L.\ POPULARITE
Est-ce donc un besoin de la nature humaine
Que de toujours courber le dos?
Faut-il du peuple aussi faire une idole vaine,
Pour l'encenser de vains propos?
A peine relevé faut-il qu'on se rabaisse ?
Faut-il oublier avant tout Que la Liberté sainte est la seule déesse
Que l'on n'adore que debout?
Hélas ! nous existons dans un temps de misère,
Un temps à nul autre pareil, Où la corruption mange et pourrit sur terre
Tout ce qu'en tire le soleil ; Où dans le cœur humain l'égoïsme déborde,
Où rien de bon n'y fait séjour ; Où partout la vertu montre bientôt la corde,
Où le héros ne l'est qu'un jour;
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Un temps où les serments et la foi politique
Ne soulèvent plus que des ris ; Où le sublime autel de la pudeur publique
Jonche le sol de ses débris ; Un vrai siècle de boue, où, plongés que nous sommes.
Chacun se vautre et se salit ; Où, comme en un linceul, dans le mépris des hommes
Le monde entier s'ensevelit!
Pourtant, si quelque jour de ces sombres abîmes
Où nous roulons aveuglément, De ce chaos immense où les âmes sublimes
Apparaissent si rarement, Soudain et par hasard il en surgissait une
Au large front, au bras charnu. Une âme toute en fer, sans peur à la tribune,
Sans peur devant un glaive nu;