DES DINERS DU VAUDEVILLE
Ali moment où la plus aimable..: ’• , „ ».
La plus folle des nations,
Par un bienfait inestimable , ' ' . ‘
Libre du joug des factions, .
Va reprendre un calme durable .
Sous l’égide de ses Bourbons ;
Sa gaîté franche , inépuisable ,
Sa lyre légère , sa voix ,
Qu’étouffait le fracas des armes,
ÎO
ÉPITRES
Et la musette et le haut-bois Que faisaient taire les alarmes ,
Du sein des jeUx séchant ses larmes ,
Rentrer dans ses antiques droits
Qui vont briller de tous leurs charmes
. Sous le plus désiré des rois :
À moi, chansonniers mes confrères.
Soyons prêts à nous réunir,'
Rallions-nous sous les bannières Du vaudeville et du plaisir. (
Reprenons notre caractère Et jusqu’à nos charmans défauts;
C’est par eux seuls que sur la terre Nous n’eûmes jamais de rivaux *.
* L’auteur avait déjàditdans lé3 e N°desDînersduVaudeville, i ere année, s’adressant à une marchande de modes :
’ Tour être bien , restons Français Malgré nos modernes stoïques; l'aime mieux -tes colifichets- Que leurs habillemeqs cyniques.
ConserronS ilos mœurs , notre goût ,
Nos modes, notre politesse ,
Et nos jolis défauts surtout. • . •
Qui valent mieux que leur sagesse:
ÉPITRES. ii
Ma muse trop long-tems muette S’indigne d’un si long repos ;
Aux Bourbons payant notre dette ,
Faisons encor de nos cerveaux
Jaillir la vive chansonnette :
Inventons des refrains nouveaux Que l’élan des coeurs interprète , x Et faisons redire aux échos »-
Des chants que, par monts et par vaux , Dans toute la France on répète. . , Maintenant jouissons en paix Des fruits Je notre expérience , ' -
Puis, aiguisons ces malins traits Qui , par mégarde en apparence,
Passant à l’abri des couplets ,
Ne tiraient point .à conséquence; > ' . ,
Il n’est plus besoin désormais • ••
De professer l’insouciance , / ' .
Pour qu’on observe de moins près Notre secrète intelligence