I. Vallée entre Marly et Saint>Germain
Voyage de. Bourgogne, 183
mettent que la gloire. » Tout le monde alors se joignit à' moi, et Ton acheva de décider M"'» de ***, qui balançôit encore. Tout fut ordonné à Tinstant pour sa réception. La cérémonie se fit avec toute la pompe que lès circonstances permettoient. Le trône étoit préparé au fond d'une longue galerie, soutenue par des colonnes de verdure où s'entortilloit le chèvrefeuille. Nous crûmes entrer dans le temple même de la divinité que nous révérons. Lorsque chacun eut pris sa place, ton frère, chargé de faire en ton absence les fonctions de chancelier, donna l'accolade à la nouvelle chevalière; et je lui dis en lui remettant le thyrse et la couronne :
Le chancelier de la Caserne, Qu'on vit fleurir chez les Latins, Ovide, ainsi que le moderne.
Vous eût admise à ses festins ; Vous eussiez versé le falerne Aux plus aimables libertins.
Corinne, croyez-moi, dont vous prenez la place, Instruite par le dieu du goût, Paroissoit, avec moins de grâce.
Tout ignorer, en sachant tout. ^
Oui, vous reçûtes en partage Sa beauté, son esprit et son humeur volage, Ses talents enchanteurs et ses défauts plus doux : £Ue fut peut-être, entre nous, ' Pour les jeunes Romains plus facile et Aolns sage ; Mais voilà le seul avantage Qu'au parallèle on lui donne sur vous.
Je ne doute pas, mon cher ami, que ce petit événement ne soit pour toi un des plus intéressants de
184 Poésies de Bertin.
notre voyage. Je ne te parle point da banquet qui Ta suivi, et du feu d'artifice qui Fa couronné» Un feu d'artifice est peu de chose, surtout auprès de celui qui roule en ce moment sur nos têtes avec un fracas épouvantable. Le silence et Fobscurité de la nuit rendent encore plus horribles la lueur des éclairs et le bruit de la foudre. J'entends d'ici les cris de nos dames, qui, tremblantes dans leurs lits, conjurent les dieux d'épargner leur jeunesse et leurs grâces.
Ponr moi , que rien n'ébranle , et qui d'une fime égale R^arde les enfers et la barque fatale, Je t'écris en riant d'un style paresseux ;
Et peut-être par intervalle Un vers pur et facile étincelle en mes jeux.
• Cependant le vent redouble, et je crains bien qu'il ne nous empêche de reposer cette nuit. C'est un malheur, par exemple, contre lequel je me sens moins affermi, et dont je me consolerai plus difficilement. Je donne à tous les diables Éole, son outre, et les possédés qu'elle renferme.
Dans mon foyer l'un en grondant murmure, Tel que l'airain vomissant un boulet ; L'autre de loin me frisant le collet, En fifre aigu fait siffler ma serrure :
Le vent glacé, qui traîne les hivers.
Bat mes volets et fait trembler la vitre ; Le vent plus fier qui soulève les mers, Si j'abandonne un moment mon pupitre, En tournoyant emporte mon épttre, Et mes couplets, et ma prose, et mes vers.
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Tout cela m'avertit de Snir. Adieu, mon cher ami, reviens bien vite à la Caserne; et puisses<tu, dégoûté des voyages, n'en faire plus qu'un, mais éternel, de Paris à Feuillancour, et de Feuillancour à Paris !
Ils Dittront , ces paisibles jours , Jours cansaais ï la Paresse, Et dont la sœur de la Sagesse ; La molle Insouciance, embellira le cours !
Plus de clairons, ni de tambours, Dont le son ^euier nous éveille ; Plus de lestes brigands, aiu uniformes courts. Qui viennent au galop, le bonnet sur l'oreille, De nos vastes pîtés échancrer les contours, Et boire la liqueur vermeille Que nous avoua mise en bouteille Pour de plus Ëns gourmets que messieurs les Paiidours \
POESIES DIVERSES
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