‹ PoésiesChapitre 148 sur 189 · SPIRITUELLES · texte numérisé non relu

SPIRITUELLES

Louez Dieu par tonte la terre,

Non pour la crainte du tonnerre

Dont il menace les humains , Mais pour ce que sa gloire en merveilles abonde, Et que tant de beautés qui reluisent au monde

Sont des ouvrages de ses mains.

Sa providence libérale

Est une source générale

Toujours prête à nous arroser.

L'Aurore et l'Occident s'abreuvent en sa course; On y puise en Afrique, on y puise sous l'Ourse;

Et rien ne la peut épuiser.

N'est-ce pas lui qui fait aux ondes Germer les semences fécondes D'un nombre infini de poissons; Qui peuple de troupeaux les bois et les montagnes

Donne aux prés la verdure, et couvre les campagnes De vendanges et de moissons ?

11 est bien dur à sa justice

De voir l'impudente malice

Dont nous l'offensons chaque jour; Mais, comme notre père, il excuse nos crimes, Et même ses courroux , tant soient-ils légitimes ,

Sont des marques de son amour.

Nos affections passagères,

Tenant de nos humeurs légères ,

Se font vieilles en un moment ; Quelque nouveau désir comme un vent les emporte : La sienne, toujours ferme et toujours d'une sorte,

Se conserve éternellement.

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