsieur: nous verrons ce qui en sera; je crois que nous le porterons, et tiens à ce coup indubitable l'alliance de France et d'Angleterre. Dieu nous prépare plus de joies que nous ne méritons; c'est à nous de nous en rendre dignes , afin qu'il nous les continue. Il me semble que quand vous partîtes le pauvre M. Lefévre étoit décédé, et M. Florence en sa place; voilà pourquoi je ne vous en dis rien. Cet homme de bien avoit fait lui-même son épitaphe; je la vous envoie, vous verrez comme il étoit vain (i). Je vous baise, monsieur, très humblement les

(i) Nicolaus Faber, peccator indignus, unus è multis, hic jaceo. Quid de me dici verius , aut à me utilius ? Non yideo , agnosco : bonc Jesu, tu ignosce ; ad hoc enim natus, ad hoc passus, ad hoc tremuisii, ut per te securi essemus.

Vixi annos 69 , menses 3 , diem i ; devixi 3 novembris 1 6 1 a.

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mains, et à M. de Valves; aimez toujours votre serviteur très humble et très obligé.

Il me semble que quand vous partîtes , le discours de voyage des ambassadeurs étoit imprimé, et par conséquent que vous vous en serez fourni devant que de partir, si c'est chose que vous en ayez estimée digne; voilà pourquoi je ne vous en envoie point. Vous aurez le grand roman des Chevaliers de la gloire mais qu'il soit achevé d'imprimer; il fut porté tout imparfait comme il est au cabinet, il y a deux jours, par madame la princesse de Conti, où il eut plus d'approbation que je ne croyois : vous en direz votre avis; je crois qu'il sera demain achevé. Vous m'avez envoyé céans une caisse pour vous garder, sans me mander ce que c'est; je vous prie que je le sache , afin que j'y apporte le soin que la chose méritera. Adieu, monsieur; encore un coup, je suis votre serviteur très humble et très affectionné.

AU MÊME

A Paris, ce 5 janvier i6i3, à six heures du soir.

Monsieur ,

Je vous écrirai plus au long par le premier qui partira ; celle-ci sera seulement pour vous dire que le baron de Luz, aujourd'hui une heure après midi, a été tué par M. le chevalier de Guise , au bout de la rue de Grenelle, dans la rue de Saint-Honoré. Le baron de Luz étoit en son carrosse avec trois ou quatre des siens;

DE MATJIERnE. 23i

M. le chevalier venoit du TiOuvre, rt avoit avec lui M. de Cuges et M. le chevalier de Grignan, à cheval tous trois. Il a mis pied à terre, et a crié à M. de Luz qu'il en fît de même , et qu'il lui vouloit dire un mot. Le baron de Luz est descendu; et ont fait dans l'autre côté de la rue deux ou trois tours de huit ou dix pas, ou environ, parlant ensemble. Ce qu'ils dirertt, personne ne le peut rapporter; seulement on a vu que M. de Luz a voulu embrasser M. le chevalier, qui Ta repoussé d'un coup dans. l'estomac, et lui a dit qu'il mît la main à l'épée, ce qu'il a fait; et ayant tiré chacun deux ou trois coups, le baron de Luz a reçu de M. le chevalier un coup au-dessous du tétin gauche, et a commencé à chanceler. M, le chevalier est remçnté à cheval, et s'en est allé le petit pas vers la porte Saint-Honoré. Le baron de Luz est entré dans l'allée d'un cordonnier, entre le Temps perdu et la Bannière de France, et au bout de l'allée a monté cinq à six marches dans le degr«^ là où il est tombé mort , en disant: Jesu, Maria! Je venois alors du dîner de la reine, et l'avois laissée au second. Je suis sorti par la cour des cuisines, et m'en suis venu par la rue Jean-Saint-Denys, au bout de laquelle, étant dans la rue Saint-Honoré , j'ai vu venir d'en bas quatre chevaux qui s'en venoient froidement et au petit pas, comme si rien ne fût avenu. Je me suis arrêté pour saluer M. le chevalier, et n'ai vu en lui aucune marque d'émotion, que le visage un peu pâle. M. de La Boulaye, lieutenant de la compagnie des chevau-légers de M. le chevalier de Vendôme, s'étant joint à lui, ils s'en alloient les deux le petit pas , avec MM. de Grignan et de Cuges derrière eux. L'on m'a dit que M. de Termes est monté à cheval avec une vingtaine de

