UN VOLCAN DBS ANTILLES M
L'haleine devient courte, on se traîne harassé ,
On s'assied sur la mousse, épuisé de fatigue I
J'admirais les grands pas de l'africain géant; Cet homme avait des pieds à franchir l'océan; Il semblait se complaire aux obstacles sans nombre. Nous avancions toujours, nous n'arrivions jamais; Les arbres se changeaient en arbustes sans ombre 1 ; Mais un parfum de soufre annonce les sommets; Le grand cône est à pic; il n'a point de branchages ; Les mains ont, pour s'aider, des ananas sauvages ; L'aride mont s'anime à leurs rouges plumets.
Le ciel est noir, la brume enveloppe l'espace, Et l'œil, sans horizon, du sentier perd la trace.
Nous reprenons le souffle à moitié du versant; Mais le spectacle change ; il est éblouissant ! Un rayon d'or découvre une étendue immense De campagne et de mer, dans leur magnificence. Maître l j'étais muet en face du tableau ; Mes yeux étaient fixés sur la terre et sur l'eau 1 A côté des forêts se déploient les savanes ; A des cafiers succède un océan de cannes ; Des cases se groupaient aux habitations ; Mille couleurs jouaient dans les plantations;
Les mornes dessinaient leurs pentes successives;
1 A mesure qu'on approche du volcan les arbres deviennent rabougris et puis la végétation disparaît à peu près complètement.
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15» tHVH IU*UX loélmOrt tonjmU'rt si» iviumvollis
(■luu|UOî»tMn Tuimoh 4oh ilolu'ia ^uumnoello ; liVtUuVo eut ooustivUt -iVoli\trt tumultueux ; Vlua le tnUleftu ^rniuUix plu h il est monstrueux ; l«u monh^ne jaumU ne pmw\ lu vovto robe, Dont aVmbeUU «Meurt» ta auvfhee du globe*
On ae sent isolé snv eo phu» m désert»
Dans eetto solitude, o\\ nMmb * grammes Oi\ Voimifttm tu plaint» ou le tetm vésonno^. Mon Anus tout émue, éeowto. <v <>neort ; Puis le trouble* un moment, *o * *slpoet aWaeei 1 /esprit, dana le daugor» aime A \ lisor randaee; de vendrais pénétrer daua le noir <i terrain» Un sonder tour u tour rtmrreur et mystère \ Tout A eonp, m\u mes pteîla» tressa* oie terrain* Je \%e éruptions et tremblements de twI»»»
Mais le soleil déelino a VhorUon des mer »
Et ttlumftfi eu tapis (Vor son Ht do, flot* am *s »
140 FLKUHS VUS ANTILLES
C'est l'heure du retour... Adieu, sombre montagne, Que la tristesse emplit, que l'horreur accompagne, Si jamais, las de tout, du monde, des humains, Misanthrope inquiet, j'avais soif do silence, J'irais chercher en toi la solitude immense!... Sentir que rien n'enchaîne et son ame et ses mains; S'enivrer à loisir de liberté sauvage ; Parmi les rochers noirs s'égarer à grands pas ;
Confier aux échos un libre et fier langage,
Quel bonheur! L'homme est loin, l'homme ne m'entend pa
Je pourrais me plonger tout entier dans mes songes,
Ouïr le bruit du vent et non plus des mensonges;
Choisir, au dernier jour, l'abîme pour tombeau ;
Et dormir ignoré sous cet âpre plateau). , .
C'est l'heure du retour... nous glissons sur la pente De l'onduleux sentier qui court et qui serpente ; Nous voici sous ton ombre imposante forêt !.. . L'astre éclatant du jour, par degré disparaît ; Mais avant de s'éteindre, il brille, il étincelle ; Sur la mobile branche un doux rayon ruisselle, Et l'arbre s'enveloppe en un feuillage d'or ; A travers les rameaux, d'éblouissantes gerbes, Animent tour à tour les Hanss, les herbes; La vive clarté meurt, sçintille et meurt encor;
Longtemps ombre et soleil se disputent la place ; L'ombre victorieuse est reine de l'espace ; Déjà tintent les cris des insectes du soir; Déjà la mouche à feu bourdonne, ouvre son aile;