SCENE IX
BARBERIN; HENRIETTE, apportant des bougies et une lettre.
C'est vous, Henriette ?
HENRIETTE
Je vous apporte de la lumière, et une lettre que j'avais oublié de vous remettre.
BARBERÏN.
Une lettre... donnez... (Henriette pose les bougies sur la
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table, et sort.) Strasbourg!... c'est de Borel... ma main hésite malgré moi ; je ferais mieux de ne pas ouvrir cette lettre qui peut-être va confirmer les paroles de Guerland, et me dire encore qu'avant de- me connaître , Valérie en a aimé un autre. Si je suis tué demain, qu'au moins, en mourant, j'emporte la pensée que celle pour laquelle je me bats, fut toujours pure et sans reproche.* Brûlons cette lettre ; pourtant , c'est une faiblesse ! Un homme ne doit pas plus reculer devant la vérité que devant le fer de l'ennemi ! Lisons :
« Mon cher Barberin, votre lettre m'a causé une im- « pression bien pénible, en me rappelant le déplorable « duel qui me priva, il y a deux ans, d'un de mes meil- « leurs amis. J'avais juré de garder le plus profond si- « lence sur ce fatal événement, et malgré mon amitié « pour vous, je vous refuserais les renseignements que « vous me demandez, s'il ne s'agissait pas de votre sort, « et du bonheur de votre vie. Vous êtes, me dites-vous, « sur le point d'épouser madame de Valdaunaie. Ce mot « me dicte mon devoir. Je crois, sans manquer à mon « serment, pouvoir vous révéler un secret qui intéresse « la famille dans laquelle vous allez entrer... Apprenez « que madame de Valdaunaie... » (On frappe à la porte du fond ; elle s^ouvre. Guerland paraît suivi de deux officiers. Barberin a refermé la lettre, et l'a mise dans sa poche.)
MADAME I>E VALDAUNA1E. 2 99