ses amis , et Test allé accompagner : où il est allé , je n'en sais rien. Le sujet de la querelle est que le baron de Luz, depuis huit à dix jours , s'étoit vanté qu'il s'étoit trouvé à la résolution qui fut faite de tuer feu M. de Guise, et qu'un autre qui y étoit aussi , que madame la princesse de Conti m'a nommé, mais il ne m'en souvient pas, avoit voulu avertir M. de Guise, afin qu'il prît garde à soi , mais qu'il l'en avoit empêché ; et de cette façon se faisant auteur de la mort de feu M. de Guise , M. le chevalier a cru avoir juste occasion de s'en ressentir. Si c'est la vraie cause, ou si c'est seulement un prétexte, je le vous laisserai deviner. Madame la comtesse de la Chapelle-aux-Ursins m'a dit qu'hier au soir il étoit au cabinet, et, lui parlant d'amour, lui disoit qu'il étoit du bois dont on faisoit les maréchaux de France, et qu'elle lui avoit répondu qu'il étoit d'un bois fort sec. A quelque temps de là elle prit garde que M. le chevalier regardoit attentivement et de mauvais o^Me baron de Luz, et elle lui dit : « Qu'y a-t-il? vous regardez le baron de Luz de travers; c'est mon amoureux, ne lui faites pas de mal. » Et là-dessus il lui répondit : « J'aimerois mieux avoir un bras rompu qu'il fut votre mari. » Comme j'ai eu dîné, je m'en suis retourné au Louvre, où j'ai trouvé que la reine étoit au conseil à 1 entresol , où étoient M. le prince , M. du Maine, M. le chancelier, M. le marquis d'Ancre , et quelques autres. Toute la cour étoit au Louvre; j'en ai vu sortir M. le premier président : c'est tout ce que je vous puis dire. A ce soir la reine devoit donner à souper au roi, à Madame, madame la princesse de Conti , mesdames de Guise, madame de Vendôme, mademoiseUe de Vendôme, mesdames les marquises de Guercheville

DE MALHERBE. -y.V^

et d'Ancre; mais la partie sera roin|)iii' par cet accident : Dieu nous {i;arde de rien de pis ! Pour le bruit de la Rochelle, qu'ils avoient tait sortir les catholiques, il se trouve que c'est un mensonge : c'a toujours été mon opinion que nous n'aurions que paix, je n'en ai point changé ; s'il plaît à Dieu , j'aurai été prophète. Leurs majestés se portent très bien : cette bonne nouvelle en pèse bien une douzaine d'autres. Adieu, monsieur; je suis votre très humble et très affectionné serviteur.

•it

La veille des Rois , en écrivant cette lettre , mon homme m'est venu dire que M. de Valves étoit arrivé ; je Ty ai envoyé quand et quand pour en savoir des nouvelles : je ne fermerai point cette lettre, que je ne vous mande ce qui en est. Il est vrai que M. de Valves est ici; demain. Dieu aidant, je le verrai.

AU MÊME

A Paris, ce 8 janvier i6i3.

Monsieur,

Je vous écrivis samedi au soir ce qui étoit arrivé de la mort du baron de Luz , je ne vous dirai plus rien sur ce sujet. J'ai baillé à M. de Valves ce matin, pour vous faire tenir, les paroles que dit sur ce fait M. le chevalier de Guise, une heure après le coup, dînant chez M. de Termes à la grande écurie; un curieux qui les recueillit fidèlement me les a baillées. Je lui ai aussi baillé à même fin une copie de la lettre que M. le Grand a écrite à la

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reine sur le commandement qu'il a eu de s'arrêter en son gouvernement; c'est en cela que toutes nos nouvelles consistent : je ne saurois qu'y ajouter, sinon que la reine a été fort en colère, et y est encore. Madame la princesse de Conti et madame de Guise ne viennent point chez la reine. Je ne sais combien durera la fête , elle est trop violente pour être longue; cependant M. le comte de La Rochefoucauld, qui alla voir M. de Guise incontinent après que Taffaii'e fut faite, a eu commandement de s'en aller cheilui : je -rois qu'on ne lui a pas fait grand déplaisir; car il est hors d'années, et étoit résolu de demander son congé. J'ai aujourd'hui rencontré M. le marquis d'Ancre , avec vingt-cinq ou trente chevaux à l'entour de son carrosse ; je ne crois pas pourtant qu'il ait sujet de craindre : il fut voir madame la princesse de Conti, et lui dit que M. le chevalier étoit un brave prince, et qu'il étoit son serviteur. On m'a dit que la réponse fut qu'en cette occasion on le verroit. Je voudrois bien que tout ceci fût passé ; car jusqu'à ce que nous en soyons dehors , notre belle et bonne reine sera en mauvaise humeur : hors de cela tout est paisible. L'on m'a dit que le baron de Saugeon est encore prisonnier; celui qui l'a pris est ici : je veux savoir de sa propre bouche comme s'est passée cette affaire, et vous en donnerai avis. Nous avions ici un compagnon du moine Bourre, à qui on avoit donné le nom du Tasteur; l'on dit que c'étoit un bon compagnon qui avoit des gantelets de fer, et au bout des doigts des ergots de fer, de quoi il fouilloit les femmes, et qu'il y en avoit à tous les quartiers. Depuis quelques jours les dames se sont rassurées , car ou dit que le Tasteur est prisonnier : il s'est fait là-

