‹ Poesies fugitivesChapitre 11 sur 59 · A DELIE · texte numérisé non relu

A DELIE

Là raison succède au délire , ’.. .

Le temps des erreurs a son .cours,

Un fantôme trorhpeur ne peut plus me . séduire. En prenant congé des amours ,

Heureux encor qui pej.it se dire : .• *

Loin des cités et loin des cours',

Loin du faste de l’opulence ,

Sous le toit protecteur de 'ma première enfance Vont se prolonger mes beaux jours.

Là., d’une pelouse flèurie Il parcourt l’humide horizon ,

S’arrête tous les jours dans la méjne prairie, Foule aux pieds le même gazon , • >■ .

38 • EPITRES

Et (lu teins, chaque soir, semble arrêter la course Près des mêmes amis, sous les mêmes- ormeaux ,

Il sç désaltère à la source -.' '

De la même fontaine et des mêmes ruisseaux :

Et sur leurs rives fortunées, ,

Sans changer de travaux, de goûts, de mœurs, de lieux, Peut compter de longues années

Près du foyer de ses aïeux.

Par de doux souvenirs égayant sa sagesse,

Heureux enfin celui qui", pauvre avec noblesse,

Et riche du bonheur d’autrui,

Soutient sà débile vieillesse Sur ce même bâton qtf’eri sa bruyante ivresse Il faisoit autrefois galoper avec lui

* Ces derniers vers sont imités du passage suivant, de

Claudien : ’ . \ . T •

Félix qui propriia ritam tranaegit in artii , \

Ips.i domü» puerum quem ride! jpsa senem ,

Qui baculo nitens in qu& reptarit arenâ . U nius numéral secula longa ca».

ÉPITRES

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