‹ PoésiesChapitre 181 sur 189 · PARAPHRASE D UNE PARTIE HT' PSAUME CXLV · texte numérisé non relu

PARAPHRASE D UNE PARTIE HT' PSAUME CXLV

N'espérons plus, mon ame, aux promesses du monde; Sa lumière est un verre , et, sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer. Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre :

C'est Dieu qui nous fait vivre,

C'est Dieu qu'il faut aimer.

En vain, pour satisfaire à nos lâches envies,

Nous passons près des rois tout le temps de nos vies

A souffrir des mépris et ployer les genoux :

Ce qu'ils peuvent n'est rien ; ils sont, comme nous sommes,

Véritablement hommes ,

Et meurent comme nous.

Ont-ils rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière

Que cette majesté si pompeuse et si fière

Dont l'éclat orgueilleux étonnoit l'univers;

Et dans ces grands tombeaux , où leurs âmes hautaines

Font encore les vaines,

Ils sont mangés des vers.

Là se perdent ces noms de maîtres de la terre, D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre; Comme ils n'ont plus de sceptre, ils n'ont plus de flatteurs; Et tombent avec eux, d'une chute commune,

Tous ceux que leur fortune

Faisoit leurs serviteurs.

Page 1