dessus de bons contes, uiuis ce sont toutes inventions, Vincy n'avoit pas oublié à nio dire l'affaire dont vous m'écriviez; mais pourceque ce n'étoit pas cbose qui fût du voyage, je ne vous en avois rien dit. Le conte, outre ce que vous m'en écrivez , ajoute qu'elle suoit la vérole. Quand Etienne partira, il vous portera des romans de Rossel, ils sont chez le relieur. Je pensois vous avoir envoyé des lettres de Lingendes ; vous en aurez par la même voie que vous recevrez les romans : elle ne s'est du tout point vendue, et n'en a-r<on pu ODtenir privilège. Je suis bien aise de savoir que dans votre caisse il n'y ait rien d'importance; je desirois le savoir pour la garder avec sécurité : elle n'a garde de m'empêcher, car j'ai augmenté mon logis d'une garde-robe que j'ai prise d'un voisin, à plain-pied de ma chambre. M. le procureur-général de la chambre des comptes et M. l'auditeur Buisson s'en vont, à ce qu'ils disent, vendredi ou samedi; je vous écrirai par eux, Dieu aidant, ce qui sera survenu de nouveau entre ci et là; et écrirai à M. le président de La Cépéde, et lui enverrai un roman : je suis son serviteur de tout mon cœur, je vous prie de l'en assurer. J'ai envoyé une lettre de Lingendes à Marc-Antoine; vous la pourrez voir cependant par ses mains, attendant que vous receviez celles que je vous enverrai. Adieu, monsieur; je vous supplie m' excuser à M. le premier président si je ne lui écris, ce sera pour la première commodité : je lui baise très humblement les mains , et à vous aussi , monsieur , vous suppliant de m'avoir toujours comme votre très^ humble et très affectionné.

Je vous avois écrit que la veille des Rois il devoit y

avoir festin au Louvre , c'est-à-dire que la reine donneroit à souper à ceux que je vous écrivois; il ne fut pas interrompu pour Taccident de la mort du baron de Luz, mais on nv cria point Le roi boit. Madame la princesse de Conti n'y fut point, ni mesdames de Guise. Outre ceux que je vous mandois, madame la comtesse de La Rochefoucauld et madame de La Châteigneraye y furent , et le bonhomme M. Zamet, Il y eut hier au soir coniédie à la galerie.

L'affaire de M. le cAevalier *Jst entre les mains de la cour de parlement. M. le Grand et M. Faideau en sont commissaires.

M. le chevalier de Guise, samedi veille des Rois, à trois heures après midi , dînant à la grande écurie, deux heures après qu'il eut tué le baron de Luz, lécita le fait de cette façon :

« M'étant trouvé auprès de M. de Guise, mon frère, il n'y a que deux jours , un gentilhomme lui vint donner avis que M. de Luz, entretenant M. du Maine, l'avoit assuré qu'il s'étoit trouvé au conseil secret de Blois, où la mort de feu M. mon père avoit été résolue , et qu'il avoit empêché M. le maréchal de Brissac de l'en avertir : ce qui fut cause que dès l'heure je fis dessein de lui faire mettre l'épée à la main. Pour à quoi parvenir, ce matin j'ai fait prendre garde quand il sortiroit de son logis. On m'est venu rapporter qu'il en étoit parti, et qu'il avoit pi'is le chemin de la rue Saint-Antoine; je m'en suis donc allé de ce côté-là, accompagné du chevalier de Grignan , de mon écuyer, et de deux laquais. J'ai défendu aux deux gentilshommes de mettre la main à l'épée , si l'on ne vou-

