ÉfUre à M, de Pamy
Ei les œuvres de Bertin, xiii
camp M: de Chaisy,poùr lieutenant-colonel )àf, de Lardemelle, et dont les capitaines étaient, en 17^, le marquis de Chenevières, le chevalier de Comeiras, le baron de Maillé, MM, d!Elhée, de Marchais^ de Comier, Mahuet de Battainvillier et Du Hamel ^.
C'est vers la tnème époque, en 1772, que Bertin fit ses débuts poétiques, en publiant dans l'Almanach des Muses la jolie pièce Aux sauvages, où il fait bien plus la leçon aux élégants de Paris qu'aux naturels de r Amérique. Dans ces vers très mondains et très spirituels, il serait difficile de reconnaître l'écolier à peine échappé du coh lége du Plessis, Diyà y apparaît l'habitué des salons de Paris et de Versailles , le jeune officier passionné pour tous les plaisirs, fêté à la cour, à l'opéra et au régiment. Ses succès de société ne furent en ^et ni moins précoces ni moins briUanis que ses succès littéraires. • C'était l'époque otifleurissait l'école de Dorât et du marquis de Pezay; le premier, capitaine au régiment d'Artois, le second, poussé, un peu pour lui-même, beaucoup pour sa soeur, la jolie et galante comtesse de Cassini,par te Hèutenant général comte de Maillebois, et qui fut même un moment en passe de devenir ministre de la guerre. La poésie légère et galante portait volontiers à cette époque le casque de dragon ou le bonnet de hussard, et TAlmanach des Muses, entre 1770 et 1785^ est comme une seconde édition de TÉtat militaire de la France. Parmi les nouveaux noms faisant alors leur apparition dans les lettres, combien appartiennent à V armée I C'est
I. Èiai militaire de la France pour Vannée 1780, Paris, Onfroy, 1780, p. 411^
XIV Notice sur la vie
BouffUrs, colonel du riment de Chartres; Laclos, capitaine et artillerie au régiment de Toul, qui écrit des vers A la mort, et un conte, le Bon Choix, en attendant qu'il publie, en 1782, les Liaisons dangereuses; le chevalier de Bonnardf capitaine au régiment d'Artois; Ginguené, lieutenant au régiment de Provence; de Pomereuil, officier et artillerie; le comte de Nigris Clermant-Lodève; le chevalier de Bock, lieutenant aux hussards d'Esterhazy, traducteur des Aventures du baron de Trenck; le vicomte de Bourhon-Busset, capitaine dans Colonel- Grénéral; le marquis de Brazais, capitaine dans Dauphin- Cavalerie, le chevalier de Pange, sous-lieutenant aux chevaU'légers; le chevalier de Lezay-Marnesia, major au régiment de Custines; Camot, Carnot lui-même, le futur membre du Comité de salut public, ingénieur ordinaire dans le corps du génie; enfin, André Chènier, un instant cadet-gentilhomme au régiment (f infanterie dtAngoumois,
Bertin courut la triple carrière des armes, des lettres et des plaisirs. Lui-même nous en fait Vaoeu avec tant de bonne grâce, qu'on ne songe pas à l'attribuer à la fatuité, un des grands défauts de ses contemporains.
Au Pinde et chez les rois, dans les camps, à Cythère, J'osai me montrer tour à tour :
Sincère et timide à la cour, J'eus pourtant le bonheur de n'y pas trop déplaire. En amitié fidèle, encor plus qu'en amour, Tout ce qu'aima mon cœur, il l'aima plus d'un jour.
Lorsque j'entrai dans la carrière, On caressa ma muse ; on daigna l'accueillir.
Comme on accueille en France une jeune étrangère. Qui d'un lointain climat dans nos murs vient s'ofl^.
Et les œuvres de Bertin. xy
Le diantre de Ferney, sous son toit solitaire, Voyoit alors l'Europe à grands flots accourir :
Hélas! j'ai peu connu Voltaire, Je l'ai vu seulement triompher et mourir.
Mais Dorât, mais Bonnard, mais cette foule aimable De convives joyeux et d'esprits délicats Me rechercha longtemps : je leur versois à table Les rubis du pomar et l'ambre des muscats *.
Ce portrait, que la mention de Voltaire et de ses derniers triomphes date de 1775 ou environ, n* était pas trop flatté. Le succès des premiers vers deBerUn dans l'Aimanach des Muses avait été très grand, et la publication de son recueil des Amours, en 1780, ru fit que le confirmer. C'est à ce succès, autant qu'à un caractère aimable, à un esprit vif et charmant, à une âme tendre et dévouée, qu'il faut attribuer l'amitié qui le lia bientôt avec Dorât, alors dans tout l'éclat de sa fragile renommée; avec ce charmant chevalier de Bonnard, qui, sous les apparences d'un épicurien, cachait les plus solides qualités du coeur et de tesprit, et que le duc (t Orléans devait donner pour gouverneur à ses enfants; avec le duc de Nivernais, ce dernier héritier de Mazarin, dont les fables faisaient alors les délices des séances académiques; avec Delille, que sa traduction des Géorgiques (1769) avait placé du premier coup parmi les poètes les plus renommés; avec le vicomte de Bourbon-Busset, le comte de MaUUbois, qu'il connut sans doute par le marquis de Pezay, et le chevalier du Hautier, ce serviteur, ou plutôt cet ami de l' excellent duc de Penthièvre, à la cour duquel, soit à Sceaux, soit à