A MONSIEUR LE CHEVALIER DE PARNY
A TOI, mon camarade, en Afrique, à Cythère, Aux champs de Mars, au Pinde, ainsi que dans Paris ; Camarade enrfilé sous la triple baDniire Du dieu qui verse la lumiire, Et de Bellone et de Cypris ;
Libertin envoyé par notre aimable cour Chez les bons habitants de cette tle si chère',
Où, se suivant dans leur carritre, Nos deux astres amis ont commencé leur Cour,
I. L'He Bourbon, oii Parajr irriTa i la Sa de l'uiat ■pria avoir toochi mi Cip et il Rlo-Janelro. Voir d CEaircs de ce potle la lettre III.
i^Z Poésies de Bénin,
Pour tenir école d'amour, Pour leur prêcher la l>onne chère , Et leur apprendre quelque jour L'art de jouh*, .qu'ils ne connoissent guère. A bord d'un gros vaisseau qu'on nomme /e Volant, Qui cingle vers Melun et les côtes d'Auxerre, Au fond d'un antre obscur qu'un seul rayon éclaire, La gatté sur le front et l'œil étincelant, Je vais de tes amis tracer l'itinéraire.
Commençons par tremper notre plume légère Dans les flots écumeuz d'un nectar pétillant.
Nous avons appareillé aujourd'hui, à six heures du matin *, de la rade du port Saint-Paul, ton frère, M. de La G***, et moi. Nous avons avec nous le nègre Lazare, fripon suivant Varmèe, Nous faisons route pour la Bourgogne, où le plaisir de la chasse nous appelle. Je ne sais si la traversée sera longue, mais il vente bon frais :
Les zéph3n's ont enflé nos voiles frémissantes,
La rive friit à nos regards :
Le vaisseau vole et fend les ondes écumantes, £t déjà de Paris décroissent les remparts.
Si nous les perdons de vue, nous en sommes bien dédommagés par le spectacle charmant des bords de la Seine. Je ne connoîs point de plus agréable paysage; et, si j'avois mes crayons, je ne manquerois pas de le dessiner.
Là, c'est un fertile coteau Baigné des premiers pleurs de la naissante aurore,