DE MALHERBE. oj;

loit entreprendre sur moi, et à mes deux laquais, qui n'avoient que ehacun un bâton à la main, de se mêler d'autre cliose que d'arrêter les elicîvaux du earrossc, si d'aventure le baron de Luz, après que je Taurois convié de mettre pied à terre , refusoit de le faire et commandoit à son carrossier de s'avancer. Ne l'ayant point trouvé au quartier de Saint-Antoine, je m'en suis venu au Louvre, où j'ai trouvé son carrosse à la porte; j'y ai fait prendre garde , et suis allé donner le bonjour à madame la princesse de Conti, de laquelle j'ai ouï la messe. Cela fait, je suis sorti du Louvre , et y ayant encore vu le carrosse du baron de Luz, je m'en suis venu vers son logis, estimant bien qu'il ne faudroit pas de s'y en revenir. Comme j'ai eu fait quelque chemin dans la rue de Saint- Honoré, je suis retourné sur mes pas; comme j'ai été revenu à l'entrée de la rue du Louvre, j'ai vu venir son carrosse; ce qui m'a fait tourner tout aussitôt comme pour aller vers la porte de Saint-Honoré. Comme j'ai été à la barrière des Sergents, je me suis tourné et l'ai vu à trente pas de moi. Je suis allé droit à lui, et lui ai dit tout haut : «Monsieur le baron, je vous supplie que «je vous dise quatre paroles. » Il a répondu : « Oui, tant « qu'il vous plaira. » Il étoit au derrière de son carrosse, et avoit deux gentilshommes à chacune des portières, qui tous ont mis pied à terre; moi et les miens en avons fait de même en même temps. Cela fait, je l'ai pris par la main, et l'ai tiré à part à dix pas de nos gens, et lui ai dit : « Monsieur, j'ai su que vous avez dit à M. du Maine , <« en la présence de plusieurs gentilshommes d'honneur, « que vous fûtes du conseil de Blois, où il fut résolu de ^ tuer M. mon père, et qu'hier même vous le dîtes à la

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K reine Marguerite, Je ne veux point là-dessus de ré- « ponse de vous que Tépée à la main , si vous en avez le « courage : çà , Tépée à la main ; il faut mourir. » Sur cela il s'est voulu jeter sur moi; je Fai repoussé d'un coup de poing que je lui ai donné en Testomac, et, me retirant deux pas en arrière, ai mis Fépée à la main. Il en a fait de même ; et tirant Fun contre l'autre en même temps , j'ai paré son coup avec le bras que j'avois enveloppé de mon manteau ; le mien lui a porté dans le côté gauche assez avant , et tout aussitôt il s'est retiré dans une maison prochaine, et je m'en suis venu vers deçà. » Voilà le récit qu'en fit , selon la vérité , M. le chevalier : ce qui est attesté de tous ceux qui l'ont vu. Un gentilhomme normand nommé Bellefontaine , l'un de ceux qui étoient dans le carrosse du baron de Luz , saisit par derrière M. le chevalier au collet; le chevalier de Grignan le colleta , et lui fit lâcher prise. M. le chevalier remonta à cheval , et les siens avec lui , et au petit pas s'en alla au Roule, cinq ou six cents pas hors du faubourg Saint-Honoré. M. de La Boulaye, lieutenant des chevau-légers de M. de Verneuil, qui survint à ce combat, et en a témoigné la vérité comme elle est ci-dessus récitée, l'accompagna jusqu'à la porte, et ayant demandé à M. le chevalier ce qu'il vouloit qu'il fit, et que son épée et sa vie étoient à son service, il le pria de s'en aller au Louvre, et de témoigner à tout le monde ce qu'il avoit vu ; ce qu'il fit. J'avois oublié à dire que M. le chevalier, remontant à cheval, s'adressant au peuple qui étoit là amassé, leur dit: «Messieuis, vous me serez témoins que personne n'a mis la main à l'épée c[ue moi. » Comme il se fut séparé de M. de La Boulaye, il envoya un laquais à la

graiulo ('curie voir si M. de Termes y étoit. M. do Termes à riieurc même monte à cheval, avec huit ou dix gentilshonunes qui avoient dîné avec lui, (!t le ratteijjnit environ les Feuilliuits. Ayant fait qucifjiu' dieniin avec lui, il h' laissa aller, et s'en vint ù riiôtel de Guise conter TalTaire à M. de Guise, qui fut d'avis qu'il s'en revînt à Paris. M. de Termes s'en retourna donc le trouver, et l'amena dîner à la (jrande écurie. Toutefois cet avis qu'il s'en revînt à Paris fut changé, et lui fut mandé qu'il ne revînt point qu'on ne le mandât. Ainsi, après qu'il eut dîné et changé de bottes, il s'en alla à Saint-Denys, où il a été quelques jom'S, et depuis à Meudon, attendant que sa paix soit faite avec la reine.

