‹ Poésies et lettres de MalherbeChapitre 13 sur 25 · A M. DE CALAS, A AIX · texte numérisé non relu

A M. DE CALAS, A AIX

A Paris, ce 4 de novembre i6i3.

Monsieur ,

Je ne m'étonne plus de la courtoisie de M. de Peiresc, puisqu'il est votre fils; la naissance n'est pas de peu d'effet à produire en nous des qualités : tout le mal que j'y vois, c'est que vous et lui semez sur une terre qui ne vous rapportera jamais rien; mais au moins, a- je puis, vous reconnoîtrez que mes défauts viendront d'une cause à quoi je ne puis remédier, qui est la mauvaise fortune; et, en cette considération, vous ne laisserez pas de me continuer l'honneur de votre amitié , et me la témoigner aux occasions qui s'en présenteront : elles sont si fréquentes, que j'en suis honteux. Mais pour diminuer la honte que j'en ai, je me persuaderai que vous y prenez plaisir , et qu'étant né comme vous êtes à faire de bons offices, c'est vous obliger de vous offrir des sujets d'exercer votre bonté; au moins est-ce en quelque chose satisfaire à votre désir. M. de Peiresc , qui à la fin nous est échappé, vous contera tout ce que nous avons ici de nouveau ; vous savez comme il est curieux et diligent : ce seroit se moquer du monde que de vouloir glaner

DE MALIIKRIJE. lo.,

après lui. Je vous supplie, monsieur, me conserver vos» bonnes {grâces, comme Tune des choses qui me sont le plus chères. Votre serviteur très humble et très affectionné.

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