‹ Poésies inéditesChapitre 21 sur 82 · JASON, ÉGISTHE · texte numérisé non relu

JASON, ÉGISTHE

JASON

Lgisthe, tu le vois, mon bonheur est certain. Quel Dieu dans ce palais me conduit par la main ? Hâte-toi de paraître, ô jour si plein de charmes 1

ÉGISTHE

Recule, ô jour de sang, jour de deuil et de larmes 1

MEDEE. 15

JASON

Que dis-tu, malheureux ?

tCISTHE.

Que le courroux des dieux, Seigneur, a mis sans doute un bandeau sur vos yeux ; Qu*une fatale main, vous poussant dans l'abime, Avant de l'immoler aveugle sa victime ; Q}ie le destin vous perd en semblant vous servir. Songez quel est Tobjet que vous osez trahir:

Une femme, aux forfaits dès l'enfance nourrie. Qui, pour premier essai de son fatal génie, Assassina son frère et se plongea deux fois Dans le sang odieux de deux malheureux rois ; Dont les crimes hardis, épouvantant la terre. Ont fait croire aux mortels que la nature entière Reconnaissait ses lois et que les éléments Étaient de son pouvoir d'aveugles instruments ; Dont tout sert à son gré la fureur inhumaine, Ht dont rien n'égala ni l'amour ni la haine.

JASON

D'une vaine terreur pourquoi m'entretenir ?

Quand on sait la connaître on sait la prévenir. Égisthe, son courroux n'a rien qui m'inquiète ; Rien ne lui parle encor de ma flamme secrète. Qpels que soient les moyens dont son art peut user. Jusqu'au dernier instant je prétends l'abuser. Mais la voici... je sens expirer mon couriige.

T4 POESIES INEDITES.

Le trouble de son cœur est peint sur sou visage. Hgisthe, laisse^nous.

5C£^f IV

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