Je crois que ce sera demain i3 de ce mois que tout s'achèvera. Jeudi, après dîner, madame la princesse de Conti et madame de Guise la mère retournèrent au cabinet, où elles n'ont voulu aller jusqu'alors. La reine les reçut en riant, avec tout le bon visage qu'elles pouvoient désirer, et rejeta tout ce qui s'étoit dit d'une part et d'autre sur la colère.

AU MÊME

A Paris, ce 12 de janvier i6i3.

Monsieur ,

Après vous avoir écrit la mort du baron de Luz, tué la veille des Rois par M. le chevalier de Guise, et avoir baillé à M. de Valves le récit que M. le chevalier en a fait de sa bouche deux heures après la chose arrivée,

pour vous le faire tenir avec la lettre que M. le Grand a écrite à la reine , je ne vois plus rien qui mérite d'être mis sur le tapis. Ce matin M. de Valves a pris la peine de me venir voir pour savoir quelque chose de nouveau ; je lui ai promis d'aller dîner chez madame la princesse deContipôur en apprendre; mais j'ai trouvé M. de Saint- Luc à la messe de la reine, qui m'a emmené dîner chez M. de Bassompierre, si bien que je n'en sais pas davantage que quand je suis sorti du lit. Tout ce que je vous puis dire, c'est que demain l'affaire de M. le chevalier se doit terminer. En la colère, M. le Grand et M. Faideau furent faits commissaires; mais ils se récusèrent : on y en substitua, qui en ont fait de même. A cette heure, les affaires n'en sont plus en ces termes-là. La reine a retiré les informations. Je crois que l'entérinement de la grâce se fera devant la reine en son cabinet ; je saurai cette formalité, et la vous écrirai. D'autres nouvelles , il n'en est point. M. le prince et madame la princesse d'Orange arrivèrent vendredi ; M. le prince alla au-devant d'eux, et y mena trois à quatre cents chevaux; M. le chevalier les alla voir passer : je le sais d'un gentilhomme qui étoit avec lui. Je vous envoie les trois romans que vous desirez ; pour les lettres de Lingendes, il faisoit si mauvais temps pour aller au Palais , que j'ai prié M. de Valves de me décharger de cette corvée, ce qu'il a fait. Je lui ai aussi baillé les romans pour vous faire tenir ; vous les recevrez par M. l'auditeur Buisson ou par votre Etienne. Si vous me commandez avec tant de cérémonie comme vous faites , vous ignorez le pouvoir que vous avez sur moi, et me défendez la privante dont j'ai accoutumé d'user avec vous. Je suis marri de n'avoir

DE MALIIKRBE. 2,î

dp quoi vous ontrotcrur plus lon{;-tomps; mais il n'y a ici rifii (le nouveau. Messieurs de lu Hochelle et de Saint- Jean-d'Angely, que Ton croyoit qui nous dussent brouiller, se sont faits gens de biens. Vous savez ce que je vous en ai toujours derit; je n'ai point été trompé. Le baron de Sauj^t'ou esfc^ucore eu prison à VillelVaucbe de Houergue. Il fut pris par un uouuué Rodelles, qui est des ordinaires du roi : il étoit au lit en une hôtellerie. Un des siens fut tué d'un coup de pistolet; un autre soldat se jeta par la fenêtre, et s'est sauvé : l'on croit que c'est celui qui avoit les papiers. Saugeon fut pris à trois lieues de Villefranche, à deux lieues de Pont -jVntonin , qui étoit une place de son parti; mais il ne pensoit plus être suivi, et d'ailleurs il avoit fait de grandes traites sur des barbets qu'il avoit achetés. L'envie qu'il avoit de les fairereposer,pourIebesoinqu'iljugeoit qu'ils en avoient, le fit arrêter si près de sa retraite. Je crois qu'il est bien heureux tjue les affaires de Saint-Jean-d'Angely s'apaisent, et qu'il se trouve des lettres d'abolition qui ont été expédiées sur tout ce t^ui s'est passé. J'avois oublié à vous dire qu'il y a un avis proposé et reçu par le conseil, à ce que m'a dit M. Florence, pour acquitter cin^ millions de livres de rente que fait le roi, sans aucune surcharge ni exaction nouvelle. Le proposant est un nommé Bizet. Il m'a montré sa proposition, qui contient mille belles choses pour l'embellissement de cette ville, et entre autres un pont neuf qui s'appellera le pont Saint- Louis, pour passer du quai des Célestins à celui de la Tournelle vers la place Maubert, tel que celui de Châtelleraut. Il s'en est proposé aussi un autre par M. de Lonsac, de faire venir tous les ans à Paris douze cent mille voies de

