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Ah 1 du prix le plus doux, Seigneur, qu'aucun mortel puisse attendre de vous î
CRÉON
Eh quoi f
jASON.
L*ordre des dieux m'appelle eu Thessiilic,
MMDliF. II
Seigneur ; j'y dois venger ma famille trahie
Et relever le trône où je devrai m'asscoir.
Et ma gloire et mon nom, tout m'en fait un devoir.
J'y souscris, ma valeur m'y fait trouver des charmes ;
Mais puis-je donc partir sans répandre des larmes
Et voir sans en frémir cet hymen désiré,
Même par des exploits, de nouveau diflféré ?
CRÉON
Et qui parle, Seigneur, de différer encore
Cet hymen dont l'espoir et me flatte et m'honore r
Je venais au contraire en presser le moment.
JASOX.
Pour le triste Jason quel espoir consolant, Seigneur ! Mais est-ce au sein du tumulte et désarmes, Qiiand tout va respirer la guerre et les alarmes, Qpand je m'éloigne enfin, incertain du retour, Que nous devons former ces doux nœuds de l'amour. Souffrir. . .
CRÉON
Non, non. Seigneur, sous quels plus beaux auspices Pouvons-nous célébrer ces heureux sacrifices. Et d'un si noble hymen allumer les flambeaux ? Vous partez, vous allez par des exploits nouveaux A vos heureux projets enchaînant la victoire. D'un nom déjà £uneux accroître encor la gloire. Mille jeunes guerriers briguent déjà l'honneur De marcher sous les lois d'un si fameux vainqueur,
12 POÉSIES IXEDITES.
D'apprendre sur vos pas ce grand art de la guerre ; Mais ils veulent. Seigneur, que Jason soit leur frère, Qiie de Creuse enfin ce héros soit Tépoux :
Ils combattront pour elle en combattant pour vous, Et ces deux noms unis, doublant encor leur zèle, Vous n'aurez pas. Seigneur, de guerriers plus fidèles. Déjà leur noble troupe environne ces lieux Et demande à grands cris cet hymen précieux.
C*est le ciel par leur voix qui nous parle peut-être. Obéissons, Seigneur; que le jour qui va naître Eclaire les beaux nœuds que nous allons serrer ! Pour cette pompe auguste allons tout préparer. Et moi-même je vois, dans l'ardeur qui me presse. De son prochain bonheur instruire la princesse.
SCÈC^E III