UN VOLCAN DES ANTILLES H
Dans le sein des forêts, c'est l'heuro solennelle!... Faut-il rester debout, s'agenouiller, s'asseoir?... Do vive émotion m'emplissent ces colosses !... A genoux !... Le spectacle est grand, religieux ! Caraïbe, Africain, qui dormez dans les fosses, Ce tableau gigantesque avait frappé vos yeux t Ces géants vous semblaient animés par des charmes ; Leurs refrains éternels vous pénétraient d'alarmes !.. De la création, il faut bénir le roi t Son œuvre doit surprendre et non causer l'effroi ! Vieille forêt, où peut remonter ta naissance?... Sans doute h l'âge d'or, a l'âge d'innocence; Tout parait vierge en toi : ta grandeur» ta beauté ; Le chant de tes oiseaux, et ta fécondité ; Tu vis, sur l'horizon, percer brillante et vive, J^a première clarté de l'aube primitive ; Elle vint t'embellir d'un beau scintillement ; Sur ton front s'étondit le premier firmament; Tu sentis la fraîcheur de la première source, Murmurant à tes pieds, bondissant dans sa course ; Jeune dans le présent, comme dans le passé, Ton éclat d'autrefois ne s'est point effacé; Ta sainte majesté toujours se renouvelle; L'homme à ton aspect songe; en toi Dieu se révèle!.
.Sous la voûte soudain retentit une voix ; Les sonores échos répondent dans le bois ; Je frissonne un instant... c'était la voix du guide; Je repris le sentier, d'une marche rapide ;
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L'esprit moins absorbé, je me sentis plus seul ; La forêt m'enlaçait d'un immense linceul ; J'aspirais haletant l'air tiède du tropique ; La lune se levait triste et mélancolique ; Et ses pâles reflets, par franges Rallongeant, Etendaient sur chaque arbre une écharpe d'argent. Je rejoignis la troupe aux abords de la case ; On brûle d'arriver, souhaitant le repos :
Nous étions au départ si joyeux, si dispos ; Mais la galté s'enfuit, et la fatigue écrase, A travers le sommeil je vis forêts, volcans!... 4| Vous me suivez partout, 6 souvenirs si grands ! ' Vous eussiez inspiré de plus dignes poètes ! Pour vous rendre il fallait d'illustres interprètes ! . . . | Pans mes faibles doigts, maître, a tremblé le pinceau ; I Oubliez le crayon; admirez le tableau!... %
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