LIVRE II
Qui ne sait de quelles tempêtes Leur fatale main autrefois , Portant la foudre de nos rois , Des Alpes a battu les têtes i !
Qui n'a vu dessous leurs combats Le Pô mettre les cornes bas , Et les peuples de ses deux rives, Dans la frayeur ensevelis, Laisser leurs dépouilles captives A la merci des fleurs de lis ?
Mais de cbercber aux sépultures Des témoignages de valeur, C'est à ceux qui n'ont rien du leur Estimable aux races futures; Non pas à toi qui , revêtu De tous les dons que la Vertu Peut recevoir de la Fortune, Connois ce qui vraiment est bien , Et ne veux pas, comme la lune, Luire d'autre feu que du tien.
Quand le monstre infâme d'Envie, A qui rien de l'autrui ne plaît, Tout lâche et perfide qu'il est , Jette les yeux dessus ta vie,
I. Ceci regarde le maréchal de Termes, allié à la maison de Bellegarde.
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Et te voit emporter le prix
Des grands cœurs et des beaux-esprits ,
Dont aujourd'hui la France est pleine,
Est-il pas contraint d'avouer
Qu'il a lui-même de la peine
A s'empêcher de te louer ?
Soit que l'honneur de la carrière T'appelle à monter un cheval , Soit qu'il se présente un rival Pour la lice ou par la barrière , Soit que tu donnes ton loisir A prendre quelque autre plaisir, Éloigné des molles délices, Qui ne sait que toute la cour A regarder tes exercices Comme à des théâtres accourt ?
Quand tu passas en Italie, Où tu fus quérir pour ton roi Ce joyau d'honneur et de foi Dont l'Ame à la Seine s'allie, Thétis ne suivit-elle pas Ta bonne grâce et tes appas , Comme un objet émerveillable, Et jura qu'avecque Jason Jamais Argonaute semblable N'alla conquérir la Toison ?