‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 62 sur 85 · LE CHEVALIER DE PARNY · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE PARNY

Ver&iailles, ce 4 juin 1776.

AUDIT enchanteur que vous êtes !

Qui vous demande, en vers heureux, Le récit de ce que vous faites Dans vos bosquets délicieux, Aux bords du ruisseau tortueux Qu'on voit par des routes secrètes Abandonner la Marne et son lit amoureux, Pour arroser vos paisibles retraites?

Pourquoi des beaux jours que je perds Occupez-vous ma rêverie?

Vos plaisirs et vos jolis vers Me font mourir de jalousie.

Je n'ai pas de peine à me figurer, mon cher ami, combien le séjour d'Ozotier * doit être agréable en ce

I. Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne) , arrondissement de Melun, canton de Tournan, près la forêt d'Armainvillers.

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moment^ et ta muse pouvoit s'épargner le soin d'augmenter mes regrets. J'aurois bien voulu me joindre à votre petite caravane, et prendre de tous vos amusements, dans ce voyage, la part qui m'étoit destinée : mais il m'a été impossible d'abandonner Versailles ; il m'a été impossible de m'éloigner de mon prince, qui nous est encore plus cher depuis que nous avons tremblé pour ses jours ^

Ce demi-dieu convalescent,

Paré des grâces du bel âge,

Dans sa foiblesse intéressant, Ressemble au lis courbé, qui lève, après l'orage. Un front plus radieux vers un ciel sans nuage, £t se balance au gré d'un zéph3rr caressant.

Qui n'aimeroit mon maître, au pied même du trône Dédaignant l'appareil qui suit la majesté.

Et. rassurant par sa bonté Ceux que trouble, à ses yeux, l'éclat qui l'environne ? Des talents qu'il promet, et des vertus qu'il donne.

On dit que l'Olympe surpris.

Déjà lui tresse une couronne

Du laurier sanglant de Bellone

I. Le 13 juin ijjOy Marie-Antoiuette écrivait de Marlyàsa mère : « Nous Tenons d'être bien inquiets pour le comte d'Artois. Sa rougeole, qui s'est déclarée dès jeudi matin, nous a fait établir ici samedi. Il a été plus mal qu'on ne l'est d'ordinaire ; sa toux a été si forte qu'il a craché un peu de sang ; le mal de tête très violent, et une fièvre assez considérable a fait craindre qu'il ne fût en dan§er. Tous ces accidents ont cessé depuis hier ; il est à la veille de la convalescence qui exigera bien des ménagements. » Correspondance secrète entre Marie-Thérèse et le comte de Mercy-Argenteau, publiée par MM. d'Ârneth et Ge£froy, 1874, t. II, p. 45a.

Z'^z Poésies de Bertin,

Et du myrte cher à Cypris.

L'Oljrmpe, en le formant juste, aimable, intrépide, Se plut à l'enrichir de ses dons réunis ; Et dans le beau corps d'Adonis Il plaça le grand cœur d'Alcide.

D'ailleurs, mon cher ami, si deux divinités m'appellent sur les rives de la Marne, deux divinités me retiennent ici, deux divinités aussi jeunes, aussi aimables que les premières, et dignes en tout de s'associer avec elles sous les frais ombrages d'Armainvillers *. Je vais essayer de te les faire connoître; mais je désespère d'en faire une peinture aussi gracieuse que la tienne, quoique le modèle soit absolument le même.

Pleine de raison, de folie.

Et de tristesse et d'enjouement,

L'une à son naturel charmant

Sait mêler fort ingénument

Quelques grains de coquetterie ;

Raisonne avec étourderie,

Et déraisonne gravement ;

Confond dans sa tête jolie

La Perse et l'empire Ottoman,

La profane mythologie

Avec le Nouveau Testament ; Et parant son babil des grâces de Thalie, Platt, on ne saft pourquoi, platt, on sait trop comment !

L'autre, affligée de vingt ans, qu'elle ne veut pas seulement prenj^re la peine de compter, assemblage

I. ArmainviUers (Seine-et-Marne), commune et Gretz. Le chftteau actuel appartient à la duchesse de La Rockefoucauftd- DoadeauviUe.

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inouï d'insouciance et de sensibilité, et à qui l'on pourroit reprocher trop peu de prétention, par ce défaut-là même est aussi sûre de plaire.

De son esprit le charme inconcevable.

Se sent très bien, et ne peut s'exprimer; Mais ce qui plus vous invite à l'aimer, C'est sa paresse d'être aimable.

Voilà, je crois, messieurs, des raisons assez bonnes, et j'espère que vous ne me ferez plus un crime de ne vous avoir point suivis. Vous pouviez vous épargner ce déluge d'imprécations en vers et en prose, dont votre lettre est remplie, car Dieu en est grandement offensé; et, si c'est un honneur pour moi, vous conviendrez que je ne le méritois guère. Tirai vous joindre dès que je le pourrai; mais, je vous en prie, ne me portez pas de si fréquentes rasades avec ce vin d'Aï, dont je ne trouverai pas une seule bouteille, si vous écoutez vos accès d'amitié pour moi.

Et quel est ce nouveau système De vider à ma gloire un quartaut si vanté ?

Mes amis, de ce zèle extrême

Je vous dispense, en vérité.

Depuis huit jours entiers qu'à table ainsi l'on m'aime,

Je ne m'en suis pas mieux porté :

L'A! ne tourne à ma santé,

Qu'autant que je le bois moi-même.

Adieu, mon cher TibuUe; n'oublie pas de me mettre aux pieds des deux charmantes déesses qui ont du moins l'avantage d'être célébrées par un chantre digne

PiJiSLds de Bertiit,

(feile&. Mille et mille choses agrésbfies à Totre sezgneor

l'hnmiaîn, E me tarde bien, je te jnre, <f entbnis%r, tooT à tDor et i îa. nais» toi et ton fràre, et ton frère et toL Je sois dnur^ de tous présenter à tons deux les complimenta dn pins poli, dn pins sntple, et dn plos obligeant cfes homines*,

Semanc air xuut étude aride Les &urs de la belle saàsatu Et nieîant xax leçons cfEacIîde Les ^ecs de Virgile ec cf CHide^ En les conplets «f Anacréon.

XoQS partons jeudi pour Uarlj^ oà }q restoai jusqu'au premier du mois prochain ; et le soîr dn même joor, TOUS me Terrez paroître à Ozoôer.

J vrxL jirsi sous Fabn sohtaîre

Des BxjTtcs uTiî^ <KS umimiiners fiennsv

Menant Silène et ht bande légère

Des dieux jcnffins cm rcstrâent dans ParîSf

Le thyrse en main, le ânont ceint cf un beau lierre.

Courir tos bc?îs ébranla par nos cris»

Et des festins tous disputer le prix.

Assis à table entre Horace et Glycèrei

I. Bocsacoaie pease «^îl s'a^t krt du dterafier de Boonari, et, ai e^t, le portrait loi ressemble beancoop.

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