‹ PoésiesChapitre 162 sur 189 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Laisse-les espérer, laisse-les entreprendre. Il suffit que ta cause est la cause de Dieu , Et qu'avecque ton bras elle a pour la défendre Les soins de Richelieu :

Richelieu , ce prélat de qui toute l'envie Est de voir ta grandeur aux Indes se borner, Et qui visiblement ne fait cas de sa vie Que pour te la donner.

Rien que ton intérêt n'occupe sa pensée, Nuls divertissements ne l'appellent ailleurs ; Et de quelques bons yeux qu'on ait vanté Lyncée, Il en a de meilleurs.

Son aine toute grande est une ame hardie, Qui pratique si bien l'art de nous secourir, Que, pourvu qu'il soit cru, nous, n'avons maladie Qu'il ne sache guérir.

Le ciel, qui doit le bien selon qu'on le mérite, Si de ce grand oracle il ne t'eût assisté , Par un autre présent n'eût jamais été quitte Envers ta piété.

Va, ne diffère plus tes bonnes destinées; Mon Apollon t'assure et t'engage sa foi Qu'employant ce Typhis * , Syrtes et Cyanées Seront havres pour toi.

i Typhis, pilote du navire des Argonautes Édu

Certes, ou je me trompe, ou déjà la Victoire, Qui son plus grand honneur de tes palmes attend, Est aux bords de Charente en son habit de gloire, Pour te rendre content.

Je la vois qui t'appelle, et qui semble te dire : Roi , le plus grand des rois et qui m'es le plus cher, Si tu veux que je t'aide à sauver ton empire , Il est temps de marcher.

Que sa façon est brave et sa mine assurée !

Qu'elle a fait richement son armure étoffer !

Et qu'il se connoît bien à la voir si parée,

Que tu vas triompher !

Telle, en ce grand assaut où des fils de la Terre La rage ambitieuse à leur honte parut, Elle sauva le ciel, et rua le tonnerre Dont Briare mourut.

Déjà de tous côtés s'avançoient les approches 1 ; Ici couroit Mimas, là Tiphon se battoit, Et là suoit Euryte à détacher les roches Qu'Encelade jetoit.

A peine cette vierge eut l'affaire embrassée, Qu'aussitôt Jupiter, en son trône remis , Vit, selon son désir, la tempête cessée, Et n'eut [dus d'ennemis.

i. Magnifique tableau, plein de chaleur il de mouvement, \ Cuekii i.

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