‹ PoésiesChapitre 77 sur 189 · LIVRE II I0.r · texte numérisé non relu

LIVRE II I0.r

Quelque service qu'on leur lasse.

Ne se peut jamais obliger !

La vertu, qui de leur étude Est le fruit le plus précieux , Sur tous les actes vicieux Leur fait haïr l'ingratitude , Et les agréables chansons, Par qui les doctes nourrissons Savent charmer les destinées, Récompensent un bon accueil De louanges que les années Ne mettent point dans le cercueil.

Les tiennes par moi publiées,

Je le jure sur les autels ,

En la mémoire des mortels

Ne seront jamais oubliées ;

Et l'éternité que promet

La montagne au double sommet

N'est que mensonge et que fumée,

Ou je rendrai cet univers

Amoureux de ta renommée,

Autant que tu l'es de mes vers.

Comme, en cueillant une guirlande, L'homme est d'autant plus travaillé Que le parterre est émaillé D'une diversité plus grande,

Tant de fleurs de tant de côtés Faisant paraître en leurs beautés L'artifice de la nature, Qu'il tient suspendu son désir, Et ne sait en cette peinture Ni que laisser, ni que choisir .

Ainsi, quand pressé de la honte Dont me fait rougir mon devoir, Je veux une œuvre concevoir Qui pour toi les âges surmonte , Tu me tiens les sens enchantés De tant de rares qualités Où brille un excès de lumière, Que plus je m'arrête à penser Laquelle sera la première, Moins je sais par où commencer.

Si nommer en son paren tage Une longue suite d'aïeux Que la gloire a mis dans les cieux Est réputé grand avantage , De qui n'est -il point reconnu Que toujours les tiens ont tenu Les charges les plus honorables , Dont le mérite et la raison , Quand les Destins sont favorables , Parent une illustre maison?

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