Idem, liv. I, élégie xi
$. Jdem, liv. I, élégie x.
6» Identy liv. 11^ élégie iv.
XXXIV Notice sur la vie
Schus charmantes, qu'on lira plus loin, et auxquelles notre prose ne veut pas enlever leur fleur de poésie. Ce bonheur dure sept ans *y presque une éternité, pour une époque qui ne se piquait pas plus de fidélité dans l'amour que dans le mariage. Après quoi, un autre nom, celui de Catilie, succède dans les vers de Bertin à celui d'Eucharis. Mais le souvenir de ces premières amours resta toujours profondément gravé dans le cœur de Bertin, et la mort d'Etuharis (1784)^ consumée par une maladie de langueur, lui coûta de véritables larmes :
...Dors en paix, ombre toujours chérie, D'un reproche jaloux ne crains plus la rigueur :
Ma haine s'est évanouie.
Tu fis, sept ans entiers, le bonheur de ma vie; C'est le seul souvenir qui reste dans mon cœur*.
Les premiers vers adressés à Eucharis avaient été un chant de triomphe et d'ivresse, éclatant en quelque sorte sans prélude; dans ceux dont Catilie est l'ohjét, la gradation se fait mieux sentir, Bertin y ressemble davantage à un gourmet qui savoure longuement le bonheur, ou plutôt le plaisir. Nous y trouvons quelques traits d'in-
I. Voyez les Amours, liv. II, élégie x, et liv. III, élégie zvi. On peut conclure d'un autre passage des Amours, liv. I, élégie vi, que la demeure d'Eucharis était sur les boulevards :
J*avançois cependant sous cet immense ombrage Qui couronne en jardins nos remparts orgueilleux S La maison d^Eucharis frappa bientôt ma vue,
a. Les Amours, liv. III., élégie xvx. Parny a célébré aussi, mais à titre d'ami seulement, cette charmante Eucharis^ qui
Ei les œuvres de Bertin, xxxv
têrieur paisible qui manquent aux amours d'Eucharis, dont V époux oblige à plus de mystères, Bertin nous fait assister aux soirées passées chez la mère de Catilie, entre sa maîtresse, dans toute la grâce naïve de ses seize ans, et une sœur ou plus jeune encore, ou moins séduisante peut-être :
Tu n'avois pas encor seize ans :
Les jeux seuls occupoient ta naïve ignorance, Tes plaisirs étoient purs et tes jeux innocents...
Te souvient- il de ces belles soirées Où dans le bois touffu nous respirions le frais ?
Entre ta sœur et ta mère égarées Mes mains savoient toujours rencontrer tes attraits ^
paraît avoir été une femme du monde accomplie. Voici les vers qu'il fit à l'occasion de sa mort :
ElU n'est déjà plus, ei de ses heureux jours Pat vu s'évanouir l'aurore passagère.
Ainsi s'éclipse pour toujours
Tout ce qui brille sur la terre.
Toi que son cceur connut, toi qui fis son bonheur ,
Amitié consolante et tendre.
De cet objet si. cher viens recueillir la cendre.
Loin d'un monde froid et trompeur Choisissons à sa tombe un abri solitaire ; Entourons de cyprès son urne funéraire.
Que la jeunesse en deuil y porte avec ses pleurs
Des roses à demi fanées ; Que les Grâces plus loin, tristes et consternées. S'enveloppent du voile emblème des douleurs. Représentons F Amour, l'Amour inconsolable.
Appuyé sur le monument; Ses pénibles soupirs s'échappent sourdement ; Ses pleurs ne coulent pas, le désespoir l'accable.
L'instant du bonheur est passé:
Fuyez, plaisirs bruyants, importune allégresse,
Eucharis ne nous a laissé Que la triste douceur de la pleurer sans cesse,