‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 24 sur 85 · I. Décade philosophique, t. V, p · texte numérisé non relu

I. Décade philosophique, t. V, p

a. Voici le passage même de Ginguené : « Son premier recueil de Poésies parut en 1775 : elles étaient loin d'6tre le prélude, du succès qu'eurent les Elégies, en 1782. Ce dernier

Et les œuvres de Bertin, xlt

nous avons cherché ce prétendu Recueil, mais nos recherches ont été tout aussi vaines S ^t nous sommes très persuadés que Ginguené s'est trompé sur ce point, comme sur la date de la publication des Amours , quHl reporte à l'année 1782, alors qu'elle est de 1780. On peut croire aussi que, par le mot de Recueil , Ginguené entendait le recueil collectif de /'Almanach des Muses, dans lequel Bertin publia, en effet, des vers à partir de 1772. Enfin, il nous parait évident que, si Bertin avait véritablement donné en 1773 un premier volume de poésies, il l'aurait fondu, comme il a fait pour celui deijSo, dans l'édition qu'il publia en 1785 de ses œuvres complètes.

Cette question ainsi tranchée, nous dirons, avant d'entrer dans la description détaillée des diverses éditions de notre poète, que le texte original de ses poésies se trouve à quatre sources différentes : le recueil de l'Almanach des Muses, de 1772 à 1785; la première édition de 1780 des Amours, les éditions de 1777 et de 1778 ^» Voyage de Bourgogne et de /'Épître à M. Des Forges, et enfin l'édition de 1785 des Œuvres complètes, dans laquelle

recueil est resté, l'autre n'a laissé aucune trace. » Décade philosophique, t. v, p. 354.

I « Depuis Ginguené, dit Boissonade, tous ^es biographes parlent du recueil de 1773 ; mais il est douteux que tous aient pu le Toir. Pour nous, quelques soins que nous nous soyons donnés, et qu'ait bien voulu prendre, pour nous aider, un bibliographe aussi érudit que complaisant, et qui assurément est l'homme du monde le mieux placé pour ce genre de recherches, nous n'avons pu découvrir ce petit volume de 1771 « et ce que Ginguené ne disait que par une exagération de «tylo, se trouve vrai, à la lettre : « Il n'a laiisé aucune « trace. % (Notice sur Bertin, dans l'édition de 1894.)

XLVI Notice sur la vie

Bertin a réuni (à l* exception de quatre Centre elles), les diverses pièces, revues, corrigées et augmentées, qu'il avait précédemment publiées. Le texte que nous donnons de Bertin a été constitué, sauf pour les quatre pièces dont nous venons déparier, sur celui de l'édition de 1785, la dernière donnée par l'auteur. Nous avons indiqué à la table la date de toutes les pièces publiées séparément ou parues dans TAlmanach des Muses.

1780. — Les Amours, élégies, en trois livres, à Londres, I vol. in-8° de 130 pages.

Cette édition, sur papier vergé, est ornée à la fin de la plupart des élégies de fleurons, d'ailleurs fort médiocres. Le nombre de ces élégies est de 1$ pour le livre le, de 13 pour le II*, et de 14 pour le III", en tout 42 élégies. Le nom des destinataires y est désigné par des lettres initiales seulement : P pour les frères de Parny, et B pour le vicomte de Bourbon-Busset. L'exemplaire de la Bibliothèque nationale est catalogué Y $492. R-[-6i*

I777» — Voyage de Bourgogne à M, ***, à Tisle de Bourbon, et se trouve à Paris, rue Saint- Jacques, au-dessus de celle des Mathurins, à l'enseigne du Grand Corneille, in-8® de 28 pages.

