‹ Poesies fugitivesChapitre 20 sur 59 · SUR L’AMOUR · texte numérisé non relu

SUR L’AMOUR

QUE L HOMME CONSERVE ' POUR LA ,.VIE , JUSQUE DANS LA VIEILLESSE LA PLUS' AVANCEE.

Quoi, vous Voulez, automate tremblant.

Sous le poids d’un corps qüi chancelle Vous traîner, et., spectre ambulant,

; Vivre autant que la fée Urgeile*?

— Je- veux Cequ’ont voulu, sans leur chercher

quérellé ,

Ceux qui nous ont donné. le jour,

•Et ce que .vous voudrez vous-même à votre tour.

Le monde en vain.sç renouvelle : ,

' Ce qu’on a fait hier, on le fera demain ,

Et de ce pauvre genre humain .

. • ÉPITRES. 5ij

La maladie est étemelle.

Vidant l’amphore, 1 et remplissant son sac,

'Je ne suis plus qii’ün estomac y - “

Disoit plaisamment Eontenelle; , ,

Et ce vieillard épicurien , '

Dans sa sagesse un peu charnelle ,

Aimoit encor 'mieux être un estomac... que rien. De nos travers ce peintre si fidèle , « .

, Lafontaine lç sa voit bien : v '

C’est la devise wniyferselle.

' Et Mécène et le bûcheron ,

Chez lui, jutent du même ton: -

Contre la mbrt qui les appelle.

On n’est plus retenu par là main dés ’^mours., m • • » m ,

Mais à Ce lieu d’exil cct aimant qui noîfe lie,

* > ( * . • S’attache au dernfor fil du füscaü de nos jours ': *>

Commç ifh vieux vêtement, on veut user la vie. *

EPITRES

A CHAtfLIElL

SUR LA GOUTTÉ.

Flèche aux dards enflammés, qlden penses-tu, Ghaul i A ton expérience ici je m’ep rapporte , , ..

Tu reconùois ce signe, et voilà , graee à dieu,

Ce qu’à mon petit dojgt je porte, i Grâce a dieu , c est le mot. Pkr s le teins aguerri ,

Il ne faut pas que je m’en plaigne. . - .De la fa veuves cj eux- c’est la magique enseigne ,> * La bague du prince chéri *.

"Sur cette ferre de passage ^

Où Satanas ne nous pardonne rien

* Voyez cette ipgënieuse allégorie dans le charmant conte des fe'es. de re nom. '

c^rT-.r'— i — -r •*'

' . ÉPITRES.V 61

Avec ce talisman , pourvu que je sois sage ,

Je chemine encore assefc bien. v ‘

Ce n’estpas que parfois le rubis neme, lance Sourdemen t quelquestraits qui' chatouillent le doigt, Airifci qu’un anneau, trop étroit • , .

.Nous avertit de sa présenee.

Mais franchement cela n’est rien", - .

Et, ne vaut pas même la peine .

Que je coupe cePCntretien. • ,

J’aime un conseiller sage et qui , pour notre bien, Saris cesse nous tient en haleine. r * , • Quant aux traits plus aigus de son petit-carquois, > Avoué par l’Amour et construit par Minerve, ‘Pédant® toujours prête à donner sur les doigts,

Poür les péchés mignons il les tient en réserve. Rien n’est plus vrai; Voici comment.

Je |je fais pas une sottise, • * . ^

• Que la bague au même moment .

Ne pique au vif, et par-là ne me dise •

Mon ami, tu t’en souviendras. ,

Je la comprends fort bien , et ne m’çn «vante pas.

•cr

ÉPLTRES..

Pour ces sottises, cher. -confrère i ..

. ■ , Ou que je Fai^, ou que je voutlEois faire ,

D’abord je mets , ici quelque restriction : ’

Dans le nombre il en est r quV, par discrétion ;

Tu me permettras de te taire ;

Mais si le Champagne mousseüx Dans mon verre, en saphirs, trop fréquemment pétille ; Si livrant au Pomard mes esprits paresseux,.

J’exprime trop souyent la pourpre dont il brillé ,

Si d’un pnnch, pur nectar, de citron parfumé,

Les vapeurs s’exhalant sur le boll enflammé M’ofFrentleurdoux poison qyi dans mon sang circule,

. Je sens venir ‘à mfoi Minerve et sa fefrule. ■

Certain je ne sais quoi , tout à coup, m’àiïterdit ,

Si , comme Jonathas , de nies lèyres je' touche,

- Ce doux rayon de miel dont s’approcha sa bouche ,

Et je, suis encor pris au trébuchet maudit.

Si... Mais;c r en est-. assez : au dénomment je passe.

De ta coupé, ô sagesse, 'amertume efficace:

De la raison austère alors que les avis Sont donnés assqz tôt pour être encor suivis,

EPITUES, 65

Au lieu de i’accuseril faut lui rendre grâce.

Dans k* fond de nos cœurs certain cri la défend.

Et toi , prince CH $11 $ quand je lisois ton conte y Satisfait de moi-même, et d’un air triomphant,

Je me disois : Ce n’est qu’un vrai conte d’enfant.

Je me dis aujourd’hui , non sans un peu de honte : A l’âge mûr aussi tu sers donc de leçon î

L’âge mûr! de ma ]iart ce trait est trop, modeste.

Je pourrois fort bien , et de reste. . .

Appeler autrement mon arrière-saison.

Aimable épicurien , dont la muse badine.

Sous l’attrait dès plaisirs déguise tes douleurs , Comme une habile main sait nous cacher l’épine Qui lance son dard sous lés fleurs ,

Vainement de ta voix le charme heureux m’enivre;

Dès Ce jour, tes plaisirs sont pour moi sans appas , Si des regrets cuisans demain doivent les suivre : Je jouis moins que toi t , mais je ne souffre pas.

. -Jl

ÉPXÎRES.

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