‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 48 sur 85 · DUC DE MOUCHY · texte numérisé non relu

DUC DE MOUCHY

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Vous, qui des mains de la Tictoîre Tenez le sceptre des guerriers; Vous, dont les filles de Mémoire Au temple brillant de la Gloire

I. Philippe de Noaillei, coinl« de Noaillea, puj> duc de Moucbj, né le 7 décembre 171S, lecond fila du premier maréchal de Noaillei et de Françoiie d'Aubigné, maréchal lui-

ipo Poésies de Bertin,

Ont déjà placé les Tauriers;

Vous, que TAthénien volage,

Jadis, pour plus d'une raison,

£n fbule eût suivi chez Platon,

Au Portique, à l'Aréopage,

Et dans les champs de Marathon,

Recevez mon itinéraire.

Et souffrez qu'au sortir du bal,

Un très modeste volontaire.

Sous vous apprenant l'art de plaire.

Et l'art moins doux, mais nécessaire,

De combattre un peuple rival.

Ose d'une main téméraire

Attacher quelques brins de lierre

Sur le front de son général.

Dans ce frivole badinage, L'auteur n'a peint, selon l'usage.

Que la moitié de ses travers :

Sachez qu'au printemps de mon âge.

J'ai déjà fait plus d'un voyage, Qu un jour on lira dans mes vers.

Au ton mélodieux d'Horace Montant le luth d'Anacréon,

même le a^ mars 177% y mort sur Péchafand révolutionnaire, avec sa femme (Anne-CIaude-I«aurence d'Arpajon), le 24 juin 1794. Il s'était particulièrement distingué dans la retraite de Bohême et aux batailles de Dettingen, de Fontenoy, où il enfonça la colonne d'infanterie des Anglais, de Rocoux^ et lors de la conquête du Hanovre.

Poésies diverses.

Enflammé d'une noble audace, D'abord au sommet du Parnasse J'osai planter mon pavillon; £t là je marquai votre place .

Entre Mécène et Pollion.

Prenant mon caprice pour guide, Épris d'un maître plus charmant, Bientôt je quittai brusquement, Sans un seul mot de compliment.

Le dieu de Tonde Aganippi^e ; Et je crus que, d'un vol rapide.

Tour à tour un enfant de Mars Devoit du palais des beaux-arts Passer dans le temple de Gnide. '

Aux pieds des Amours demi-nus Je fis une courte prière, Et par des sentiers inconnus Fuyant l'empire de leur mère, Loin de Paphos et de Cythère, Je portai mes vœux ingénus Aux autels d'une autre Vénus, Plus touchante que la première.

Heureux cent fois qui la peindroit D'un crayon savant et fidèle I L'image à tous les yeux plairoit.

Et ne pourroit offenser qu'elle :

Mais dispensez-moi du portrait.

Vous qui connoissez le modèle !

I5P Poésies de Bertin,

Cest l'aimaUe divinité

Que l'essaim des Jeux environne.

Qui tempère par sa bonté

L'auguste éclat de sa couronne.

Et qui tiendrait de sa beauté

Le sceptre que son rang lui donne ^.

Sous ses auspices, à la cour.

Enfin j'ai borné sans retour

Ma course inquiète et volage :

J'abjure dans ces lieux charmants

Mes étemels égarements;

C'est mon dernier pèlerinage :

Ou si d'un paisible repos

BeUone vient troubler les charmes,

S'il faut ressaisir nos drapeaux.

Et dans le sang de nos rivaux

Venger la gloire de nos armes.

Daignez être mon conducteur.

Me voilà prêt pour ce voyage :

Formez mon docile courage ;

Et si l'indulgence d'un sage

Permet cet orgueil à mon cœur.

Jamais mon maître au champ d'honneur

Ne rougira de son ouvrage.

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