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bois d'Auvergne et quatre cent mille de charbon, pour laisser reposer les forêts du roi et autres qui se diminuent fort. Il doit bailler le bois à vingt sous de meilleur marché sur chaque voie. Là-dessus, il demande d'être dressé de quelques parties qu il dit lui être dues; Ton m'a dit aussi que son avis a été reçu e^ sa demande accordée. Je n'ai plus que vous dire; au moins ne me souvient-il de rien. Il y a quelques brouilleries en cette cour; mais ce n'est que la coutume : tout aura bonne fin, Dieu aidant. Nous sommes trop bien guidés pour nous perdre, et notre reine n'a pas seulement la prudence du feu roi , mais elle en a encore la bonne fortune : Dieu la lui continuera, s'il lui plaît; et vous, s'il vous plaît, monsieur, me tiendrez toujours en vos bonnes grâces : vous savez bien comme je les désire; et si j'osois, je dirois comme je les mérite, en qualité de votre serviteur très affectionné à jamais.

Vous savez comme je suis bon peintre. J'ai fait une petite topographie , pour faire mid'jx entendre l'histoire de la mort du baron de Luz. Si vous la desirez voir, Marc- Antoine vous la montrera.

AU MÊME

A Paris, ce 2 1 Je janvier i6i3.

Monsieur ,

Peut-être vous écrirai-je demain par M. de Cadenet, procureur du roi aux comptes , qui doit partir mercredi ;

DR MALHKIIHK. ' :» {3

mais peut-être aussi n'eu ferai-je rien : ce sera selon Tliuineiir où je me trouverai. Voilii pourquoi j'aiuie mieux prendre cette oce-asioii dont me vient d'avertir M. de Valves, fjtie de remettre la chose à tuie autre fois. Ce sera seul(;meut pour vous témoi(}ner toujours le soin que j'ai d'être eii^yoa bonnes grâces. Les bonnes fortunes donnent des effets, et les mauvaises des paroles. La mienne est du noud)re des dernières; excusez-la de payer en si mauvaise monnoie; elle ferait pis si elle ne payoit rien du tout. Sortons des cérémonies, et venons aux nouvelles. L'on est après à faire que M. le Grand ait son congé de venir; si on l'obtient, ce sera avec peine; et s'il vient, je crois que ce ne sera que pour un mois ou six semaines: de vous en dire les raisons, c'est à vous, doctes,.... je ne les sais point. Je suis enfant d'obéissance, et crois que nos maîtres ne font rien que bien et pour bien. M. le chevalier de Guise est en cette ville; mais c'est sans y être , c'est-à-dire sans se faire voir. [I n'a point encore été au Louvre; l'entérinement de sa grâce sera que la première fois qu'il verra la reine , il se mettra à genoux devant elle: cela s'ap{)clle que qui est mort a tort, et qu'une autre fois quand lui hoinme de cette qualité appellera quelqu'un pour sortir de carrosse et lui dire un mot, il faut faire le sourd, et sans descendre lui répondre qu'on ira le trouver en son logis. L'on dit que cette grâce est faite sur une d'un roi de ISavarre, qui autrefois tua un comte d'Anjou. Je m'en rapporte à ce qui en est. L'on s'est, cette après-dînée , assemblé pour savoir s'il y aura moyen d'accommoder l'affaire du comte de Brème avec le marquis de ISesle. S'ils ne s'acconnnodent pas, comme l'on ne croit pas qu'ils le puissent faire ,

