‹ Poesies fugitivesChapitre 3 sur 59 · ÉPURES · texte numérisé non relu

ÉPURES

Avec des cœurs toujours français ; ,

Des dehors de l’indifférence

De couvrirun front sourcilleux:, Même, malgré notrç silence,- De craindre encore la vengeance De certains esprit^ ombrageux.

Combien il fallait de prudence Pour ne point paraître à leurs yeux Des ennemis dé leur puissance,

Ou de leur risible démence

De petits frondeurs dangereux !

Courons donc, d’une ardeur égale, Recrutant aux lieux où Bacchus.

A su rassembler sans scandale

Tapt de favoris de Monrtus,

Remplir ,»au banquet de Caucale ,

Nos' rangs que , dans cet intervalle, La cruelle mort a rompus.

Amis, aujourd'hui plus d’entraves, Plus de servile liberté. -

ÉPITRES

Chantons le bonheur d’être esclaves,.

A l’ombre de la royauté .

Quand Louis des fiVes lointaines

Revient, touché de nos rfevers, .

De l’état rendons-lüi les rênes,

Et poussons mente le travers .

Jusqu’à bénir nos lourdes chaînes

Et dartser au bruit de nos fers.

* Croirait - on quç des hommes à qui l’on est convenu d’accorder un peu de bon .sens ont pris à la lettre ce badinage, se sont même effarouchés de ce que je paraissais vouloir faire du noble'et généreux peuple- français un troupeau d’esclaves j comme si le langage de la raison ne perçait pas à travers une frivolité apparente ; comme si nous n’avions pas toujours joui d’une ve'ritable liberté

sous nos princes légitimes ; comme si enfin leur retour , époque réelle de notre affranchissement , n’avait pas seul réalisé les belles promesses des charlatans du 18 e et du 19* siècle, qui. n’avaient été qü’une pure déception?

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