M£DE
Va, ne crains rien : ce bras, d'indignes fers chargé, Ne versera mon sang qu'après l'avoir vengé.
Si la mort est enfin le seul bien qui me reste. Je vais à leurs projets la rendre au moins funeste!
(A Ipbise)
Iphise, va trouver mon infidèle époux, Dis-lui qu'avant ma mort je veux le voir;
(Aux gardes)
Et vous, Hpargnez-moi, soldats, votre vue importune.
Et d'une reine cncor respectez l'infortune; l^loignez-vous.
(Les gardes se retirent)
30 POESIES INEDlTli s.
SCÈC^E VI
M E D É E , seule.
M£D£E, seule.
Enfin, tu t*es donc explique, Ciel vengeur, que Médée a longtemps provoqué ! Je l'avoue, à tes coups dès longtemps préparée. Contre celui-là seul je me crus rassurée; C'était le seul endroit où tu pouvais frapper Un coeur qui par tout autre aurait su t'échapper. Mais rien n*a pu tromper ta vengeance certaine. Tu n'aurais qu'à demi rassasié ta haine.
Si celui pour qui seul j'ai commis ces horreurs N'eût servi d'instrument à tes desseins vengeurs ! Où m'a conduit, grands dieux, une flamme funeste! Depuis ce jour fatal où le courroux céleste Amena le perfide au palais d'Eétès, Tous mes pas ont été marqués par mes forfaits. Par des ruisseaux de sang j'ai tracé ma carrière: Absyrlhe, Pélias, toi surtout, toi, mon pèrci Fuyez, vains souvenirs, si longtemps combattus! Quand lès crimes sont faits, les remords sont perdus.
MEDIiE. 31
Fantômes importuns, ombres toujours sanglantes, De mon fatal amour victimes menaçantes, Éloignez- vous... Mais quoi 1 venez-vous contempler Les tourments dont le sort se plait à m'accabler ? Hh bien! contentez donc Texcès de votre haine, Satisfaites enfin votre soif inhumaine.
S*il vous fallait enfin mon cœur à déchirer. Barbares, vous n'avez plus rien .1 désirer !