A MADEMOISELLE
Vergine, dolce e pia.
(Petrauca)
Terre d'exil funeste et sombre, Où, quand le soleil est brillant, L'image du pays absent Vient toujours projeter une ombre.
Terre où le dôme de la nuit N'a qu'une étoile, l'Espérance, Sois douce à la fille de France, Qui loin de sa mère languit.
Tendre fleur, près du trône éclose, L'orage a voulu la flétrir!
Qu'a-t-elle donc fait pour souffrir ?
Quel est le crime de la rose?
Ne la plaignez pas ; le Seigneur Aux rois qu'a frappés sa colère A laissé cette enfant si chère Pour leur adoucir le malheur.
Noble et charmante jeune fille, Accomplissez votre destin; Comme l'étoile du matin, Rayonnez sur votre famille.
Au front blanchi de votre aïeul Le tonnerre a laissé sa trace ; Que votre sourire l'efface Et jette une fleur sur son deuil!
S'il meurt sur la terre étrangère, Qu'il trouve au moins dans votre amour Des larmes pour son dernier jour, Et pour sa tombe une prière !
La prière est aimée au Ciel, Quand des lèvres de l'innocence, Comme un parfum, elle s'élance Jusqu'au trône de l'Éternel.
Ange exilé de la patrie,
Que nous chérissons à genoux,
Douce vierge, priez pour nous, Afin que Dieu plustôt sourie.
Priez pour ceux que vos malheurs Ont trouvés tristes et fidèles, Et qui, loin des grandeurs nouvelles, Gardent votre nom dans leurs cœurs.
Priez pour ceux dont la misère Vous a dû des jours plus heureux; En invoquant le Ciel pour eux, Vous vous montrez encor leur mère.
Surtout pour le prince chéri Dont la vie est notre espérance, Faites des vœux, fille de France, Louise, priez pour Henri !