‹ Poésies et lettres de MalherbeChapitre 8 sur 25 · DE MAL II EH DE · texte numérisé non relu

DE MAL II EH DE

mont. Je ne sais pas ce que le lui en aura pensé; mais tout le monde trouve le langa{;e extrêmement haut cl bien convenable h ce qu'il dit dernièrement ;\ la reine Marf[uerit(', qu'elle étoit, connue tout le reste de la France, sous sa jurisdiction , et qu'il n'y en avoit que trois qui n'y fussent point, le roi, la reine et M, le dauphin. Ainsi peuvent parler les heureux comme il est; mais c'est ne se souvenir pas de ce que peut la fortune, et de ce dont elle le menaça l'hivef passé, '^iioi qu'il en soit, il sert bien le maître, et en cette qualité il ne peut douter d'être avoué. Hier se fit le mariage de M. le marquis de Rosny et de mademoiselle de Créqui. Pour vous en dire davantage, il faudroit plus de papier. Adieu. Marc-Antoine vous fera voir des vers que j'ai faits pour le roi ; il les a si exactement loués , que je crains qu'il ne pense que nous soyons quittes : ce n'est pas là comme je l'entends; car s'il trouve des vers qu'il m'a commandés de nouveau aussi bons que les précédents, je suis résolu de lui parler de grille {i), c'est-à-dire d'une pension. Il m'a tant de fois dit qu'il me veut faire du bien , que je crois qu'il ne s'offensera point de ma requête , et puis la ferai accompagner de la recommandation de la reine, et en ma présence, afin que je sache à qui avoir l'obligation du succès. Adieu, monsieur; aimez-moi heureux ou malheureux; car, en l'un et l'autre , je serai toujours votre serviteur très humble et affectionné.

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