‹ PoésiesChapitre 79 sur 189 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Tu menois le blond Hyménée, Qui devoit solennellement De ce fatal accouplement Célébrer l'heureuse journée.

Jamais il ne lut si paré, Jamais en son habit doré Tant de richesses n'éclatèrent; Toutefois les nymphes du lieu , Non sans apparence, doutèrent Qui de vous deux étoit le dieu.

De combien de pareilles marques, Dont on ne peut me démentir, Ai-je de quoi te garantir Contre les menaces des Parques?

Si ce n'est qu'un si long discours A de trop pénibles détours; Lt qu'à bien dispenser les choses, Il faut mêler pour un guerrier A peu de myrte et peu de roses Force palme et force laurier.

Achille étoit haut de corsage; L'or éclatoit en ses cheveux, Et les dames avecque vœux Soupiroieut après son visage; Sa gloire à danser et chanter, Tirer de l'arc, sauter, lutter,

A nulle autre n'étoit seconde :

Mais s'il n'eût rien eu de plus beau , Son nom qui vole par le monde Seroit-il pas dans le tombeau ?

S'il n'eût, par un bras bomicide Dont rien ne repoussoit l'effort, Sur II ion vengé le tort Qu'avoit reçu le jeune Atride, De quelque adresse qu'au giron Ou de Pbénix , ou de Cbiron, Il eût fait son apprentissage, Notre âge auroit-il aujourd'hui Le mémorable témoignage Que la Grèce a donné de lui?

C'est aux magnanimes exemples, Qui, sous la bannière de Mars, Sont faits au milieu des hasards , Qu'il appartient d'avoir des temples Et c'est avecque ces couleurs Que l'histoire de nos malheurs Marquera si bien ta mémoire, Que tous les siècles à venir N'auront point de nuit assez noire Pour en cacher le souvenir.

En ce long temps, où le;* manies D'un nombre infini de mutins,

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