I. Les Amours, liv. III, élégie zii
Je tr^ne, bêlas l ma fortune incertaine
Aux champs de Mars et dans la cour des rois,
a. Ibid,, Hv. III, élégie xxiii.
j. Lettre au comte de Parny,
Et les œuvres de Bertin. xli
lièrent un seul instant cette mutuelle affection, et après avoir guidé les premiers pas de Pamy dans la carrière littéraire, après avoir applaudi à ses succès rivaux, Bertin pouvait écrire en toute conscience :
Cher Parny, tu le sais : rivaux et frères d'armes, Et dans tous les sentiers nous rencontrant toujours, Compagnons échappés aux fureurs de Neptune, Témoins de nos succès sans en être jaloux , Espoir, craintes, ennuis, plaisirs, gloire, fortune, Tout devint commun entre nous *.
Tandis qu'on comparait Pamy à Tibulle, dont on lui reconnaissait la tendresse, on rapprochait volontiers Bertin de Properce, dont on lui donnait le brillant coloris et les vives peintures. C'est là un parallèle auquel nous ne nous associerons pas, et à ceux qui reliront ces deux aimables poètes nous croyons que la note de-Vun ne paraîtra pas moins tendre que celle de l'autre. Dans sa trop courte notice sur Bertin, M. Goupil, son meilleur éditeur avec Boissonade, s'exprime ainsi : < Ses relations étaient choisies et son caractère aimable. Il eut un attachement pour son émule et compatriote Pamy, Quant aux succès, il dut en obtenir beaucoup avec ses pièces fugitives, ses lettres en vers, ses voyages en vers et en prose. Mais ses vrais titres à la gloire sont les trois livres d^ élégies qu'il a intitulés : les Amours. Comme la poésie en est brûlante! comme on y reconnaît l'amour, ses troubles, son ivresse, ses emportements, ses regrets! C'est que Bertin, pour écrire les Amours, n'a rien cherché que