SUR UN VOYAGE
Qu il projetait de faire en Italie.
TU les verras, ces superbes remparts, Trône immortel de l'antique Ausonie, Ce ciel heureux propice à l'harmonie, Au goût des vers, aux talents, aux beaux-arts, Ces monuments et ces marbres épars.
Où des Romains respire le génie, Et la grandeur du second des Césars !
J'admire sur tes pas ces ruines fatales.
Ces temples écroulés, ces combles entr'ou verts, Ce théâtre où Mécène eût applaudi tes vers.
Et du fier Agrippa les voûtes triomphales.
Là, Bru tus, au sénat, poignardoit un tyran; Là, respiroit Titus, l'amour de l'Italie; Là, Jupiter tonooit au Vatican ;
3}6 Poésies de Berlin.
Là, fut surpris Ovide avec Julie.
Volons au champ de Mars, au cirque plus vanté ; Volons aux jeux guerriers inventés dans la Grèce :
Je vois une ardente jeunesse.
Qu'indigne son oisiveté, Presser les flancs poudrei Déployer, en luttant, sa Et disputer, aux yeux d' Le prix de la valeur, et i Oh ! que ne suis-je assis Au fond de ces jardins ai Où ta muse autrefois, so
indompté,
ne fiëre maîtresse, m de la beauté, u bois de Lucrétile, profane inconnus,
de Virgile
Dans ses vers si touchants, pure, simple et facile. Fit couler tant de pleurs au nom de Marcellus ! Cascades de Tibur, ombrages d'Albunée, Qui vous voit, malgré lui, doit chanter ses amours! Dans votre enceinte fortunée.
On dit qu'au déclin des beaux jours L'ombre d'Horace, encor de roses couronnée, Suit toujours Lalagé qui s'échappe toujours.