I. Épilogue
Ei les auvres de Bertin. xvii
Bertin, nous te retrouvons du moins dans celles de son ami, le chevalier de Bonnard, Dans le portrait qu'ils en ont tracé, dix ans avant l'èpoçue oit nous sommes arrivés, les Mémoires de Bachaumont le représentent ainsi :
« C'est un jeune homme de trente-cinq ans qui, après avoir fait de bonnes études, s'est jeté dans le monde j il y a réussi par une figure agréable, par un esprit aisé,briilant et facile, et surtout par un talent supérieur sur le violon. Il a longtemps fait les délices de la société. »
En 1775/ Chabanon était encore très en vue. Riche et hospitalier, il recevait, soit dans son salon de Paris, soit dans sa jolie propriété de Verhery, les écrivains et les artistes en renom que nous pourrions appeler la colonie créole du temps, laquelle comptait parmi ses membres le toète Léonard, né à la Martinique; le chevalier de Saint- Georges; Chabanon de Maugris , frère de l'académicien; de Gouy d'Arsy; la vicomtesse de Castellane, etc. Cette dernière appartenait à une riche et aristocratique famille de Saint-Domingue, les Foumier de Bellevue. Alliée aux Mirabeau, et bailleurs , femme aussi aimable que ^rituelle et instruite, elle réunissait, soit à Paris, soit à son château des Pressoirs du Roi^ sur la rive droite de la Seine, en face de Thomery, une société des plus choisies, où Von peut croire que Bertin fut fort apprécié.
Les succès de cour de notre auteur nous sont attestés par le titre étécuyer de M, le comte d'Artois, dont nous le voyons revêtu dès 1777. En cette qualité, Bertin dut prendre part à ces fêtes brillantes qui marquèrent le commencement enchanté de ce nouveau règne qui semblait s'ouvrir sous de si heureux au^nces. Admirateur
XVIII Notice sur la pie
respectueux de Marie-Antoinette, il chanta lesyardins de JVianon, créés et embellis par elle.
J'ai vu ce désert enchanté Dont le goût même a tracé la peinture :
J'ai vu ce jardin si vanté Où l'art en l'imitant surpasse la nature.
O Trianon , puissiez-vous des hivers Ne ressentir jamais les glaces rigoureuses K
Si la douleur de voir vendre cette propriété de famille dont nous avons parlé plus haut, et que sa dissipation, plus peut-être encore que les revers de fortune de sa famille, avait compromise, lui fut épargnée, ce fui par la bienveillante intervention du comte d'Artois, et même de la reine. Ce sont là ks dieux que Bertin remercie dans une de ses élégies.
Je n'ai fait que nommer les dieux, Et soudain je les vis des cieux, Sans cortège, à ma voix descendre.
« C'est trop , ont-ils dit , l'éprouver.
Rendons-lui ses grottes chéries,
Son lac, ses riantes prairies.
Ses bois, ses vignes, ses moissons < ».
Et ailleurs, ne désigne-t-il pas très clairement Marie- Antoinette dans ces vers :
Elle a tant pris de soin de combler mes désirs 1 Qu'on prévienne les siens, qu'on charme ses loisinf