L’ORIGINE DES ARMES DE L’AMOUR
Air : Nous sommes précepteurs d’amour.
Les jeux d’enfafts ont leur danger. Que je plains la jeune Euphrosine !
Comme ses sœurs , sans y songer, Avec l’Amour elle badine.
4 ROMANCES
Près de Vénus , Mars désarmé Jette à l'écart épée et lance ;
De leur éclat l’amour charmé
Sur les deux à la fois s’élance.
Il remet l’épée à sa sœur ,
D’un guerrier lui donnant l’allure ;
Et, 1 attachant d’un air moqueur , Change en baudrier sa ceinture.
Pour lui , fier de la soulever ,
Avec la lance il espadonne ,
Et menace’, osant tout braver , L’essaim des ris qui l’environne.
Dé la lance le fer «aigu ’ •'
Effleure le sein d’îEuphrosine ;
La pointe y reste, il s’offre à nu :
C’est la rose avec son épine.
ROMANCES
Bientôt de ce sein pourpre et blanc
L’Amour lui-même la détache :
Il veut en étancher le sang ,
Et sa main à- demi le cache., -
Cesse-t-il de la secourir ,
De nouveau la blessure, s’ouvre ; Pour achever de la guérir ,
De mille baisers il la couvre.
Ainsi l’imprudent , chez sa sœur Portant le feu qui le consume ,
Au sein même de la pudeur
L’étincelle d’amour s’allume.
Moitié crainte , moitié désir.
Au feu des baisers l’innocence
Et la volupté prit naissance.
21 6 ' ROMANCES
Le jeu plut si fort à l’Amour Qie, per ses prières, ses larmes,
De Mars le fripon , dès ce ce jour ,
, Obtint un carquois et des armes.
D’abord la force de son bras Se perd en efforts inutiles.
• Je $ais trop combien aux combats
Maintenant ses mains sont habiles! (i)
(i) .....Illic indocto primùm se exercuit areu ;
Heu mihi! quàm doctasnunc habet illemanus.
Tipccx,. L. II, eleg. I.