on ne leur permettra pas de se battre; mais on fermera les yeux pour les laisser faire. M. le prince, à ce que l'on m'a dit, parlant de cette affaire, a dit que, s'ils se battent, il fera dès le lendemain bailler la grâce à celui qui aura tué son compagnon. Vous avez su la mort de Bétliune de Hollande, tué il y a trois ou quatre^jours par un nommé Montigny-Meslé. Ils s'en allèrent ensemble coucher au Bourg-la-Reine et en même logis, et le lendemain au matin l'affaire se fit. Courtaumer a été pourvu du régiment. Boutteville, son beau-frère, étoit son compétiteur, et en ont eu brouillerie; mais ce n'a été rien, non plus que celle de M. le marquis de Noirmoutier avec Jouy, frère de Sardiny. Je vous ai, à mon avis, mandé, par une de mes précédentes, qu'il y avoit eu dispute au conseil entre MM. les cardinaux et MM. de l'université. La cause de l'université fut fort débattue par l'un des principaux du conseil; et là-dessus Ton dit qu'il ne se falloit pas ébahir s'il faisoit ce qu'il pouvoit pour obliger l'université, pourcequ'il avoit envie d'être régent. Il y a des gens au monde qui aimeroient mieux perdre une douzaine d'amis qu'un bon mot. M. de Vendôme est de retour de Bretagne depuis cinq ou six jours. La première visite qu'il fit fut celle de M. le marquis d'Ancre; cela et autres choses font croire qu'il se a eut retirer du parti dont il sembloit qu'il fût. Toutefois ils disent que s'ils le perdent, ils en gagneront d'autres qu'ils avoient perdus pour l'amour de lui. Pour moi, je ne me soucie que de voir le roi et la reine bien sains et bien obéis comme ils sont, grâce au bon Dieu. Le roi étoit hier un peu enrhumé , mais aujourd'hui il l'est beaucoup moins, Dieu soit loué. Il y a sur le tapis un certain

ballet dp Madame avtM dix nymphes; j'ai charge de faire les vers : mais il n'y a encore rien d'assuré, [)ourceque madame la marquise d'Ancre, quand madame de La Boissière lui en a parlé, a dit que Madame, étant princesse d'Espagne, ne devoit plus rien faire qui ne fût fort magnifique , et que la dépense en seroit trop grande ; toutefois qu'elle en parleroit à la reine : staremo à veder. Ce sera pour demain que nous saurons olsi, ol no. J'aime bien autant l'un que l'autre. Je tourne les yeux de tous côtés pour vous dire quelque chose de bon; mais je ne vois rien, ni bon, ni mauvais. Adieu donc, monsieur; tenez-moi en vos bonnes grâces et en celles de M. le premier président du Vair. Je suis son serviteur et le vôtre très humble et très affectionné. S'il vous plaît, monsieur, vous en direz de même à M. le premier président de La Cépéde, alin que ce me soit une excuse de ne leur avoir écrit : je n'ai rien qui '^n soit digne.

AU MÊME

A Paris, ce 22 de janvier i6i3.

Monsieur ,

Depuis celle que je vous écrivis hier par un homme que M. de Vaumère avoit envoyé par-deçà, il n'est rien survenu; et à la vérité le temps en si peu d'espace n'eût su produire grande nouveauté. Je vous avois mandé que nous ne pensions avoir que neuf ou dix chevaliers à cette cérémonie qui se va faire; mais le nombre en croît tous

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les jours : qui emploient la faveur, qui allèguent des nominations fiiites en chapitre et hors de chapitre; tellement que, si Ton s'en rapporte à eux, il y en aura, non pas une compagnie, mais un régiment. Je dînai hier avec un homme qui est fort de vos amis, et en condition où il le vous peut fort bien témoigner. Il désire fort avoir la vue d'un livre dont vous m'avez parlé, qui a été imprimé à Turin ou à Chambéri, touchant les droits du duc de Savoie au marquisat de Saluées. Si vous pouvez le retirer de rhomme qui Ta à Aix, en l'empruntant pour huit ou dix jours, vous pourrez étendre le terme jusqu'à deux mois , durant lesquels on aura loisir de le voir par-deçà et de le vous renvoyer, de quoi je vous serai répondant, s'il vous plaît vous en fier à moi. Vous obligerez l'homme extrêmement pour des occasions que je vous dirai un jour, et que peut-être je vous écrirai, avec le nom de celui qui vous aura l'obligation, que je m'asq"ire vous jugerez digne de ce qu'on fait pour lui. Pour mon particulier, je n'ai plus rien à vous offrir; car je suis, il y a long-temps, du tout votre serviteur très affectionné et très obligé.

A Paris, ce i'' de février i6i3.