Sur le titre se trouve un médaillon de P. Corneille, entouré de lauriers et avec cet exergue : Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée. Sur le verso du titre, on lit : « M*** (de Parny), était à l*isle de Bourbon, lorsque cette petite bagatelle lui fut adressée. » A la page 4, on trouve, se rattachant à ce passage : « Nous avons appareillé aujourd'hui de la rade du port Saint-Paul, » une note ainsi conçue : « j/ septembre 17^4, » et à la page 7, une seconde et dernière note relative à Gentil-Bernard : « 11 était secrétaire du cabinet de Choisy. 1 L'exemplaire de la Bibliothèque nationale porte le no Y. 5492 -\- o -|-a. Le Voyage de Bçurgogne a été réimprimé deux fois du vivant de l'auteur, une première fois dans le tome lu du Recueil amusant de Voyages, Paris, 1783J in- 12. et une seconde fois, plus correctement, dans l'édition des Œuvres

Et les œuvres de Berlin. XLVii

dt Btrtin de 178$. La Lettré au cfaevalier du Hautier, récit d'un voyage de fiertin au château d*Anet, a été publiée dans les Vçyages em FranUf Paris, 1798, in-i8, t. II, avec notes de M. de La Mésangére, et dans le Recueil amusant de Voyages, t. V.

1778. — Épître à M. Des Forges-Boiuher^ ancien gouverneur général des îles de France et de Bourbon chevalier de Tordre royal et militaire de Saint- Louis, commandeur de Tordre du Christ; par M. le chevalier de Bertin. A Tisle de Bourbon, et se trouve à Paris, chez les marchands de nouveautés, 1778, petit in-8® de 24 pages.

Le Journal de Paris rendit ainsi compte de cette épltre dans son numéro du 3 juin 1778, p. 613 : « M. le chevalier de Bertin est avantageusement connu par quelques jolies poésies fugitives, insérées dans plusieurs recueils et par le Voyage de Bourgogne, badinage très agréable, qui a paru, il y a environ un an, et qui a eu du succès. Cette épitre contribuera à justifier lies espérances que l'on a conçues de ce jeune auteur. Elle est presque entièrement consacrée à peindre la nature et ses productions dans nos iles de l'Amérique. M. Bertin est né dans ces climats ; son imagination l'y ramène... Il y a de la douceur et même du sentiment dans ces vers (Je vous revois..,),.. La marche de cette épltre est un peu lente, et le ton en est sérieux. Le talent de M. le chevalier de Bertin nous a paru plus marqué pour la poésie légère et enjouée. »

1785. — Œuvres de M, le chevalier de Bert**, publiées par Flins des Oliviers. Paris, Hardouin, 2 vol. in- 16.

Cette seconde édition originale contient, dans une première partie : les Amours, augmentés de onze élégies nouvelles, dont une dans le livre !•' (la II^), et dix dans le livre III (celles portant les numéros X, XII, XIII, XIV, XVI, XVII, XVIII, XX, XXI et XXII) en tout 5a élégies au lieu de 42; dans une seconde partie : le Voyage de Bourgogne, précédé de cet avertissement : « M. le chevalier de Parny étoit à l'Ile de Bourbon, lorsque cette petite bagatelle lui fut adressée. On l'imprima dans le temps sur une copie infidèle, et elle a reparu depuis dans les recueils également

XLViii Notice sur la vie

défigurée. On la donne id telle qn*elle a été enToyée A M. le che- ▼alier de Pamy» • et tontes les pièces que nous donnons dans notre édition, sous le titre de poésies diverses, à l'exception des quatre pièces réunies pour la première fois, en 1824, par Boissonade dans son édition de Bertin, et dont la première, qui figurait dans l'édition des Amours de 1780, avait été retranchée par Berlin lui-même dans cette édition de 1785, et les trois antres avaient été insérées dans VAlmanaeb des Musts,

1791. — Œuvres de M, le chevalier de BerHn, corrigées et augmentées, avec figure. Paris^ Gattey, au Palais- Royal. 2 vol. in- 16.

Jolie édition, imitation de celles de Cazin. Des deux frontispices dessinés par Moinet et gravés par Anselin, Tun représente à gauche le tombeau d*£ucharis, à droite un autel dédié à Gitilie, dont deux Amours alimentent la flamme ; l'autre un navire monté par les Amours.

1802. — Œuvres de M, le chevalier de BerHn, Paris, Lemarchand, place de FÉcole, en face le café Manoury, an x, 2 vol. in- 16.

