‹ Poësies et messéniennesChapitre 17 sur 39 · UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

UNE JEUNE FILLE

Polixène disait à ses jeunes compagnes :

Dépouillez ce vallon favorisé des cieux ;

C’est pour nous que les fleurs naissent dans ces campagnes ;

Le printems sourit à nos jeux.

Elle ne disait pas : vous plaindrez ma misère Sur ces bords où mes jours coulent dans les honneurs ; Elle ne disait pas : mon sang teindra la terre Où je cueille aujourd’hui des fleurs.

CHOEUR

D’un peuple d’exilés déplorable patrie ,

Ton empire n’est plus et ta gloire est flétrie.

UNE TROYENNE

Sous l’azur d’un beau ciel , qui promet d’heureux jours , Quel est ce passager dont la nef couronnée Dans un calme profond s’avance abandonnée Au souffle des Amours.

UNE AUTRE

Il apporte dans nos murailles

LES TROYENNES

Le carnage et les funérailles !

Neptune, au fond des mers que ton trident vengeur Ouvre une tombe à l’adultère ,

Et vous, dieux de l’Olympe, ordonnez au tonnerre De dévorer le ravisseur.

UNE TROYENNE

Mais non , le clairon sonne et le fer étincelle ;

Je vois tomber les rocs , j’entends siffler les dards;

Dans les champs dévastés le sang au loin ruisselle, Les chars sont heurtés par les chars.

Achille s’élance ,

U vole , tout fuit ,

L’horreur le devance ,

Le trépas le suit ,

La crainte et la honte Sont dans tous les yeux ,

Hector seul affronte Achille et les Dieux.

UNE AUTRE

Sur les restes d’Hector qu’on épanche une eau pure , Apportez des parfums , faites fumer l’encens.

CANTATE

Autour de son bûcher vos sourds gémissemens , Forment un douloureux murmure ;

Ah ! gémissez, Troyens ! soldats, baignez de pleurs Une cendre si chère !...

Des fleurs , vierges , semez des fleurs !

Hector dans le tombeau précède son vieux père.

choeur .

Des fleurs , vierges , semez des fleurs !

Hector dans le tombeau précède son vieux père.

UNE TRQYENNE.

llion , Ilion, tu dors, et dans tes murs Pyrrhus veille enflammé d’une cruelle joie ;

Tels que des loups errans par des sentiers obscurs, Les Grecs viennent saisir leur proie.

UNE AUTRE

Hélas ! demain à son retour Le soleil pour Argos ramènera le jour;

Mais il ne luira plus pour Troie.

UNE TROYENNE

(9 détestable nuit ! o perfide sommeil !

9e. édition.

LES TROYENNES

D’où vient qu’au tour de moi brille une clarté sombre ! Quels affreux hurlemens se prolongent dans l’ombre ! Quel épouvantable réveil !

UNE JEUNE TROYENNE

Sthénélus massacre mon frère.

UNE JEUNE TROYENNE

Àjax poursuit ma sœur dans les bras de ma mère.

UNE AUTRE

Ulysse foule aux pieds mon père.

UNE TROYENNE

Nos palais sont détruits, nos temples ravagés;

Femmes, enfans, vieillards, sous le fer tout succombe, Par un même trépas dans une même tombe Tous les citoyens sont plongés.

UNE AUTRE

Adieu, champs où lut Troie, adieu, terre chérie,

Et vous, mânes sacrés des héros et des rois ,

Doux sommets de l'Ida, beau ciel de la patrie ,

Adieu pour la dernière fois !

CANTATE

UNE TROYENNE

Un jour, en parcourant la plage solitaire ,

Des forêts le tigre indompté Souillera de ses pas l’auguste sanctuaire ,

Séjour de la divinité.

UNE TROYENNE

Le pâtre de l’Ida , seul près d’un vieux portique , Sous les rameaux sanglans du laurier domestique , Où l’ombre de Priam semble gémir encor, Cherchera des cités l’antique souveraine ,

Tandis que le bélier bondira dans la plaine Sur le tombeau d’Hector.

UNE AUTRE

Et nous, tristes débris, battus par les tempêtes, La mer nous jetera sur quelque bord lointain.

UNE AUTRE

Des vainqueurs nous verrons les fêtes ; Nous dresserons aux Grecs la table du festin. Leurs épouses riront de notre obéissance ;

Et dans les coupes d’or où buvaient nos aïeux ,

LES TROYENNES

Debout, nous verserons aux convives joyeux Le vin, l’ivresse et l’arrogance.

UNE TROYENNE

Chantez cette Ilion proscrite par les dieux ; Chantez, nous diront-ils, misérables captives,

Et que l’hymne troyen retentisse en ces lieux.

O fleuves d’Ilion , nous chantions sur vos rives, Quand des murs de Priam les nombreux citoyens , Enrichis dans la paix , triomphaient dans la guerre Mais les hymnes troyens Ne retentiront plus sur la rive étrangère!

UNE AUTRE

Si tu veux entendre nos chants,

Rends-nous , peuple cruel, nos époux et nos pères, Nos enfans et nos frères !

Fais sortir Ilion de ses débris fumans !

Mais puisque nul effort aujourd’hui ne peut rendre La splendeur à Pergame en cendre ,

La vie aux guerriers Phrygiens ,

Sans cesse nous voulons pleurer notre misère,

Et les hymnes troyens Ne retentiront pas sur la rive étrangère.

CANTATE

CHOEUR

Adieu, mânes sacrés des héros et des rois! Adieu, terre chérie!

Doux sommets de l’Ida , beau ciel de la patrie , Vous entendez nos chants pour la dernière fois !

I) VNAÉ.

.... E’j^î Ppscpoç, su^éTW Sk itovto Eu^stco àasrpov x.a/.ov.

SlMONIDE.

Les ministres fougueux du tyran d’Éolie, Troublaient au loin les airs de leurs longs sifflemens , Et des rochers émus jusqu’en leurs fondemens Amphitrite insultait la cime ensevelie Sous ses monts écumans.

Un torrent pluvieux s’échappait des nuages ,

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