A M. DU PERRIER , C. D. R
AU PAnLEMENT DE PROVENCE, A AIX.
Paris, ce 10 d'août 1G07.
Monsieur,
Ma paresse fait que je vous écris toujours en hâte, pourceque j'attends toujours que le messager soit sur le point de partir. Ce qui me console , c'est que je n'ai pas grand' chose à vous écrire. L'appointement des financiers n'est point encore arrêté; l'un d'eux, nommé Garraut, fut pendu en effigie il y a trois ou quatre jours ; il y a un certain commis que l'on croit qui le sera en propre personne, peut-être dès demain. Le roi est encore à Monceaux , sans goutte , grâce à Dieu , nous ne l'attendons à Paris qu'après cette Notre-Dame prochaine. Je vous envoyai dernièrement une douzaine et demie de coquilles d'or moulu de Flandre; je vous envoie à cette heure une autre douzaine, malgré M. du Mousthier, qui. ne peut croire qu'il vous en faille tant que cela. Vous recevrez par xe même porteur six collets ; s'ils ne sont de belle toile ,
la faute en est à madame Choucart, car je lui recommandai qu'ils fussent de la plus belle ; ma vue commence à se baisser et m'en empêche lejugement. Il y a pour quatre livres et demie d'or , et pour sept livres quinze sous de collets; ainsi j'ai encore de votre arj^ent. Vous me manderez à quoi il vous plaît que je l'emploie , et je vous servirai selon votre désir, et , si je puis , selon le mien. Adieu , monsieur; aimez-moi toujours et me tenez pour celui qui sera éternellement votre plus humble et plus affectionné serviteur.