Avec un Joli portrait de Bertin, de profil, regardant à droite, en habit militaire (Bovinet, Seulp.). Ce portrait, fait certainement d'après un original, a été reproduit dans l'édition de x8t8, et a inspiré celui de l'édition de 1823, qui en diflfère tant par l'expression du visage que par la pose qui est plutdt de trois quarts que de profil. L'édition de l'an X se remarque encore par une notice sur Bertin, découpée dans l'article publié ptr Oinguené, en X796, dans la Décade philosophique, t. V, p. 354. Quant au texte, elle reproduit l'édition de 1785.

1806. — Œuvres complètes de Bertin, édition stéréotype. Paris, Pillot, 2 vol. in- 16.

Imitation des éditions Guin. Même portrait que celui de l'anX.

181 2. — Œuvres complètes de Bertin. Paris, Duprat- Duverger, 2 vol. in- 18, impr. d'Andr. Egron,

Et les œuvres de Bertin. XLix

1818. "— Œuvres complètes de Bertin, Paris, de Pelafol, rue des grands Augustins, 2 vol. in-12.

Le portrait de Bertin (Bovinet, scuJp,), qui se trouve en tête du premier volume, ainsi que la notice sur Tauteur, sont les mêmes que dans l'édition de l*an X. Cette édition se distingue cependant de cette dernière par la gravure qui orne le deuxième volume (Garnerey, înv., Canu, fecit) et qui représente Bertin en uniforme militaire et couronnant de roses une jeune femme assise et coiffée d*un chapeau ; au bas sont ces vers :

Zirphi, je suis jalotiHc d'embellir ce que faime :

Couronnons ton chapeau de fleurs ;

Mais je veux les placer moi-mime :

Flore n'en viendra pas assortir les couleurs.

Cette édition a servi de type à Védition très médiocre, et sans portrait ni gravures, faisant partie de la Bibliothèque française, Paris, Ménard et Desenne fils, x vol. in-12.

1822. — Œuvres de Bertin, Paris, Ménard et Desenne, inri8 et in-12, papier fin et papier vélin, portrait avant la lettre.

1823. — Œuvres de Bertin, avec les passages imités des poètes latins. Paris, Brière, rue Saint- André des Arts, 2 vol. in- 16.

Édition très élégante, avec un joli portrait, en taille-douce (Desenne, dtl, — Le Comte). Bertin y est représenté en buste, le visage vu de trois quarts, en uniforme. Au bas figurent, comme attributs, une lyre et une épée. C'est la première où soient signalés les emprunts faits par Bertin aux poètes latins et où se trouvent plusieurs rapprochements avec les poèmes d*André Chénier. Cest la première aussi où le nom de Parny soit mis en toutes lettres à la tête des pièces qui leur sont dédiées. Elle se distingue encore par l'insertion de trois pièces {Aux TurcSy le Congé, Romance), parus dans VAlmanach des Muses de 177$, 1777 et 1778, mais omises dans Fédition originale de 1785 et dans celle de l'an X. Cette édiieien fut donnée par Goupil. Voici comment Boisaonade, dans son édition de 1824, rend hommage à celui qui l'avait précédé dans la recherche des passages des poètes latins traduits ou imités par Bertin : € Nous déclarons avec reconnaissance quç, dans cette

L Notice sur la vie

partie de ivotre travail, nous avons été aidés par les notes de Tédir tion qu*a publiée récemment un homme d*esprit et de goût» à qui la littérature ancienne est familière et qui récemment s*est fait connaître par un travail plus important. > Un tirage différent de la même édition porte sur le titre : Par'is. J. Didot, aine, 1823.

1824. — Œuvres complètes deBertin, notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vie. Paris, Roux-Dufort aîné, quai des Augustins, i vol.

in-8" de 366 pages.

Faisant face au titre se trouve une très jolie gravure en tatUe-

* douce (Desenne, deU — Blanchard, sculp.)^ représentant un jeune

berger, à demi couché dans une grotte, et serrant dans tes bras

une jeune fille dont la main gauche laisse échapper une lyre. An

bas, on lit ces vers :

Plus loin je vois la grotte fortunée

Où dans mes bras soumise^ abandonnée...

