‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 75 sur 85 · A MADAME LA MARQUISE DE · texte numérisé non relu

A MADAME LA MARQUISE DE

Qui m*imnonçoit un nouveau fecueil <f élégies, en trois livres, intitulé : les Amours.

IL est des Amours à Paphos, Et de tout rang et de tout âge :

Chacun a ses traits, son langage; Ils sont tous frères et rivaux.

Il est des Amours volontaires Qu'irritent les plus doux liens :

A vos pieds vous n'en trouvez guères ; Mais, interrogez les bergères, Le monde est plein de ces vauriens.

Il est des Amours plus sincères.

Trahis par des beautés légères, Et nourris de larmes amères; Dans ce nombre ont paru les miens.

Leur front ingénu trouva grâce Auprès de quelques beaux esprits;

270 Poésies de Bertin.

Mais vous m'apprenez qu'à Paris

D'heureux cadets prennent la place

De ces aînés que je chéris.

Et que des rives d« Cythère

Un prêtre de la même loi

Vient, plus jeune et plus sûr de plaire,

Me prouver qu'on pouvoit mieux faire.

Hélas I qui le sait mieux que moi ?

Adieu la brillante couronne

Que vos mains daignoient me tresser!

Le Pinde à mon rival la donne;

Aux pieds. du chantre de Sulmone,

C'est lui que vous devez placer.

Par sa muse aimable et frivole

Que je me sens humilié I

C'est un malheur d'être oublié ;

Mais il faut que je m'en console.

Je n'irai point me dépiter

Pour un semblable badinage.

Ni très sottement disputer

L'honneur d'un si frêle avantage;

Car, si vous n'êtes leur appui,

Zulmé, quel sera le partage

Des vers qu'on m'oppose aujourd'hui?

Ils verront deux soleils peut'-être ;

J'en connois qui vivront toujours ;

Et les véritables Amours

Sont ceux que vous aurez fait naître.

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