SUR SA BIENVENUE EN FRANCE; PRÉSENTÉE A A1X , L'ANNÉE
Peuples , qu'on mette sur la tête 2
Tout ce que la terre a de fleurs;
Peuples, que cette belle fête
A jamais tarisse nos pleurs;
Qu'aux deux bouts du monde se voie *
Luire le feu de notre joie,
Et soient dans les coupes noyés *
Les soucis de tous ces orages,
t. Celte ode est bien écrite, pleine d'images et d'expressions heureuses , mais un peu froide et vide de choses, comme presque tout ce qu'a fait Malherbe, car il faut avouer que le poète n'est guère rccommandable que pour le style. Au lieu de cet insupportable amas de fastidieuse galanterie dont il assassine cette pauvre reine, un poète fécond et véritablement lyrique, en parlant à une princesse du nom de Médicis , n'aurait pas oublié de s'étendre sur les louanges de celte famille illustre, qui a ressuscité les lettres et les arls en Italie et de là en Europe. Comme elle venait régner en France, il en aurait tiré un augure favorable pour les arts et la littérature de ce pays. I) eût fait un tableau court, pathétique et chaud de la barbarie où nous étions jusqu'au règne de François 1er. Ce plan lui eût fourni un poème grand, noble, varié, plein d'âme et d'intérêt, et plus flatteur pour une jeune prince se. surtout s'il eût su lui parler de sa beauté moins longuement et d'une manière plus simple, plus vraie, plus naïve qu'il ne l'a fait. Je demande si cela ne vaudrait pas mieux pour la gloire du poète et pour le plaisir du lecteur. Il eût peut-élre appris à traiter Iode de cette manière, s'il eût mieux lu, étudié, compris la langue et le ton de l'indare, qu'il méprisait beaucoup au lieu de chercher à le connaître un peu. A. Chenier.
2. Début noble et beau. La répétition du mot peuples est vive et animée.
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