ÉPURES
Avec des cœurs toujours français ; ,
Des dehors de l’indifférence
De couvrirun front sourcilleux:, Même, malgré notrç silence,- De craindre encore la vengeance De certains esprit^ ombrageux.
Combien il fallait de prudence Pour ne point paraître à leurs yeux Des ennemis dé leur puissance,
Ou de leur risible démence
De petits frondeurs dangereux !
Courons donc, d’une ardeur égale, Recrutant aux lieux où Bacchus.
A su rassembler sans scandale
Tapt de favoris de Monrtus,
Remplir ,»au banquet de Caucale ,
Nos' rangs que , dans cet intervalle, La cruelle mort a rompus.
Amis, aujourd'hui plus d’entraves, Plus de servile liberté. -
ÉPITRES
Chantons le bonheur d’être esclaves,.
A l’ombre de la royauté .
Quand Louis des fiVes lointaines
Revient, touché de nos rfevers, .
De l’état rendons-lüi les rênes,
Et poussons mente le travers .
Jusqu’à bénir nos lourdes chaînes
Et dartser au bruit de nos fers.
* Croirait - on quç des hommes à qui l’on est convenu d’accorder un peu de bon .sens ont pris à la lettre ce badinage, se sont même effarouchés de ce que je paraissais vouloir faire du noble'et généreux peuple- français un troupeau d’esclaves j comme si le langage de la raison ne perçait pas à travers une frivolité apparente ; comme si nous n’avions pas toujours joui d’une ve'ritable liberté
sous nos princes légitimes ; comme si enfin leur retour , époque réelle de notre affranchissement , n’avait pas seul réalisé les belles promesses des charlatans du 18 e et du 19* siècle, qui. n’avaient été qü’une pure déception?