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que pour cette ociJisioii , vu les hniits ([iii <()iu-f)i('nt, ils le prioientde se retirer ou clicz lui oiiailh^ius, où hou lui sernbleroit, jusqu'il ce que li; temps fût autrcuientflisposé. Messieurs de lu reli{5,iou sont sa{>es de tous côtés. Messieurs des états de llollaude se sont offerts à sa uiajesté, et Tout assurée qu'ils u'avoicut d'autre volonté que la sienne. Il nie semble que tout cela et la qualité de ces messieurs, dont l'absence fait ainsi parler le monde, doit faire croire que tout ceci s'en ira en fumée, et bien est. JV ajouterai encore qu'un intendant de la maison de M. le prince rencontra bier un de ses secrétaires, et le pria de lui dire en ami s'il croyoit que nous eussions guerre, et si M. le prince reviendroit: il lui dit qu'il seroit bientôt ici, si l'on vouloit. Tous ces messieurs sont à Sedan, qui est à trois ou quatre lieues de Mézières. Le baptême du fils du prince palatin se doit faire le 26 du mois qui vient; la reine d'Angleterre est marraine et les états de Hollande parrains: M. de Bouillon s'y doit aussi trouver. L'on tient que la reine partira lundi prochain pour aller à Mézières; mais l'on espère qu'elle attendra des nouvelles deM.de Praslin , et qu'elles seront si bonnes qu'elle ne sortira point du tout de Paris. Pour moi, je crois qu'elle continuera son voyage, et que, si l'on traite avec ces messieurs, elle voudra être sur les lieux pour faciliter davantage les affaires. Tous les gouverneurs sont envoyés en leur gouvernement. M. de Montbazon est parti cette après-dînée pour aller en Bretagne. Je crois que vous aurez bientôt M. le chevalier; car pour M. de Guise, il demeure auprès de sa majesté. J'oubliois de vous dire que le roi montre une extrême envie d'aller à la guerre; devant-hier il se fit armer de toutes pièces avec un tel
contentement de se voir en cet équipage, que, s'étant mis au lit, il ne voulut pas laisser son casque, et disputa long-temps qu'il dormiroit mieux avec un casque qu'avec son bonnet de nuit; mais enfin il se laissa aller aux remontrances qu'on lui fit de le quitter. Dieu veuille bénir les commencements de ce prince! Je pense que nous n'aurons ( je veux dire ceux qui vivront alors ) rien à regretter du passé. Madame la comtesse de Soissons contoit ce soir au cabinet que M, son fds disoit aussi qu'il vouloit aller à la guerre, mais qu'il ne vouloit obéir qu'au roi; et comme madame sa mère lui remontroit qu'il étoit encore trop foible, il lui a répondu qu'à la guerre il n'étoit question que de savoir tuer un homme, et qu'il en tueroit bien un. Adieu, monsieur; louez ma diligence, et aimez toujours votre serviteur très hundjle et très affectionné. Je vous prie, monsieur, de me faire ce bien de rendre à ma femme cent francs que j'ai baillés à M, de Valves; c'est pour acheter des livres à Marc- Antoine, qui sera votre serviteur comme le père.
Afin que vous ne vous étonniez pas que la prise de la « itadelle de Mézières ait été faite en si peu de temps, je vous veux avertir qu'il ne s'y est tiré coup de canon ni d'arquebuse, ni de ceux du dehors ni de ceux du dedans , pourceque , de quarante soldats qui étoient dedans, il y en avoit trente qui y étoient de la main de M, de Nevers, sans le lieutenant et l'enseigne. Je vous ai dit la colère où fut la reine de l'échappement de M, de Vendôme; mais j'avois oublié de vous dire qu'à l'heure même une de ses femmes, nommée mademoiselle Quenche, lui Aint dire qu'il étoit repris, à quoi la reine répon-
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<Iit qii'ù ce coup il iroit à lu Uustille; mais lavis se trouva faux.
AU MÉMK.
A Paris, ce 23 de février i6i4-
Monsieur,
Je vous écrivis il y a deux jours si au longque je n'ai rien à vous écrire. Je mis eu ma dernière lettre tout ce que je savois, et depuis je n'ai rien appris, pourceque hier la reine avoit pris des pilules , et par conséquent elle ne se laissa point voir. Aujourd'hui je suis allé sur les six heures chez madame la princesse de Conti, où je pouvois apprendre des nouvelles; mais, ne pensant pas vous Gxjvoir écrire, je n'ai pas été curieux d'en demander; et voyant qu'elle ne vouloit descendre au cabinet qu'après son soupct, je m'en suis revenu au logis, où j'ai trouvé l'un des laquais de M. de Valves, qui me venoit avertir de sa part que, si je voulois écrire, je lui envoyasse ma lettre : il m'est donc impossible de vous dire autre chose, sinon que la reine a eu des lettres de M. le prince et de M. de Nevers; celles de M. le prince sont fort longues; il a aussi écrit à la cour de parlement. La reine fit lire les siennes tout haut au cabinet le jour même qu'elles furent apportées; mais mon malheur voulut que je n'y arrivai qu'après que ça fut fait. Le sujet, c'est quelques réformations qu'ils disent être faites au gouvernement des affaires, de la vénalité des offices, et lincamération des étrangers aux principales charges de
la couronne, et autres tels textes accoutumés à ceux qui remuent. Je verrai d'avoir la copie des unes et des autres, et les vous enverrai. J'ai ce matin appris une nouvelle d'un qui la pense bien savoir; c'est que depuis deux jours la reine a présenté requête à la^^cour des comptes que, vu les affaires qui se préparent , il lui soit permis de prendre un million de livres à la Bastille , ce qui a été accordé , pour être les deniers employés aux affaires de la guerre. S'il y en a demain, Dieu aidant, je pourrai plus savoir , et par conséquent vous aurez de plus longues lettres. Adieu, monsieur; je suis, conmie de coutume, votre très humble et très affectionné serviteur.
Monsieur ,
AU MEME
A Parifjj ce 10 mars i6i4-
On fait les habits du roi et de Madame pour le voyage et pour les noces; ce n'est pas signe que l'on retarde le mariage. L'on n'a point encore de nouvelles de M. de Thou; l'on en attend à demain. Aujourd'hui M. le nonce et l'ambassadeur de l'archiduc ont eu audience, qui ont offert à leurs majestés tout ce qui dépend de leurs maîtres. Un gentilhomme portant aux Suisses une dépêche de M. le prince pour arrêter la levée, attendu que l'on étoit entièrement d'accord , a été arrêté , et sa dépêche envoyée à la reine ; elle a été lue au conseil cette aprèsdînée.