‹ Poésies: Iambes et poèmesChapitre 39 sur 80 · MICHEL-^'K.GE · texte numérisé non relu

MICHEL-^'K.GE

v^UE ton visage est triste et ton front amaigri, Sublime Michel-Ange, ô vieux tailleur de pierre Nulle larme jamais n'a mouillé ta paupière : Comme Dante, on dirait que tu n'as jamais ri.

Hélas 1 d'un lait trop fort la Muse t'a nourri, L'art fut ton seul amour et prit ta vie entière ; Soixante ans tu courus une triple carrière Sans reposer ton cœur sur un cœur attendri.

Pauvre Buonarotti ! ton seul bonheur au monde Fut d'imprimer au marbre une grandeur profonde, Et, puissant comme Dieu, d'effrayer comme lui :

Aussi, quand tu parvins à ta saison dernière, Vieux lion fatigué, sous ta blanche crinière. Tu mourus longuement plein de gloire et d'ennui.

^LLEG%1

Oi dans mon cœur chrétien l'antique foi s'altère, L'art reste encor debout, comme un marbre pieux Q.ue le soleil, tombé de la voûte des cieux, Colore dans la nuit d'un reflet solitaire.

Ainsi, vieil Allegri, musicien austère.

Compositeur sacré des temps religieux, Ton archet bien souvent me ramène aux saints lieux, Adorer les pieds morts du Sauveur de la terre.

Page 1