Yves-Marie-François Deamarets, comte de Maillebois
Les Amours, ^
Et vous, soutien du trône^ espoir de la patrie,
Mon protecteur, mon maître, auguste fils des rois ^,
Encouragez ma muse, et soutenez ma voix.
Je chante les jardins, et le dieu des campagnes.
Pan, qui jadis enfla des roseaux sous ses doigts,
Et, modulant des airs au penchant des montagnes.
Rassembla les mortels dispersés dans les bois.
C'est lui qui, le premier, au gland tombé des chênes
Fit succéder Folive et les dons des vergers,
La feuille alors couvrit l'asile des bergers.
Et le sol altéré but les sources prochaines.
Alors on maria la vigne au peuplier ;
Sous les pressoirs rougis des flots de vin coulèrent;
Le taureau sous le joug apprit à se plier.
Et sur un double essieu les chars pesants roulèrent.
Qui n'aimeroit les chaipps ? Aux champs règne la paix ;
On y trouve un ciel pur, des ombrages épais ;
De moissons dans Tété, de fruits mûrs dans l'automne,
De bouquets au printemps l'humble pré se couronne.
Les vrais plaisirs aux champs on^ fixé leur séjour :
On y craint plus les dieux, on y fait mieux l'amour.
fils da maréchal de ce nom, et de Marie-Emmanuelle d'Âligre, né le 8 août 171 5, lieutenant général du 10 mai 17489 mort à Liège le 14 décembre 1791. Par son mariage avec Marie- Madeleine-Catherine de Voyer de Paulmy d'Argenson, le II mars 1745, il était gendre du marquis d'Argenson, ministre des affaires étrangères. Sa liaison fort intime avec M™" de Cassini, sœur du poète Pezay, contribua beaucoup à la fortune politique de celui-ci.
I. Le comte d'Artois, dont Bertin était écuyer en 1777 et en 1778.
p8 Poésies de Bertin.
L'Amour même^ entouré de coursiers indociles, De troupeaux mugissants, dans un bocage est né. De myrte et de jasmin son berceau fut orné.
Le pressant dans leurs bras, les Nymphes trop faciles N'osoient point corriger un en&nt obstiné, Qui déjà nuit et jour s'abreuvoit de ses larmes. Cest là qu'en grandissant il essaya ses armes. Ses premiers traits, dit-on, se perdoient au hasard; Son arc et son carquois accabloient sa foiblesse. Ciel I qu'Amour a depuis profité dans cet art ! Je l'ai bien éprouvé. Malheur à ceux qu'il blesse ! Malheur même aux amants qu'il daigneroit flatter! C'est quand l'Amour sourit qu'il est à redouter. N'importe ! saisissons ses faveurs passagères. Hâtons-nous de jouir, caressons nos bergères, Livrons-nous à leur foi , mais sans trop y compter.
ÉLÉGIE VI