Notice de Tédition de 1823, Paris, Didot, va-iC
2, Décade philosophique^ t. v, p. 3 $4.
Et les œuvres de Bertin, XLiii
de son beau-père, plaine de rArtibonite, près le quartier Saint-Marc, > Ainsi disparut ce poète aimable, dont le talent n* avait pas donné encore tout ce qu* il promettait, et dans les vers duquel on retrouve^ au milieu de défauts communs à son temps, bien des qualités qui Ven distinguent heureusement, et parfois un soin de la forme, un tour, uru élégance, une grâce qui rappellent André Chénier, non pas sans doute le Chénier de /'Aveugle et des ïambes^ mais du moins le chantre de Camille ^. >
Contemporain, ami et émule de Parny, Bertin lui fut souvent comparé, même de son vivant. Tout en faisant nos réserves sur ces parallèles où les qualités de Bertin, très différentes de celles de Parny, n* ont pas toujours été équitablement appréciées, notes reproduisons ici celui quen a fait Ginguenè,rami personnel, trop personnel du second. Ce parallèle est devenu comme le type de tous ceux qui suivirent : « Dans le cours d*une révolution de six ans, les lettres et les arts ont fait des pertes de tout genre. Ils en ont fait de très publiques et qui ont excité de vives douleurs,' ils en ont fait aussi de moins connues, et qui ne méritent pas moifts de regrets. Celle de Bertin, l'un de nos poètes les plus aimables, est de ce nombre. Il est mort loin.de la France, oit il avait chanté l'amour, et dans un autre hémisphère où. l'amour l'avait conduit,,. Lorsque Bertin publia ses Amours, un autre j'euru poète erotique,
i. On peut, entre autres pièces, rapprocher les élégies iv et XVI du livre I des Amours^ de celles d'André Chénier portant, dans l'éditioi) de M. Becq de Fouquières, Paris, Charpentier, 187a, in-18, les numéros xvm (p. a6o}, et v (p. .164), et les élégies i et x du livre II, des élégies xx (p. 268) et XV (p. 270).
Xliv Notice sur la vie
né comme lui à nie de Bourbon, s'était acquis un réputation méritée, avec laquelle il était devenu difficile de lutter, Parny, par un naturel rempli de grâce et de sensibilité, par des vers harmonieux, soignés et faciles, par une expression voluptueuse et délicate, avait détruit le fragile édifice des petites féeries de Dorât et de son école; il avait plu à tous les amis de la poésie et de la nature; il avait vivement intéressé ce sexe aimable pour lequel il semble principalement avoir écrit : toutes les femmes le savaient par cœur. On le nommait le Tibulle français, Bertin.inoins tendre, moins naturel, mais doué d'une imagination brillante, dut son succès à des peintures vives, à des descriptions riches et variées, à un style quelquefois privé de la mollesse aimable qui conxnent le mieux à ce genre, fnais pétillant dépensées et d'images; U parut ambitionner d'être nommé notre Properce *. >
En abordant la bibliographie de Bertin, une question se présente tout d'abord : Avant de publier, en 1780, la première édition des Amours, Bertin avait-il donné, dès 1 773> ^insi que l'affirme Ginguené, unpretnier Recueil de Poésies •? Comme Boissonade l'avait déjà fait en 1824,