‹ PoésiesChapitre 56 sur 189 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Tu nous rendras alors nos douces destinées ' ;

Nous ne reverrons plus ces fâcheuses années,

Qui pour les plus heureux n'ont produit que des pleurs

Toute sorte de biens comblera nos familles,

La moisson de nos champs lassera les faucilles,

Et les fruits passeront la promesse des fleurs 2.

La fin de tant d'ennuis dont nous fûmes la proie Nous ravira les sens de merveille et de joie 3 ; Et d'autant que le monde est ainsi composé, Qu'une bonne fortune en craint une mauvaise, Ton pouvoir absolu, pour conserver notre aise, Conservera celui qui nous l'aura causé.

Quand un roi fainéant , la vergogne des rois 4, Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces , Entre les voluptés indignement s'endort, Quoique l'on dissimule, on en fait peu d'estime; Et si la vérité se peut dire sans crime , C'est avecque plaisir qu'on survit à sa mort.

t Autre stropbe pure, harmonieuse, animée, pleine de grâce et de facilité. Je ne sais rien nulle pari où il y ait plus d'imagination, de goût, de vraie poésie que dans les deux derniers vers. Le dernier surtout est d'une élégance si exquise, qu'il n'a pas été surpassé en français. Il est tout à fait rirgilien. A. Cdehier.

Page 1