Cette édition, d'une exécution typographique très soignée, est surtout intéressante par un avertissement et par une notice sur Bertin (I-XIV) dus à la plume de Térudit Boissonade qui rédigea également les nombreuses notes qui s'y trouvent. On trouve à la fin, sous le titre d'Appendice, quatre pièces (le Clair de lune, édit. de 1780; xfttx Turcs, le Congé, Romance') que Bertin n'avait pas fait figurer dans son édition de 178$, mais dont les trois der« nières, parues dans VAlmanach des Muses de 1775, 1777 et 1778, avaient déjà été recueillies dans l'édition de 1823.

1825. — Œuvres de Bertin. Paris, Dabo-Butschert, stéréot. d'Herhan, i vol. in-i6.

Une notice sur l'auteur, signée P.-M.-M. Lepeintre, distingue seule cette édition, qui d'ailleurs est d'une très mauvaise exécution typographique.

1826. -7 Œuvres complètes de Bertin. Paris, Charles Froment, quai des Augustins, i vol. in-i6.

Même portrait que dans l'édition de 1823 (Brière), mais d'une planche un peu usée. Cette édition, qui ne contient ni notice, ni notes, donne les quatre pièces nouvelles publiées par Boissonade en 1824.

Et les œuvres de Beriin. li

1S26. — Œuvres complètes de Beriin, Paris, Lemoine^ Palais-Royal, à côté de l'ancienne Bourse, 2 vol. in-32 (Bibliothèque en miniature).

Sans portrait, sans notice, mais avec les passages des poètes latins en notes au bas des pages, et les quatre pièces données par Boissonade.

1829. — Œuvres complètes de Bertin, Paris, au bureau des éditeurs, rue Saint- Jacques, i vol. in- 16.

Avec une notice (1-8) non signée, mats d*ailleurs sans valeur, et reproduction des précédentes. Un deuxième tirage porte la même date de \%%^,

Nous ne terminerons pas cette notice sans dire un mot des espérances que nous avons conçues un instant d'obtenir quelques renseignements nouveaux sur Bertin, et même de découvrir de lui quelques œuvres inédites. Mis sur la trace c^un petit-neveu du poète, nous attendions beaucoup de cette heureuse rencontre. Malheureusement tout ce que put nous apprendre ce jeune parent du chantre d'Eucharis se borna à bien peu de choses. Nous sûmes de lui que Bertin avait eu une sosur, mariée à un M, Gros, colonel de cavalerie, et quatre frères dont l'un fut ceFr, de Bertin de Reaucourt, que nous canons vu nous même figurer dans les États militaires avec le grade de lieutenant au Régiment d'Austrasie,/a« de capitaine dans Royal-Dragon, et que M, Mazas, dans son Histoire de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, mentionne comme ayant reçu la croix après V affaire de la Praya, où, il avait été blessé en combattant sous le bailli de Suffren, Ce renseignement, qui ne nous rendait que plus cher le nom du poète, en t unissant en quelque sorte au souvenir de notre propre

LU Notice sur la vie de Bertia,

grandiOrt, J.-B. Asse du F/essù-Asse, qui prit part aussi à cette brillaïUe cantpagni de l'illustre marin dans lei mers de l'Inde, ce rtnseignement n'était malhatreusemeiU accontpagnè d'aucun détail, d'aucune autre date que celle du dicis de ce frère de Berlin, mort en 1849, à rUt de la Réunion, âgé de quatre-vingt-seize ans. Ce n'est pas non plus sans un profond regret que nous apprîmes que Berlin avait laissé un volume manuscrit de vers inédits, longtemps conservé par la famille, mais que, sorti, il y a quelques années, de sa possession, toute trace en avait été perdue depuis. C'est bien des manuscrits qu'on peut dire: 'RahODl sua fata MhtWi. Puisse du moins ce sort ri être pas irrévocable, et la personne gui a reOuilli les vers inidils de Berlin Us donner km fOur au public l

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