Monsieur,

Ce ne seroit que gâter le pa})ier que de vous conter le combat de M. le chevalier de Guise avec le baron de Luz , qui , voulant venger la mort de son père , s'est pré-

fipiti' à la sionne. M. Av Valves et assez d'autres en ont fait leur devoir. Vous ne croiriez jamais comme M. le chevalier a été loué : la reine Tenvoya visiter dès qu'il fut de retour; le roi a envoyé aujourd'hui; pour tous les princes, et du sang, et autres, il n'y en a pas un seul qui n'y soit allé. J'y suis allé aujourd'hui après dîner avec madame la j)rincesse de Conti; cependant que nous y étions, M. d'Espernon y est venu pour la seconde fois, M. du Maine, l'ambassadeur d'Angleterre, et tout plein des plus relevés de la cour, en telle abondance qu'il sembloit que ce fût une procession, encore que la principale presse fût hier. Il y a plusieurs prétendants en ses charges de lieutenant de roi en Bourgogne , au bailliage de Dijon , et en Bresse. La reine a dit après dîner à l'un d'eux qu'elle n'en avoit encore rien résolu. Toutefois je crois, et toute la cour aussi , que le baion de Thianges aura le bailliage de Dijon, et ]N'i le vicomte de Tavannes la Bresse. M. de Ragny s'y attendoit pour un brevet qu'il en avoit du feu roi, dont il a fait apparoître, et crois certainement qu'il y eût eu bonne part; mais la faveur de M. le prince, M. du Maine et M. le marquis d'Ancre , ont vaincu cette considération. J'ai conté ce matin à M. de Valves, qui a pris la peine de me venir voir, comme mercredi , après dîner, la reine montra en son cabinet, à ceux qui y étoient, une grenade d'une si étrange invention, qu'elle demeure trois semaines cachée en un lieu, sans manifester son effet. Sa majesté avoit été avertie qu'il y avoit un certain homme qui se vantoit de savoir cet artifice; elle envoya tout aussitôt chez lui, mais on ne le trouva point; seulement on trouva cette grenade, qui fut apportée à la reine. Le roi a eu mal aux dents.

cinq à six jours; il se porte très bien, grâces à Dieu. Il y a deux ou trois jours que M. le chancelier fut à Tabbaye de Saint-Germain recevoir de M. le prince de Conti le serment de gouverneur d'Auvergne, pourcequ'il étoit un peu indisposé; madame la princesse sa femme avoit supplié la reine qu'elle lui pennît de le pouvoir faire par procureur, mais elle a plus obtenu qu'elle ne demandoit. Marc-Antoine vous fera voir le cartel du baron de Luz envoyé à M. le chevalier, si vous ne l'avez d'ailleurs. C'est tout ce que je vous puis dire : je ne crois rien oublier de tout ce qui se passe ici; si vous en faisiez de même , vous ne m'eussiez pas réduit à aller mendier la vérité de l'histoire de ce qui s'est passé en votre palais. Vous m'en avez celé le commencement , n'en faites pas de mênie du progrès et de la fin. M. de Valves a bien pris la peine de me le venir dire; mais j'eusse été plus aise de le savoir de vous-inêi e. Si vous êtes paresseux, vous me le ferez devenir; je n'y suis que trop porté de mon naturel : imaginez -vous comme j'y triompherai quand je le serai par votre exemple. C'est assez pour cette fois ; j'ai la main si lasse que je n'en puis plus , inais si faut-il qu'elle écrive encore ces trois ou quatre mots. : tenez-moi toujours, monsieur, pour votre serviteur très humble et très affectionné.

Le nom de la personne que je n'ai point nommée audessus du billet que vous montrera Marc- Antoine est au-dessus de la lettre de M. le président du Vair. On a fait courir le bruit d'une autre , mais c'a été pour certain respect qu'on a baillé ce change.

Billet d'appel porté par an nommé Biolet à M. le chevalier de Guise, de la part du jeune baron de Luz, le dernier jour de janvier 1 6 1 3.

Monseifjneur, nul ne peut être plus fidèle témoin du juste sujet de uia douleur que vous: t'est pourquoi, monseigneur, je vous supplie très humblement de pardonner à mon ressentiment, si je vous convie par ce billet de me faire tant d'honneur que je me puisse voir l'épée à la main avec vous, pour tirer raison de la mort de mon père. L'estime que je fais de votre courage me fait espérer que vous ne mettrez en avant votre qualité pour éviter ce à quoi l'honneur vous oblige. Ce gentilhomme vous amènera au lieu où je suis avec un bon cheval et deuxépées, desquelles vous aurez le choix; et si vous ne l'avez pour agréable, je m'en irai par-tout oii vous me le commanderez.

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