‹ Poésies et lettres de MalherbeChapitre 23 sur 25 · VX<'V%/V'«/«/X · texte numérisé non relu

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Monsieur ,

AU MÊME

ACaeUj ce 1 8 décembre 1621.

Cepen(i*\nt que j'attends que le beau temps vienne, il empire tous les jours, et les chemins par conséquent. Il se faut donc résoudre d'en courir la fortune , et satisfaire au dessein que j'y! d'être avec vous il y a si longtemps. Je fais compte de partir jeudi prochain : ce sera pour être à Paris le lundi 29 de ce mois , s'il plaît à Dieu. Je passerai par Lisieux, et vous porterai, si je ne me trompe, de bonnes nouvelles de l'affaire dont vous m'avez écrit. Adieu, monsieur; je suis toujours votre très bumble et très affectionné serviteur.

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AU MÊME

A Aix, ce 10 de juillet 1622.

Monsieur ,

•Je suis trop obligé à me souvenir de vous pour ne vous rendre pas raison de mon silence depuis tantôt deux mois que je suis arrivé en ce pays. Mon excuse, que, je m'assure, vous trouverez raisonnable, est que le jour même de la fête de Dieu, il plut à ravocat-général Thomassin faire garder la chambre à mon fils; ce qui lui réussit si bien , par la facilité qu'il trouva en M. d'Oppéde , qu'encore aujourd'hui il est en prise de corps. Je crois bien que si je l'eusse voulu faire représenter, '^ en seroit quitte ; mais pourceque je me doute qu'ils l'eussent obligé à quelque satisfaction à la partie, j'ai mieux aimé qu'il soit privé quelques jours de la place des Jacobins, que de le soumettre à cette indignité. J'ai donc envoyé quérir un renvoi à un autre parlement; je l'attends au premier jour avec les inhibitions à celui-ci. Quand cela sera, je serai en état de vous écrire avec soin et de vous mander des nouvelles dont la source va être en ces quartiers : pour celles qui y sont à cette heure, M. de Bouq les vous dira , c'est assez pour ce coup. Je vous ai témoigné que je n'oublie point l'honneur que vous et les vôtres me faites de m'aimer; continuez-le-moi, s'il vous plaît, comme je continuerai, monsieur, d'être toute ma vie votre serviteur très humble et très affectionné.

lVloiisi(Mir, je vt>iis sn|»j)li(r de; iiu; laire (.'ctte faveur d'envoyer cv. paciiiet au Fer à cheval, en la rue Aubry- BoucIk r, et le faire mettre entre les mains de quelqu'un des nH'ssu{;er,s do Caeu , (jui y sont ordinairement, pour le faire tenir selon sou adresse. Pardon, monsieur, de tant de peines.

M. DU BOUILLON AU MÊME

A Caen, ce 28 de juillet 1622.

Monsieur ,

J'avois pris la hardiesse de vous écrire un mot de lettre, pour apprendre devons quelques nouvelles de mon cousin Malherbe, parcequ'il en étoit venu ici de très mauv<?ises qui m'avoient donné de très grandes inquiétudes. Les siennes m'ont soulagé l'esprit de cette appréhension , et ont CQ'^verti mon déplaisir en un sujet de joie; mais ce qui me le redouble encore plus est le témoignage qu'il vous plaît me rendre de votre bienveillance : j'avoue que j'en dois les remerciements à votre bonté, car je ne l'ai jamais mérité par aucune sorte de service; mais pour l'avenir je tâcher?^ de l'entretenir et de la cultiver par mes très humbles devoirs et respects , et des soumissions. Je regrette que je ne suis en lieu ou en assez bonne condition pour faire paroître le ressentiment que j'ai de cette obligation; mais n'osant l'espérer, vous me permettrez de le souhaiter : la sincérité de mon affection suppléera au défaut de ma mauvaise fortune. En attendant, j'aurai l'honneur de vous en donner les

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assurances de bouche, et la présente lettre en préviendra mon devoir; car j'espère partir vendredi de cette ville pour aller à Paris prêter le serment de trésorier de France, devant M. le chancelier. Là je jouirai du bonheur de votre entretien. Entre temps, je vous dirai que vos bonnes nouvelles avancent le service du roi, car les esprits étoient déjà préoccupés de cette mauvaise impression qu'avoit donnée le bruit de la venue du comte de Mansfeld. Nous avons été travaillés en cette province de l'appréhension de l'armement des Anglois : cette peur nous fut apportée si chaude , que toutes les communes se sont assemblées pour défendre leurs côtes. Il est venu des Anglois naturalisés qui s'étoient retirés au commencement de ces troubles, qui ont levé cette terreur panique; ils nous ont assuré que M. de Soubise est parvenu à Londres comme un qui voyage à petits frais. M. de Longueville est venu ces jours passés visiter les villes. Je son gouvernement de la Basse-Normandie. Il a changé le lieutenant de Cherbourg, ville m^aritime, pour s'être vanté d'avoir refusé cinquante mille livres de sa place; il a craint que cette forte tentation ne l'emportât : en matière d'état, qui délibérant desciverunt. Je regrette qu'il soit changé. Je ne vous puis mander autre chose; mais ce pays étant^petit et stérile , il ne porte pas grand fruit. Je clorai donc la présente de mes très humbles baise-mains, et demeurerai pour jamais votre très hum. ble et très obéissant serviteur.

DE M A L ru-: K HE. 5oi

Monsieur ,

MALHERBE AU MÊME

A Aix, ce 25 septembre 1G22.

J'ai tant de peur de vous importuner trop souvent, que peut-être je ne vous rends pas ce que je vous dois. Mais que vous écrirois-je, quand je serois moins paresseux que je ne suis? Tout ce qu'il y a ici de nouveau vous est mandé par M. de Valves, voilà pourquoi, ce sujet me défaillant , il m'en reste peu d'autres pour vous entretenir. Nous attendons ici les reines d'un jour à l'autre; aussitôt qu'elles y seront , je m'en irai les trouver , et me tenir auprès d'elles. S'il n'en vient qu'une, à la bonne heure; si elles vienn».nt toutes deux, encore mieux; notre cour n'en sera que plus grande. Ce sera là que j'aurai moyen de savoir plus fidêlejnent et plus certainement ce qui se fera en l'armée, et alors vous verrez que je n'ai pas oublié le soin que vous avez eu de m'écrire quand j'étois en Normandie. J'écris un petit mot à M. du Bouillon à Gaen , pour le prier de recevoir une méchante rente de cinq cents livres, dont le terme est échu depuis le seizième du présent mois , et les vous envoyer. Vous me ferez, s'il vous plaît, l'honneur de les prendre, et en baillerez à M. Ycart ce qu'il vous demandera , et le reste vous me le ferez tenir par la première commodité. Vous voyez, monsieur, comme j'abuse de vous; mais je sais votre courtoisie générale envers tout le monde, et uiie bienveillance particulière en mon endroit; c'est ce qui

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me fait si libre ou , pour mieux dire, si effronté. Vous m'en excuserez , s'il vous plaît , et aviserez si en quelque chose je serai capable de revanche .jusqu'ici je m'engage toujours, et accrois le nombre des dettes; mais la fortune peut faire un plus grand miracle que de me donner de quoi en payer, sinon tout, pour le moins une partie. J'en prie Dieu de tout mon cœur, et vous, monsieur, de me conserver en vos bonnes grâces , et me croire toujours vod'e très humble et très obéissant serviteur.

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