Lettre au vicomte de Bourbon-Busset
XXVIII Notice sur la vie
Elle est à moi ! que les maîtres de l'Inde Portent envie au maître de son cœur * !
C* est là le premier acte ou le premier livre; on est trompé, on sent dans son âme totis les tourments de la jalousie :
Je n'ai plus d'Eucharis ! que m'importe la vie ? O nuit, viens dans ton ombre ensevelir mes yeux! Je n'ai plus d'Eucharis! après sa perfidie, Je ne veux plus revoir la lumière des cieux*.
On éprouve toutes les misères des lâches retours :
N'en crois pas mes dédains, n'en crois pas ma colère : Nulle autre n'entrera dans mon lit solitaire... Avant que ta beauté sorte de ma mémoire, On verra l'eau suspendre et rebrousser son cours. Le soleil oubltra de dispenser les jours...
Sois plus coupable encor, je t'aimerai toujours. Je t'aimerai : voilà ma destinée.
Oui, malgré ton crime odieux,
Je ne saurois haïr tes yeux.
Ces yeux encor si chers à mon âme étonnée. Ces yeux mes souverains, mes astres et mes dieux '!
C*est le second acte; on se console, ramante devient
1. Les Amours, liv. I, élégie iv. Pour être juste envers tout le monde, rappelons que ce cri de victoire est déjà dans
Ovide :
lu, triomphales circum mea iempora lauri.
Ficitnus : in ttostroest ecu Corinna sinu.