‹ PoésiesChapitre 98 sur 189 · I. Les Harpies. Édit · texte numérisé non relu

I. Les Harpies. Édit

Sens-je me dévorer !

Et ce que je supporte avecque patience, Ai-je quelque ennemi , s'il n'est sans conscience ,

Qui le vît sans pleurer ?

La mer a moins de vents qui ses vagues irritent Que je n'ai de pensers qui tous me sollicitent

D'un funeste dessein ; Je ne trouve la paix qu'à me faire la guerre, Et si l'Enfer est fable au centre de la terre,

II est vrai dans mon sein.

Depuis que le soleil est dessus l'hémisphère,

Qu'il monte ou qu'il descende, il ne me voit rien faire

Que plaindre et soupirer; Des autres actions j'ai perdu la coutume, Et ce qui s'offre à moi, s'il n'a de l'amertume,

Je ne puis l'endurer.

Comme la nuit arrive , et que par le silence , Qui fait des bruits du jour cesser la violence,

L'esprit est relâché , Je vois de tous côtés, sur la terre et sur l'onde, Les pavots qu'elle sème assoupir tout le monde,

Et n'en suis point touché.

S'il m'avient quelquefois de clore les paupières, Aussitôt ma douleur en nouvelles manières

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