I.c loi, tou>ours trompé par ce déguisement
Lui rendit les honneurs qu'on devait à son rang. Jusque dans son palais accueillit la princesse ; Et moi, pour mieux tromper et Créon et la Grèce. J'ai répandu partout qu'en un exil lointain Médée allait cacher sa honte et son chagrin.
Ce bruit qui l'a séduite éloigne de sa tête La vengeance et la mort qu'à son crime ou apprête ; Et jusque dans le sein de ses fiers ennemis Elle coule en repos des jours partout proscrits. Cest peu : son art, ses pleurs, sa beauté, sa jeunesse. Ont su toucher le cœur de la jeune princesse ; La plus tendre amitié les unit toutes deux.
Je vois avec douleur se resserrer ces nœuds.
Et que, sans se connaître, une amitié fatale Unisse imprudemment Médêc à sa rivale.
ÊGISTHE.
L'amitic Je Médéc est un piège, Seigneur.
JASON
Avant de resserrer ce nœud plein de douceur,
Je voudrais, cher Égisthe, écartant mon épouse,
Prévenir les excès de sa douleur jalouse.
J'éloignais jusqu'ici par des retards prudents
De mon nouvel hymen les fortunés instants.
Pour ne poîntvoirtroubler ces moments pleins de charmes
Par des reproches vains et d'odieuses larmes,
Et pour conduire avant dehors de ces États
La fille d'Eétès confiée à mon bras.
Mais déjà de Créon la tendre impatience
S'étonne avec raison...
lÎGISTHE.
Seigneur, le roi s'avance.
JASON, ÉGISÏHH, CRHON
CRÉON
Enfin l'heureux Jason voit un ciel plus serein
Ranimer sa fortune et changer son destin !
La Grèce avec plaisir voit un héros qu'elle aime
10 POESIES INEDIT lis.
Monter au rang qu*on doit à la valeur suprême Et du trône, à son père injustement ravi, Prêt à chasser enfin un tyran ennemi.
Le bruit de ce bonheur se répand dans la Grèce ; Athène en fait partout éclater l'allégresse, Seigneur, et tout un peuple, en ces instants heureux, Fait des vœux pour Jason et rend grâce à ses dieux. Moi-même je venais partager votre joie; Mais, au sein du bonheur que le ciel vous envoie, duel nuage, Seigneur, peut troubler votre cœur Et voiler votre front d'une sombre douleur ?
Parlez, éclaircissez cet étrange mystère.
JASON
Ce n'est point devant vous que je pourrais le taire, Seigneur; d'un trône même un cœur est peu flatté Lorsqu'au prix du bonheur il doit être acheté.
CRÊON.
Et quel est donc, Seigneur, ce soin qui vous afflige, Ce sacrifice enfin que votre gloire exige ?
De quel prix parlez-vous }