MON NAV1HK
11 était petit, mon navire, Mais comme il courait sur les flots ; Il se sentait sur son empire, Il eût vogué sans matelots.
Comme il traçait un long sillage, Où l'or s'unissait à l'argent ; L'écume était comme un plumage Pour ce beau cygne voltigeant.
Comme ses voiles, avec grâce, À toutes les brises s'ouvraient ;
Dans là transparente surface, Comme ses grands mâts se miraient.
FLEURS DKS ANTILUiS
Dans sa légère brigantino, Se jouait Je tiède zéphyr, Avec la teinte purpurine D'un soleil richo de saphir .
Au caprice des lames bleues, Il se berçait ; sous son beaupré, Les poissons agitant leurs queues, Argontaient le flot empourpré.
Le soir, aux reflets des étoiles, Sur le firmament, dans les flots; Ses mats, ses cordages, ses voiles, Chantaient avec ses matelots.
La mer mêlait son harmonie A ces chants dont j'étais frappé, Kt d'une tristesse infinie Je me sentais enveloppé.
Il poursuivait toujours sa route Dans le phosphore étincelant ; Du ciel il menaçait la voûte Avec ses ailes de goéland.
Il semblait dire aux mers profondes :
« Je ne crains point vos coups pervers Sous moi si vous ouvrez vos ondes, Je m'orivolerai dans les airs. »